mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2106521 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | LARIDAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 décembre 2021, le 19 février 2024, et le 10 avril 2024, M. B A, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 20 juillet 2021 par laquelle le président de l'université Côte d'Azur a refusé sa demande de dérogation pour surveillance d'examen ainsi que la décision implicite par laquelle il a rejeté son recours gracieux ;
2°) de condamner l'université Côte d'Azur à lui verser une somme de 16 500 euros en réparation du préjudice moral subi et 27 500 euros en réparation du préjudice d'anxiété subi ;
3°) de mettre à la charge de l'université Côte d'Azur une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en application de la circulaire du 10 novembre 2020 de la direction générale de l'administration et de la fonction publique relative à l'identification et aux modalités de prise en charge des agents publics civils reconnus personnes vulnérables, reprise par l'université Côte d'Azur dans une circulaire du 14 avril 2021, et alors que le service de la médecine de prévention était saisi de sa demande, il aurait dû bénéficier de la dérogation demandée ; le service de médecine préventive a reçu sa demande le 30 avril 2021 ; la directrice du département de chimie était prévenue de son état et de sa demande et une demande de remplacement avait été formulée ;
- à défaut, l'université a manqué à ses obligations en matière de sécurité et de protection de la santé de ses agents telles que définies à l'article 2-1 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique et à l'article L.4121-1 du code du travail ;
- si l'administration fait valoir qu'elle ne dispose pas d'un dossier médical à son nom, elle était tenue, au regard, notamment de ses missions, de mettre en place un suivi médical de nature à prévenir les risques professionnels ; elle a méconnu les articles R.4624-17 et L.4161-1 du code du travail et l'article 10 du décret du 28 mai 1982 ; un suivi individuel renforcé a été mis en place par le médecin de prévention lorsqu'il a été informé de ses conditions de travail ;
- en lui imposant une surveillance d'examen non prévue dans ses obligations de service alors qu'il était identifié comme personne vulnérable, l'université a mis sa vie et sa santé en danger au sens de l'article 121-3 du code pénal ;
- la décision en litige lui a occasionné un préjudice moral qu'il évalue à 16 500 euros ;
- le défaut d'un suivi médical adapté depuis son entrée en fonction est à l'origine d'un préjudice d'anxiété évalué à 27 500 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2024, l'université Côte d'Azur conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 4 400 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions du requérant sont irrecevables car dirigées contre une décision dépourvue de réalité ;
- à supposer qu'un rejet implicite soit né, il n'avait plus d'objet à la date à laquelle il est né dès lors que M. A n'était plus susceptible d'avoir à assurer une surveillance d'examen ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Un mémoire, présenté par l'université Côte d'Azur, a été enregistré le 30 avril 2024, mais n'a pas été communiqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- la décret n°82-453 du 28 mai 1982 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guilbert,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Laridan, représentant l'université Côte d'Azur.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, professeur des universités, a été recruté par l'université de Nice Sophia Antipolis à la rentrée de l'année universitaires 2002/2003. Il a été convoqué pour assurer la surveillance des examens organisés à compter du 3 mai 2021. Par un courrier reçu par l'université le 20 mai 2021, il sollicité que lui soit accordée une dérogation à la surveillance d'examens en faisant valoir sa vulnérabilité au virus de la Covid 19. Estimant qu'une décision implicite de rejet était née, il a introduit un recours gracieux le 18 août 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler les décisions implicites de rejet qui seraient nées du silence gardé par l'administration sur sa demande de dérogation et son recours gracieux et de condamner l'université Côte d'Azur au versement d'une somme de 44 000 euros en indemnisation de son préjudice.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que la demande de dérogation à la surveillance d'examen présentée par M. A a été reçue par l'administration le 20 mai 2021, sans être assortie de l'ensemble des éléments médicaux nécessaires à son examen, que ce n'est que le 2 août 2021 que le requérant s'est présenté devant le médecin du travail, permettant ainsi l'instruction de sa demande, qu'à supposer même que sa demande ait pu être regardée comme complète à la date du 20 mai 2021, une décision implicite de rejet ne pouvait intervenir avant le 20 juillet 2021, date retenue par le requérant lui-même dans ses conclusions aux fins d'annulation. Or, M. A a été convoqué au titre de l'année 2021 à la surveillance d'examens organisés du 3 au 17 mai et du 20 au 28 juin, de sorte qu'à la date de la décision en litige, postérieure à ces périodes de surveillance, sa demande était dépourvue d'objet. Les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent dès lors être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le préjudice moral résultant du refus de dérogation
