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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2200645

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2200645

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2200645
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 février 2022, M. C B et

Mme A B, représentés par Me Bargain, doivent être regardés comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Saint-Cézaire-sur-Siagne les a mis en demeure sous un mois de " défaire l'ensemble des installations " qu'ils ont construit sur des parcelles cadastrées section A n°389 et 390 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Cézaire-sur-Siagne une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 111-23 du code de l'urbanisme, leur permettant de reconstruire à l'identique le bâtiment détruit, or en l'espèce le bâtiment édifié sur leurs parcelles ne peut être qualifié de ruine, le plan local d'urbanisme de la commune n'interdit pas la restauration de ce bâti et il existe un intérêt architectural et patrimonial au maintien du bâti.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2023, la commune de

Saint-Cézaire-sur-Siagne, représentée par Me Orlandini conclut à titre principal à sa mise hors de cause et à l'appel en cause du préfet des Alpes-Maritimes, à titre subsidiaire au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la mise en demeure a été adressée au titre des pouvoirs que le maire tire de l'article

L. 481-1 du code de l'urbanisme, lequel agit au nom de l'Etat ;

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre une décision ne faisant pas grief.

Par une lettre en date du 27 décembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience au cours du 1er semestre 2024 et de ce que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 29 janvier 2024.

Par une ordonnance du 10 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.

Un mémoire a été enregistré le 26 juillet 2024 pour M. et Mme B et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 octobre 2024 :

- le rapport de M. Garcia, rapporteur,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

- et les observations de Me Ginez, substituant Me Bargain, représentant M. et Mme B, et D, représentant la commune de Saint-Cézaire-sur-Siagne.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B et Mme A B sont propriétaires de parcelles cadastrées section A n°389 et 390 située au lieu-dit du " Puits d'Eima " sur le territoire de la commune de Saint-Cézaire-sur-Siagne. Sur ces parcelles demeure un ancien bâti dépourvu de toit.

M. et Mme B ont effectué, sans autorisation, la réfection ce bâti et l'ont l'aménagé d'une terrasse ainsi que d'un cabanon. Par un courrier du 17 septembre 2021, dont ils doivent être regardés comme demandant l'annulation, le maire de la commune de Saint-Cézaire-sur-Siagne a mis M. et Mme B en demeure de défaire l'ensemble de ces constructions dans un délai d'un mois.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision / () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 17 septembre 2021, le maire de la commune de Saint-Cézaire-sur-Siagne a mise en demeure M. et Mme B de défaire les installations construites sans autorisation, à savoir la réfection d'un bâti, et la création d'une terrasse ainsi que d'un cabanon, dans un délai d'un mois, et les a informés qu'à défaut un procès-verbal d'infraction sera réalisé. Dès lors que cette lettre n'a pas été prise en application de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme, elle ne peut, eu égard aux termes dans lesquels elle est rédigée, être regardée comme comportant une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense par la commune de Saint-Cézaire-sur-Siagne et de rejeter la requête de M. et Mme B en toutes ses conclusions.

Sur les frais d'instance de la commune de Saint-Cézaire-sur-Siagne :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de

M. et Mme B la somme que demande la commune de Saint-Cézaire-sur-Siagne au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la commune de Saint-Cézaire-sur-Siagne sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Mme A B et à la commune de Saint-Cézaire-sur-Siagne.

Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Soler, première conseillère,

M. Garcia, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé

A. GARCIA

Le président,

Signé

G. TAORMINA Le greffier,

Signé

D. CRÉMIEUX

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation la greffière

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