mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2200275 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SZEPETOWSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 19 janvier 2022, 28 mars et 29 avril 2024, Mme F C, M. H C, M. G C et Mme D C, représentés par Me Boulard, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2021 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a délivré à M. E un permis de construire une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section BS n°60 située sur le territoire de la commune de La Gaude, ensemble la décision implicite rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R.431-8 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R.431-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 3.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 ;
- il méconnaît les dispositions du règlement du plan de prévention des risques d'incendie de forêt applicable en l'absence de Té de retournement ;
- il a été obtenu de manière frauduleuse.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 juillet 2023 et 10 avril 2024, M. I E, représenté par Me Szepetowski, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au prononcé d'un sursis à statuer sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Une mise en demeure a été adressée le 16 février 2024 au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire.
La requête a été communiquée à la commune de La Gaude qui n'a pas produit d'observations.
Par ordonnance du 11 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 30 avril 2024.
Par une lettre du 29 mai 2024, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur la possibilité pour le tribunal de surseoir à statuer sur la requête, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, afin de permettre la délivrance éventuelle d'un permis de construire modificatif régularisant le vice tiré de ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article 2.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 dès lors que l'implantation de la construction et de la rampe d'accès ne peuvent être regardées comme ayant été choisies de telle sorte que les mouvements de sol soient réduits au strict minimum nécessaire à l'implantation du bâti.
Par un courrier, enregistré le 30 mai 2024, M. E a présenté des observations.
Par un mémoire, enregistré le 12 juin 2024, MM. et Mmes C ont présenté des observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soler,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- et les observations de Me Dossetto, substituant Me Boulard, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. MM. et Mmes C sont usufruitiers et nu-propriétaires des parcelles cadastrées section AM n°34, 35, 41 et 42 situées sur le territoire de la commune de La Gaude. M. E a signé un compromis de vente portant sur la parcelle cadastrée section BS n°60. Il a déposé, le 5 février 2021, une demande de permis de construire une maison individuelle sur cette parcelle, complétée le 25 mars 2021. Par un arrêté du 29 juillet 2021, le préfet des Alpes-Maritimes lui a délivré le permis de construire sollicité. Par un courrier, reçu le 24 septembre 2021 par la préfecture, MM. et Mmes C ont formé un recours gracieux contre cet arrêté. Aucune réponse n'a été apportée à leur demande. Par leur requête, ils demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2021, ensemble la décision implicite rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article R.431-8 du code de l'urbanisme :
2. Aux termes de l'article R.431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / () ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. En l'espèce, la notice architecturale précise que le terrain d'assiette du projet est accessible directement depuis le chemin Allo Marcellin, au cœur du quartier de la Baronne. Par ailleurs, la vue aérienne côtée PCMI 0 fait apparaître les abords du terrain d'assiette du projet et notamment les constructions situées à proximité de la villa projetée. Dès lors, la circonstance que la notice architecturale ne mentionnerait pas en son sein les abords avoisinants et notamment les constructions qui y figurent n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article R.431-10 du code de l'urbanisme :
5. Aux termes de l'article R.431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
6. D'une part, si les requérants soutiennent que le document graphique, qui vise à apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages et son impact visuel, ne permet pas d'apprécier l'insertion de celui-ci dès lors que les constructions avoisinantes ne sont pas représentées, il ressort des pièces du dossier qu'une photographie aérienne cotée PCMI 0 a été jointe à la demande de permis de construire en litige représentant la construction projetée dans son environnement. Les constructions avoisinantes et les paysages sont représentés sur ce document, de sorte que le service instructeur a été en mesure d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, ainsi que son impact visuel.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le dossier joint à la demande de permis de construire en litige comporte quatre photographies de l'environnement proche, cotées PCMI 7. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, les points et angles de prises de vue ont bien été reportés sur le plan de masse, coté PCMI 2.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article 2.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 :
8. Aux termes de l'article 2.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 dans sa rédaction applicable au litige : " L'emprise au sol maximale des constructions est fixée à 10% ".