3. Compte-tenu de l'absence d'objet de la décision en litige, M. A n'est pas fondé à soutenir que ladite décision lui aurait occasionné un quelconque préjudice. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que M. A, convoqué les 25 avril et 4 juin 2021 pour participer à la surveillance des sessions d'examens du 3 au 17 mai 2021 et du 20 au 28 juin 2021, a sollicité de pouvoir déroger à cette surveillance par un courrier daté du 30 avril 2021, reçu par l'administration le 20 mai 2021. Ce courrier faisait référence à une demande antérieure auprès du service de la médecine préventive. M. A produit à ce titre copie d'un mail qu'il a adressé à ce service le 30 avril 2021, ce dernier l'ayant invité à préciser ses coordonnées téléphoniques en vue d'une consultation. Il ne justifie toutefois pas avoir accompagné ce message d'un certificat permettant d'apprécier si l'état de vulnérabilité allégué entrait dans le champ des dispositions du décret du 10 novembre 2020 ni avoir donné suite aux propositions de rendez-vous formulées par le service. Le 7 juin 2021, l'administration a interrogé le service de médecine préventive sur les éléments médicaux dont il disposerait pour éclairer la demande de M. A. Le service a alors indiqué ne disposer d'aucun élément concernant l'intéressé. Ce n'est que le 31 juillet 2021 qu'un rendez-vous entre M. A et le médecin de prévention a pu être fixé. Le médecin a rendu son avis sur la vulnérabilité de l'intéressé le 2 août 2021. Le requérant ne saurait ainsi, alors qu'il ne démontre pas avoir apporté à son administration les éléments médicaux d'appréciation requis, ni accompli les diligences nécessaires à un traitement rapide de sa demande, ni avoir tenté de se faire remplacer par un collègue, ainsi que l'y autorisait sa convocation, soutenir que l'administration aurait mis sa vie en danger. Enfin, il résulte de l'instruction que l'administration a tiré toutes les conséquences de l'avis du 2 août 2021 en ne donnant aucune suite à l'absence de M. A lors des surveillances d'examen et en instaurant un suivi médical renforcé au bénéfice du requérant. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'administration a commis une faute dans le traitement de sa demande, ni ne démontre avoir été placé dans des conditions justifiant l'indemnisation d'un préjudice moral.
En ce qui concerne le préjudice d'anxiété résultant de l'absence de formation et d'un suivi médical renforcé depuis son recrutement :
4. M. A soutient qu'il n'aurait pas fait l'objet d'un suivi médical approprié, compte-tenu des dangers inhérents à ses fonctions, impliquant, notamment, la manipulation de substances radioactives ou biologiques et n'aurait pas reçu des formations appropriées. Toutefois, il est constant qu'il a bénéficié d'une visite d'information et de prévention lors de son arrivée à l'université. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que l'administration a régulièrement organisé des formations sur les règles d'hygiène et de sécurité, la radioprotection les risques chimiques, les risques biologiques, la médecine de prévention. M. A ne saurait sérieusement soutenir qu'il n'en aurait pas été informé alors qu'il admet que les informations correspondantes étaient disponibles sur l'intranet de l'université. Par ailleurs, s'il soutient qu'il n'a pas bénéficié d'un suivi médical avant 2021, estimant que cette circonstance méconnait plusieurs dispositions du décret du 28 mai 1982 relatif à la constitution d'un dossier médical sous la responsabilité médicale du médecin du travail ou du code du travail, relatives au suivi médical des travailleurs exposés à des risques spécifiques, les dispositions invoquées ne sont entrées en vigueur qu'à compter du mois de juin 2011. Or, il résulte de l'instruction que M. A, convoqué cinq fois devant le médecin du travail à compter de l'année 2012, ne s'y est jamais présenté. Par ailleurs, l'université soutient sans être contredite sur ce point que les fonctions du requérant n'ont impliqué la manipulation de rayonnements ionisants ou de substances biologiques relevant du décret invoqué que jusqu'à cette date. Ainsi, l'absence du suivi médical invoquée, qui au demeurant, découle des refus de l'intéressé de se présenter aux visites médicales organisées, ne constitue pas une faute de l'administration. Au surplus, M. A ne démontre pas en quoi le défaut de constitution ou d'alimentation d'un dossier médical jusqu'à l'année 2021 lui aurait occasionné un quelconque préjudice, fut-il d'anxiété. Enfin, si M. A se prévaut de conditions matérielles de travail impropres à garantir sa santé et sa sécurité, il ne produit aucun élément de nature à établir ses allégations, ni a fortiori, à en démontrer le lien avec le préjudice d'anxiété allégué.
5. Compte-tenu de ce qui précède, la requête de M. A ne peut qu'être rejetée, y compris ses conclusions au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'université Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
P. Soli La greffière,
signé
L. Bianchi
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026