jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2200651 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SZEPETOWSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 février et 13 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Szepetowski, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le président de la métropole Nice Côte d'Azur a implicitement refusé sa demande tendant à l'abrogation de la délibération du 25 octobre 2019 par laquelle le conseil métropolitain a approuvé le plan local d'urbanisme métropolitain en tant que celui-ci classe sa parcelle cadastrée section A n° 1664 située sur la commune de Tourrette-Levens, en zone naturelle (Nb) ;
2°) d'enjoindre au président de la métropole Nice Côte d'Azur de réexaminer sa demande d'abrogation datée du 8 novembre 2021 et de classer sa parcelle cadastrée section A n° 1664 en zone urbanisée (UFc4) ;
3°) de mettre à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que le classement en zone naturelle de sa parcelle est illégal compte tenu de ses caractéristiques et notamment du fait qu'elle jouxte une route départementale et qu'elle est entièrement viabilisée, de la configuration des lieux et de l'environnement qui l'entoure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2022, la métropole Nice Côte d'Azur, prise en la personne de son président en exercice, représentée par Me Lacroix, conclut à l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au président de la métropole Nice Côte d'Azur de classer la parcelle litigieuse en zone urbanisée (UFc4), au rejet au fond du surplus des conclusions et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La métropole fait valoir que :
- les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au président de la métropole Nice Côte d'Azur de classer la parcelle litigieuse en zone urbanisée (UFc4) sont irrecevables dès lors qu'il appartient à la juridiction de se prononcer uniquement sur la légalité du classement de cette parcelle tel que retenu par les auteurs du plan local l'urbanisme métropolitain et non sur l'opportunité d'un éventuel reclassement ;
- le moyen tiré de ce que le classement de la parcelle litigieuse est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation n'est pas fondé.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes et à la commune de Tourrette-Levens qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 mai 2024 :
- le rapport de M. Holzer,
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tabarly, représentant la métropole Nice Côte d'Azur.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier daté du 8 novembre 2021 et réceptionné le lendemain par les services de la métropole Nice Côte d'Azur, M. A, propriétaire de la parcelle cadastrée section A n° 1664 située sur la commune de Tourrette-Levens, a demandé au président de la métropole Nice Côte d'Azur d'abroger la délibération du 25 octobre 2019 par laquelle le conseil métropolitain a approuvé le plan local d'urbanisme métropolitain (ci-après " PLUm ") en tant que celui-ci classe ladite parcelle en zone naturelle (Nb). En l'absence de réponse du président de la métropole Nice Côte d'Azur dans un délai de deux mois, cette demande a été implicitement rejetée. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 142-4 du code de l'urbanisme : " Dans les communes où un schéma de cohérence territoriale n'est pas applicable : / 1° Les zones à urbaniser délimitées après le 1er juillet 2002 ainsi que les zones naturelles, agricoles ou forestières d'un plan local d'urbanisme ou d'un document en tenant lieu ne peuvent être ouvertes à l'urbanisation à l'occasion de l'élaboration ou d'une procédure d'évolution d'un document d'urbanisme ; / 2° Les secteurs non constructibles des cartes communales ne peuvent être ouverts à l'urbanisation à l'occasion de l'élaboration ou d'une procédure d'évolution de la carte communale ; / () ". Aux termes de l'article L. 142-5 de ce même code : " Il peut être dérogé à l'article L. 142-4 avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat après avis de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers prévue à l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime et, le cas échéant, de l'établissement public prévu à l'article L. 143-16. La dérogation ne peut être accordée que si l'urbanisation envisagée ne nuit pas à la protection des espaces naturels, agricoles et forestiers ou à la préservation et à la remise en bon état des continuités écologiques, ne conduit pas à une consommation excessive de l'espace, ne génère pas d'impact excessif sur les flux de déplacements et ne nuit pas à une répartition équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / () ". Aux termes de l'article R. 151-24 du même code : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ".
4. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés par les dispositions citées au point précédent, un secteur, même équipé, qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation. Ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des divers secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
5. En outre, la zone naturelle et forestière (N) est définie par le tome III du rapport de présentation du PLUm (page 252) comme une zone d'espaces naturels à protéger en raison de la qualité des sites, des milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment d'un point de vue esthétique, historique ou écologique. Cette zone est composée de 16 sous-zones dont la sous-zone (Nb) qui, selon les termes de ce même tome du rapport de présentation, " couvre les grands espaces naturels du territoire métropolitain " (page 254).
6. En l'espèce, il est constant que si la parcelle litigieuse était classée en zone naturelle du plan d'occupation des sols de la commune de Tourette-Levens, cette zone naturelle prévoyait toutefois des possibilités de construction dans la mesure où y était notamment autorisé les constructions à usage d'habitation limitée à un seul volume pour les terrains de moins de 3 000 m² ou à deux volumes s'agissant des terrains ayant une superficie égale ou supérieure à une telle superficie. Dès lors, la délibération du 25 octobre 2019 portant approbation du PLUm ne peut être regardée comme ayant eu pour effet d'ouvrir la parcelle litigieuse à l'urbanisation. Il suit de là que les formalités prescrites par l'article L. 142-5 précité du code de l'urbanisme, préalablement à l'ouverture à l'urbanisation de zones à urbaniser, n'étaient, en l'espèce, pas requises. Par suite, la métropole Nice Côte d'Azur n'est pas fondée à soutenir qu'elle était tenue, en l'absence d'accord du préfet des Alpes-Maritimes en vue d'une ouverture à l'urbanisation de la parcelle litigieuse sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 142-5 du code de l'urbanisme, de maintenir le classement de ladite parcelle en zone naturelle (Nb).
7. Toutefois, il ressort tant des pièces du dossier que des prises de vue extraites des sites Google Maps et Géoportail, accessibles tant aux juges qu'aux parties, que la parcelle litigieuse est implantée le long de la route Châteauneuf-Villevieille, qui constitue un embranchement de la route départementale 15. S'il ressort de ces mêmes pièces que cette parcelle de plus de 3 000 m², entièrement végétalisée et qui ne supporte aucune construction, est entourée au Nord-Ouest, à l'Ouest et au Sud, par des parcelles classées en zone UFc4 correspondant à une " zone pavillonnaires peu dense ", il est toutefois constant qu'elle jouxte, au Nord-Est et à l'Est, un très vaste espace boisé qui est, à l'exclusion des seules parcelles cadastrées section A n°s 1739, 2234, 2236 et 2238, lui-même dépourvu de toute construction et qui s'étend jusqu'aux limites Est de la commune de Tourrette-Levens. En outre, il ressort toujours de ces mêmes éléments que l'intégralité de la parcelle litigieuse est identifiée par la trame verte et bleue du règlement du PLUm comme une zone à " enjeu écologique
secondaire " correspondant aux espaces situés en périphérie de zones à enjeux écologiques
" très fort " ou " fort ", telle que la zone située au Nord-Est et à l'Est de ladite parcelle, identifiée, par la trame verte et bleue, comme un " réservoir de biodiversité ". Enfin, si le requérant se prévaut des circonstances selon lesquelles la parcelle litigieuse est desservie par une voie ouverte à la circulation publique ainsi que par des réseaux publics et qu'elle est entourée de parcelles bâties, le classement d'un terrain ou d'un secteur en zone naturelle peut toutefois concerner des zones partiellement desservies par des équipements publics et comportant déjà quelques constructions. Dans ces conditions, et à l'instar des parcelles situées au Nord-Est et à l'Est, le classement de la parcelle litigieuse en zone naturelle n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant à l'encontre de la décision par laquelle le président de la métropole Nice Côte d'Azur a implicitement refusé de faire droit à sa demande d'abrogation de la délibération du 25 octobre 2019 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par la métropole Nice Côte d'Azur.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme demandée par le requérant au titre des frais qu'il a exposés et non compris dans les dépens.
11. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros à verser à la métropole Nice Côte d'Azur au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la métropole Nice Côte d'Azur une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la métropole Nice Côte d'Azur.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes et à la commune de Tourrette-Levens.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
M. Combot, conseiller,
Assistés de Mme Suner, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
M. Holzer
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
N°2200651
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026