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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2200973

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2200973

mercredi 7 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2200973
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantFURIO-FRISCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 février 2022, Mme J T, M. AA C, M. et Mme F et U A, M. M S, M. G V, M. L N, M. et Mme I et W H, Y AC Z, M. et Mme K R, Y AD E P et M. X E, représentés par Me Ramdenie, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2021 par lequel le maire de La-Colle-sur-Loup a délivré à la société civile coopérative La Maison Familiale de Provence un permis de construire deux bâtiments de 12 logements chacun, ensemble les décisions du 15 décembre 2021 rejetant leurs recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de La-Colle-sur-Loup la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 6 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 12 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 13 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article U 6 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article U 8 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 4-A du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 4-B du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2022, la commune de La-Colle-sur-Loup, représentée par Me Furio-Frish, conclut à titre principal à l'irrecevabilité partielle de la requête et à son rejet, à titre subsidiaire au prononcé d'un sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce qu'une somme de 1 000 euros chacun soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- M. et Mme R, Y E P, M. S, M. V, M. E et Mme Z n'ont pas d'intérêt pour agir ;

- les dispositions règlementaires particulières des articles 4 à 9 ne sont pas applicables au projet en litige en application de l'article 16 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2022, la société civile coopérative La Maison Familiale de Provence, représentée par Me de Cazalet, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet, à titre infiniment subsidiaire au prononcé d'un sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce qu'une somme de 4 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les requérants n'ont pas d'intérêt pour agir ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par ordonnance du 29 juin 2022.

Un mémoire présenté pour les requérants a été enregistré le 29 juin 2022, postérieurement à la clôture d'instruction.

Par une lettre du 23 août 2022, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur la possibilité pour le tribunal de surseoir à statuer sur la requête, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, afin de permettre la délivrance éventuelle d'un permis de construire modificatif régularisant les vices tirés de ce que le projet méconnaît les dispositions des articles U 6, UC 4-A, UC 4-B et UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.

Par un courrier, enregistré le 1er septembre 2022, la commune de La-Colle-sur-Loup a présenté des observations.

Par un courrier, enregistré le 8 septembre 2022, la société La Maison Familiale de Provence a présenté des observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 novembre 2022 :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

- et les observations de Me Pasqualin, représentant les requérants, de Me Furio-Frisch, représentant la commune de La-Colle-sur-Loup, et de Me De Cazalet, représentant la société La Maison Familiale de Provence.

Considérant ce qui suit :

1. La société La Maison Familiale de Provence a déposé le 2 juin 2021 une demande de permis de construire valant division parcellaire en vue de la réalisation de deux immeubles de 12 logements chacun sur la parcelle cadastrée section AO n° 202 située 225 chemin de la Souquée sur le territoire de la commune de La-Colle-sur-Loup. Par un arrêté du 28 septembre 2021, le maire de la Colle-sur-Loup lui a délivré le permis de construire sollicité. Par courriers, réceptionnés les 23 et 26 novembre 2021 par la commune, les requérants ont formé un recours gracieux contre cet arrêté. Par courriers du 15 décembre 2021, la commune a rejeté leurs recours gracieux. Les requérants demandent l'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2021, ensemble des décisions rejetant leurs recours gracieux.

Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune et la société pétitionnaire tirées du défaut d'intérêt pour agir des requérants en méconnaissance des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. D'autre part, une demande collective tendant à l'annulation pour excès de pouvoir d'un permis de construire est recevable, bien qu'un des signataires n'ait pas qualité pour agir, dès lors qu'un autre signataire de cette demande a intérêt à l'annulation de la décision attaquée.