9. L'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
10. Il ressort de la notice architecturale jointe à la demande de permis de construire que le pétitionnaire a déclaré avoir procédé à un relevé de la superficie du terrain d'assiette du projet par un géomètre expert et que celle-ci s'élève à 675 m². Les requérants soutiennent que celle-ci s'élève en réalité à 558 m², telle que mentionnée au cadastre, dès lors qu'il convient de retirer à celle-ci la surface d'un arrondi leur appartenant. D'une part, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort de leurs écritures mêmes que le plan cadastral inclut dans la parcelle cadastrée section BS n°60 l'arrondi qu'ils revendiquent de sorte que la surface de 558 m² mentionnée au cadastre n'est pas celle obtenue par soustraction de cet arrondi mais bien celle du terrain tel que présenté dans la demande. D'autre part, eu égard au caractère déclaratif de la procédure de délivrance de permis de construire, il n'appartenait pas au préfet de contrôler l'exactitude de la superficie de 675 m² déclarée par le pétitionnaire dès lors qu'elle n'était pas contredite par les autres éléments du dossier joint à la demande. En tout état de cause, il ressort du croquis de bornage produit par les requérants que l'arrondi qu'ils revendiquent présentent une superficie d'environ 12 m². Ainsi, en retranchant cette superficie à celle déclarée par le pétitionnaire, le terrain d'assiette présenterait une superficie réelle de 663 m² de sorte que l'emprise au sol du projet en litige de 65 m² demeure inférieure à 10%, conformément aux dispositions de l'article 2.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 citées au point 8. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet en litige méconnaîtrait ces dispositions.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article 2.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 :
11. Aux termes de l'article 2.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 dans sa rédaction applicable au litige : " Hauteur des constructions / () / Spécificité(s) locale(s) / () / La Gaude : / - Sur 50% de l'emprise au sol totale de la construction, la hauteur maximale à l'égout est fixée à 7 m. / A outre : la hauteur frontale est limitée à 9 m / () ". Aux termes de l'article 37 des dispositions générales du plan local d'urbanisme métropolitain dans sa rédaction applicable au litige : " Modalités de calcul des hauteurs / () / Quel que soit le type de définition concerné, les éléments de superstructures ne sont pas pris en compte dans le calcul de la hauteur, tels que notamment () les acrotères nécessaires à l'étanchéité des toitures terrasses dont la hauteur ne dépasse pas 0,50 m. / () / De manière générale, le niveau du sol correspond au terrain naturel ou au terrain excavé et apparent à l'issue des travaux, selon les cas de figure. / Par ailleurs, n'est pas prise en compte l'excavation nécessaire à l'aménagement de la rampe d'accès au sous-sol / () / Hauteur Frontale (Hfr) : / La hauteur frontale est la différence d'altitude entre le point le plus bas de la construction mesuré depuis le sol et l'égout du toit le plus élevé, ou le niveau d'étanchéité, en cas de toiture terrasse. / () ".
12. En l'espèce, d'une part, il ressort du plan de coupe AA joint à la demande de permis de construire en litige que l'acrotère de la construction projetée présente une hauteur de 0,60 mètre. Dès lors, contrairement à ce que fait valoir le pétitionnaire en défense et en application de l'article 37 des dispositions générales du plan local d'urbanisme métropolitain, celui-ci ne pouvait être exclu du calcul de la hauteur frontale. Ainsi, le point le plus haut de la construction à prendre en compte pour le calcul de la hauteur frontale est à la cote 75,49. D'autre part, il ressort de ce même plan que le point le plus bas de la construction mesuré depuis le sol est à la cote 68,25 dès lors qu'il résulte des dispositions citées au point précédent que n'est pas prise en compte l'excavation nécessaire à l'aménagement de la rampe d'accès au sous-sol. Dans ces conditions, la hauteur frontale de la construction ressortant du plan de coupe AA est de 7,24 mètres, inférieure aux 9 mètres imposés par les dispositions de l'article 2.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 citées au point précédent.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article 2.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 :
13. Aux termes de l'article 2.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 dans sa rédaction applicable au litige : " () / L'implantation des constructions sera choisie de telle sorte que les mouvements de sol soient réduits au strict minimum nécessaire à l'implantation du bâti. / () ". Le lexique de ce règlement précise, dans sa rédaction applicable au litige : " Une construction est un édifice ou un ouvrage fixe et pérenne, comportant ou non des fondations et générant un espace utilisable par l'Homme en sous-sol ou en surface. / Les constructions englobent également tous types de travaux, d'ouvrages ou d'installations (à l'exception des clôtures qui bénéficient d'un régime propre). / La notion de construction recouvre notamment les constructions en surplomb (construction sur pilotis, cabanes dans les arbres), et les constructions non comprises dans la définition du bâtiment, telles que les pergolas, hangars, abris de stationnement, piscines, les sous-sols non compris dans un bâtiment. En revanche, les constructions excluent les murs d'une hauteur de moins de 2 m et les murs de soutènement ".
