mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2200810 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 février 2022, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 février 2022 par laquelle le ministre de l'éducation, de la jeunesse, des sports, de l'enseignement supérieur et de la recherche a fixé son taux d'invalidité en lien avec l'accident de service du 26 novembre 2001 à 5%, retenu l'absence de séquelles de l'accident du 13 juin 2018 et a refusé de renouveler son allocation temporaire d'invalidité ;
2°) d'enjoindre au ministre de lui attribuer un taux d'invalidité de 2% au titre de l'accident du 13 juin 2018.
Il soutient que la décision en litige est entachée d'erreur de fait dès lors que l'administration n'a pas retenu de séquelle concernant son accident de service du 13 juin 2018 alors que la commission de réforme des Alpes-Maritimes lui a attribué un taux d'invalidité de 2% au titre de ce même accident.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2024, la ministre de l'éducation nationale conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er octobre 2024 :
- le rapport de Mme Guilbert,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, professeur de lycée professionnel, a subi deux accidents de service, le 26 novembre 2001 et le 13 juin 2018. Une allocation temporaire d'invalidité lui a été attribuée du 30 octobre 2018 au 1er septembre 2020. En vue de la révision de cette allocation à la date de sa radiation des cadres, l'administration a désigné le Dr B pour se prononcer sur les séquelles de M. C. L'expert a rendu son rapport 4 février 2021. La commission de réforme s'est réunie le 10 décembre 2021. Par une décision du 8 février 2022, dont M. C demande l'annulation, le ministre a fixé son taux d'invalidité en lien avec l'accident de service du 26 novembre 2001 à 5%, retenu l'absence de séquelles de l'accident du 13 juin 2018 et a refusé de renouveler son allocation temporaire d'invalidité.
2. M. C soutient que l'administration ne pouvait retenir une absence de séquelles concernant son accident du 13 juin 2018, dès lors que la commission de réforme a quant à elle retenu pour cet accident un taux d'invalidité de 2 %. Alors même que l'avis de la commission de réforme ne présente qu'une valeur consultative, le requérant ne fait état d'aucun élément médical permettant de contredire l'appréciation retenue par l'administration. A contrario, l'administration produit une copie du rapport d'expertise du 4 février 2021, dans lequel le Dr B a estimé s'agissant de cet accident, que l'examen clinique pouvait être considéré comme normal et conclu à l'absence de séquelle indemnisable. L'administration produit par ailleurs copie d'un compte-rendu de la commission de réforme du 10 décembre 2021, qui, à la différence de celui présenté par le requérant, présente un taux d'invalidité de 0% sur ce point, ainsi que d'une commission du 29 avril 2022, confirmant ce taux. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que le ministre de l'éducation nationale aurait pris la même décision s'il avait retenu le taux de 2% invoqué par le requérant, dès lors que le total cumulé des taux d'incapacité résultant des deux accidents de service survenus le 26 novembre 2001 et le 13 juin 2018 serait alors inférieur au seuil de 10% fixé à l'article 65 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 en vigueur à la date de la décision contestée. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision du 8 février 2022 serait entachée d'erreur de fait ou d'appréciation.
3. Dès lors, ses conclusions aux fins d'annulation ne peuvent qu'être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la ministre de l'éducation nationale.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
P. Soli La greffière,
signé
E. Gialis
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
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