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C et Mme T, M. et Mme A et M. N ont la qualité de voisins immédiats du projet en litige. M. et Mme A font valoir qu'ils disposent de vues directes sur la construction projetée qui s'élève en R+1 à près de 10 mètres de hauteur. Dans ces conditions, les époux A ont bien intérêt pour agir à l'encontre de l'arrêté litigieux. M. N, M. C et Mme T font eux valoir que le bâtiment A projeté s'implante en vis-à-vis direct de leurs maisons et que ses façades Nord et Ouest comprennent des ouvertures et des balcons orientés vers leurs terrains. Il ressort tant des photographies produites par ces derniers que des plans de coupe joints au dossier de demande de permis de construire qu'au regard de sa hauteur, ledit bâtiment sera visible depuis leurs habitations quand bien même il serait situé à une distance supérieure à 20 mètres de celles-ci. Dans ces conditions, M. N, M. C et Mme T ont également intérêt pour agir à l'encontre du projet en litige. Par suite, dès lors que certains des requérants ont intérêt pour agir à l'encontre de l'arrêté litigieux, les fins de non-recevoir opposées en défense doivent être écartées.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

Sur le moyen soulevé en défense par la commune tiré du bénéfice des dispositions de l'article 16 du règlement général du plan local d'urbanisme de la commune :

6. D'une part, aux termes de l'article 16 du règlement général du plan local d'urbanisme relatif aux modalités d'application du droit des sols concernant les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif : " Le code de l'urbanisme permet de désigner des règles particulières pour les Occupations et Utilisations du Sol dénommées " constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif " (CINASPIC). / Il s'agit notamment des destinations correspondant aux catégories suivantes : / () / - les établissements d'action sociale, y compris l'hébergement social / () / Compte tenu de leurs spécificités (concours architecturaux, règlement des Etablissements Recevant du Public, sécurisation des lieux), les dispositions réglementaires particulières des articles 4 à 9 ne s'appliquent pas aux CINASPIC dans le respect des Orientations Générales du PADD ".

7. D'autre part aux termes de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme : " Les destinations de constructions sont : / () / 2° Habitation ; / () / 4° Equipements d'intérêt collectif et services publics ; / () ". L'article R. 151-28 du même code précise : " Les destinations de constructions prévues à l'article R. 151-27 comprennent les sous-destinations suivantes : / () / 2° Pour la destination " habitation " : logement, hébergement ; / () / 4° Pour la destination " équipements d'intérêt collectif et services publics " : locaux et bureaux accueillant du public des administrations publiques et assimilés, locaux techniques et industriels des administrations publiques et assimilés, établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale, salles d'art et de spectacles, équipements sportifs, autres équipements recevant du public ; / () ".

8. En l'espèce, les constructions en litige, qui n'ont vocation qu'à accueillir des logements individuels, doivent être regardées comme des constructions à destination d'habitation et non comme des constructions d'intérêt collectif au sens des dispositions citées au point précédent. Par suite, la commune n'est pas fondée à soutenir que le permis de construire en litige bénéficierait des dispositions dérogatoires prévues par l'article 16 du règlement du plan local d'urbanisme cité au point 6.

Sur la compétence de l'auteur de l'acte :

9. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. / () ".

10. L'arrêté en litige a été signé par M. Q B, premier adjoint. La commune de La-Colle-sur-Loup a versé aux débats la délibération n° AG/0323/2020 du 17 juin 2020, publiée le 24 juin suivant et reçue en préfecture le même jour, par laquelle le maire de La-Colle-sur-Loup a délégué sa signature à M. Q B à l'effet de signer les arrêtés relatifs aux droits des sols et notamment les permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 6 du règlement général du plan local d'urbanisme :

11. Aux termes de l'article 6 du règlement général du plan local d'urbanisme de la commune relatif à la réduction du ruissellement urbain : " Afin de maîtriser les conditions d'écoulement des eaux pluviales, les imperméabilisations nouvelles seront soumises à la création d'ouvrages spécifiques de rétention et/ou d'infiltration ainsi ce que celles existantes en l'absence desdits ouvrages si cela modifie notablement les conditions de ruissellement. / Réalisation / L'aménagement de rétention des eaux pluviales devra comporter : / - un système de collecte des eaux de pluie (gouttières, collecteurs enterrés, caniveaux, rigoles, ), / - un ou plusieurs ouvrages de rétention/infiltration, dont l'implantation devra permettre de collecter la totalité des surfaces imperméabilisées de l'unité foncière. Les systèmes de rétention à ciel ouvert sont interdits. / - un dispositif d'évacuation par déversement dans les fossés ou réseaux pluviaux, d'infiltration, ou d'épandage sur la parcelle ; la solution adoptée est liée aux caractéristiques locales et à l'importance des débits de rejet. / () ".