14. Ces dispositions, relatives à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère, visent à ce que les constructions s'implantent parallèlement aux courbes de niveaux dans les terrains pentus. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, elles n'ont pas vocation à régir la " profondeur " des constructions mais leur implantation, notion définie par le dictionnaire du BTP comme l'emplacement choisi pour une construction par rapport aux limites du terrain. Ainsi, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les dispositions qu'ils invoquent n'ont ni pour objet ni pour effet d'interdire la création d'un niveau souterrain. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'implantation de la construction ne pourrait être regardée comme ayant été choisie de telle sorte que les mouvements de sol soient réduits au strict minimum nécessaire à l'implantation du bâti et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 2.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 doit être écarté.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article 3.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 :
15. Aux termes de l'article 3.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1 dans sa rédaction applicable au litige : " Tout terrain doit être desservi par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés. / Les caractéristiques des voies de desserte doivent être compatibles avec la circulation et l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Les accès ne doivent pas présenter de risque pour la sécurité des usagers des voies, quel que soit leur mode de déplacement, ni pour celle des personnes utilisant ces accès. / Cette sécurité doit être appréciée compte-tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / () ".
16. Comme rappelé au point 9, un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci.
17. En l'espèce les requérants soutiennent que le projet présente un risque pour la sécurité dès lors que l'accès existant n'a pas été modifié, qu'il n'existe pas de cône de visibilité de 3,50 mètres, pas de pans coupés et des talus empêchant toute visibilité. Toutefois, d'une part, il ressort du plan de masse que le projet en litige prévoit la réalisation d'un accès présentant une aire d'attente, des pans coupés de chaque côté et des triangles de visibilité ne présentant aucun obstacle supérieur à 70 centimètres. La notice architecturale précise par ailleurs que l'emplacement de l'accès a été choisi sur la partie du terrain la plus favorable en matière de sécurité pour la visibilité en sortie de propriété sur le domaine public. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le chemin Allo Marcelin est rectiligne au niveau du terrain d'assiette du projet, que le virage le plus proche de celui-ci est situé à environ 150 mètres et il n'est pas démontré ni même allégué par les requérants qu'un accident aurait déjà été répertorié dans ce secteur. Dans ces conditions, et alors que le projet en litige ne prévoit la construction que d'une maison individuelle, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que celui-ci présenterait un risque pour la sécurité en méconnaissance des dispositions de l'article 3.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFc1.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions du règlement du plan de prévention des risques d'incendie de forêt applicable en zone B2 :
18. Aux termes de l'article 28 du règlement du plan de prévention des risques d'incendie de forêt applicable en secteur B2 relatif à l'accès et à la voirie : " () / 2°) La réalisation d'une opération d'urbanisme individuelle est soumise aux prescriptions suivantes : / -la voie d'accès nouvellement créée a des rayons de courbure supérieurs à 9 mètres, une pente en long inférieure à 15 %, et une bande de roulement d'une largeur minimum de 3 mètres ; / - en cas d'accès en cul de sac nouvellement créé, celui-ci est de longueur inférieure à 60 m ou il est équipé en bout d'une aire ou d'un TE de retournement réglementaires (voir schéma en annexe 2). / () / Ces dispositions sont applicables aux voies privées ouvertes à la circulation du public ".
19. A supposer que ces dispositions soient applicables aux accès nouvellement créés à l'intérieur du terrain d'assiette, il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice architecturale jointe à la demande, que la rampe d'accès du projet présente une longueur de 18 mètres. Dès lors, contrairement à ce que soutiennent les requérants, aucun Té de retournement n'était imposé par les dispositions citées au point précédent.
Sur la fraude alléguée :
20. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme.
21. En l'espèce, il ressort de la notice architecturale jointe à la demande de permis de construire que le pétitionnaire a déclaré avoir procédé à un relevé de la superficie du terrain d'assiette du projet par un géomètre expert et que celle-ci s'élève à 675 m². Les requérants soutiennent désormais que celle-ci s'élève en réalité à 558 m² selon des mesures de deux géomètres experts successifs. Toutefois, les requérants ne produisent aucune de ces mesures et cette allégation n'est établie par aucune des pièces produites au dossier. Dans ces conditions, et eu égard au caractère déclaratif de la procédure de délivrance de permis de construire, l'élément matériel de la fraude n'est pas caractérisé et le moyen tiré de ce que le permis de construire aurait été obtenu de manière frauduleuse doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que MM. et Mmes C ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 29 juillet 2021 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a délivré à M. E un permis de construire une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section BS n°60 située sur le territoire de la commune de La Gaude, ensemble de la décision implicite rejetant leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que MM. et Mmes C demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de MM. et Mmes C une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. E et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de MM. et Mmes C est rejetée.
Article 2 : MM. et Mmes C verseront à M. E une somme de 1 500 (mille cinq cent) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F C, à M. B C, à M. H C, à M. G C, à Mme D C, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à M. I E et à la commune de La Gaude.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Pouget, présidente,
Mme Soler, première conseillère,
Mme Sandjo, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SOLER
La présidente,
Signé
M. POUGETLa greffière,
Signé
S. GENOVESE
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026