12. Il résulte de ces dispositions que les imperméabilisations nouvelles sont soumises à la création d'ouvrages de rétention ou d'infiltration et que c'est uniquement dans l'hypothèse où l'ouvrage créé serait uniquement destiné à la rétention des eaux pluviales que sont prohibées les installations à ciel ouvert. En l'espèce, la société pétitionnaire a fait le choix de recourir à des espaces verts de stockage et d'infiltration des eaux pluviales appelés noues. Ceux-ci constituent des ouvrages d'infiltration et non des ouvrages de rétention au sens des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme citées au point précédent, quand bien même ils permettraient également le stockage temporaire des eaux pluviales. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en prévoyant des noues à ciel ouvert, le projet de la société pétitionnaire aurait méconnu les dispositions de l'article 6 du règlement général du plan local d'urbanisme.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 12 du règlement général du plan local d'urbanisme :

13. Aux termes de l'article 12 du règlement général du plan local d'urbanisme relatif à l'intégration du tri humide au sein des opérations d'aménagement : " La valorisation in situ des déchets organiques (résidus végétaux alimentaires, déchets verts) doit être prévue au sein de chaque opération de plus de 2 logements à partir de composteurs partagés et adaptés à l'apport volontaire. / Leur localisation et leur conception doivent être conçues de manière à limiter les nuisances olfactives et ne pas s'imposer visuellement à partir des espaces publics ". Ces dispositions n'imposent pas aux ouvrages de compostage de ne créer aucune nuisance olfactive mais seulement que leur localisation et leur conception limitent ces nuisances.

14. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment du courriel adressé par l'architecte aux services de la communauté d'agglomération que d'une part l'aire de compostage projetée est prévue dans l'alignement du chemin de la Souquée et non en limite séparative d'une parcelle de sorte qu'elle est située à distance des habitations voisines, d'autre part que cette aire est clôturée et abritée par une treille végétalisée. Dans ces conditions, la localisation et la conception du composteur sont de nature à limiter les nuisances olfactives conformément aux dispositions de l'article 12 du règlement général du plan local d'urbanisme. A cet égard, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la société pétitionnaire aurait dû privilégier un emplacement alternatif, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier l'opportunité d'un tel choix. Il suit de là que le moyen doit être écarté.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 13 du règlement général du plan local d'urbanisme :

15. D'une part, aux termes de l'article 13 du règlement général du plan local d'urbanisme relatif aux nuisances issues du traitement des déchets : " () / A l'occasion de toute construction nouvelle, un local de rangement/stockage des containers à ordures adapté à la collecte des déchets ménagers et au tri sélectif devra être créé ".

16. D'autre part, aux termes de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme : " () / Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ". Il résulte de ces dispositions que, dans les cas ainsi mentionnés, les règles d'un plan local d'urbanisme ou d'un document en tenant lieu doivent faire l'objet d'une appréciation d'ensemble, sauf si elles en disposent autrement ou s'y opposent du fait même de leur objet. L'article 19 du règlement général du plan local d'urbanisme précise à ce propos que " le présent règlement du PLU s'oppose à ce principe dans toutes les zones du PLU. En conséquence, toute opération d'aménagement (lotissement par exemple), toute division foncière devra se conformer aux règles du présent document d'urbanisme ".

17. En l'espèce, il ressort du plan de masse joint à la demande de permis de construire que la société pétitionnaire a entendu faire du local à ordures ménagères un espace commun aux lots 1 et 2. Dans ces conditions, bien que le respect des dispositions du plan local d'urbanisme et notamment de l'article 13 de son règlement général doive s'apprécier au regard de chacun des lots et non de l'ensemble du projet, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ces dispositions auraient été méconnues dès lors que chaque lot a bien accès à un local de stockage des containers à ordures. Il suit de là que le moyen doit être écarté.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article U 6 du règlement du plan local d'urbanisme :

18. Aux termes de l'article U 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions : " Pour mettre en œuvre le verdissement, en prenant en compte les espèces privilégiées par le Règlement et le Cahier de Recommandations, les espaces libres (à végétaliser) doivent comporter au moins un arbre de haute tige, ou 2 arbres de jet moyen, (voir Lexique) par tranche de 100 m² du terrain d'espace libre du projet. / () / Le verdissement des aires de stationnement non couvertes est imposé à raison d'au moins un arbre de haute tige, ou 2 arbres de jet moyen, (voir Lexique) pour 4 places de stationnement, en respectant l'ensemble des mesures de sécurité liées à la circulation (accès, visibilité) ".

19. Le lexique du plan local d'urbanisme précise que " les espaces libres sont ceux végétalisés en pleine terre, à l'exclusion des aires de stationnement, des aménagements de voirie et des accès. / Peuvent être comptabilisés à 50% en espace libre les surfaces incorporant des structures alvéolées remplies de terre, non couvertes, pouvant être enherbées et recevoir le passage ou le stationnement de véhicules. Ces structures laissent filtrer les eaux de pluie par les alvéoles et ne sont dès lors pas comptabilisées comme surfaces minéralisées ", les arbres de haute tige sont des arbres " de haute futaie devant atteindre plus de 10 mètres de hauteur à maturité. A la plantation, le tronc doit mesurer au moins 25cm de circonférence (8cm de diamètre) à 1m du sol et le sommet de la futaie plus de 2,5m de hauteur " et les arbres de jet moyen des " arbres ou arbustes devant atteindre plus de 5 mètres de hauteur à maturité. A la plantation, le tronc doit mesurer au moins 15cm de circonférence (5cm de diamètre) à 1m du sol et le sommet de la futaie plus de 2m de hauteur ".

20. En l'espèce, d'une part, il ressort du plan de masse relatif aux espaces libres joint au dossier de demande de permis de construire que la surface de ces espaces s'élève à 1 810 m² pour le lot 1 et 1 810 m² pour le lot 2 dont 488 m² de dalle drainante. Toutefois, il ressort par ailleurs de la lecture de la notice descriptive que les parkings extérieurs seront réalisés en dalle drainante. Il suit de là que pour l'application des dispositions de l'article U 6 du règlement du plan local d'urbanisme, la surface constituée par les 26 places de stationnement extérieur aménagées sur le lot 2 doit être comptabilisée au titre du verdissement des aires de stationnement non couvertes et non du verdissement des espaces libres dès lors que les règles applicables aux aires de stationnement sont plus restrictives et que la surface de parking ne peut être comptabilisée deux fois pour l'application de ces dispositions. Par suite, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la surface des espaces libres à prendre en compte pour le lot 2 est de 1 566 m² et non 1 810 m². En application des dispositions citées au point 18 de l'article U 6 du règlement du plan local d'urbanisme, le lot 1 doit ainsi être agrémenté de 18 arbres de haute tige et le lot 2 de 21 arbres de haute tige dont 6 au titre des aires de stationnement. Chaque arbre de haute tige peut être remplacé par deux arbres de jet moyen.

21. D'autre part, il ressort du plan de masse paysager joint au dossier de demande de permis de construire que 19 arbres sont implantés sur le lot 1 à savoir 4 oliviers, 4 savonniers, 3 sorbiers, 2 amandiers, 2 faux poivriers, 2 liquidambars et 2 camphriers. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort des éléments qu'ils ont eux-mêmes produits que les savonniers peuvent atteindre une hauteur de 10 mètres à maturité de sorte qu'ils peuvent être qualifiés d'arbres de haute tige. Les amandiers doivent quant à eux être comptabilisés en tant qu'arbres de jet moyen. Le lot 1 comprend ainsi 17 arbres de haute tige et 2 arbres de jet moyen, en conformité avec les dispositions de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme.

22. Toutefois, s'agissant du lot 2, il ressort du plan de masse paysager joint au dossier de demande de permis de construire que 22 arbres sont implantés sur le lot 2 à savoir 9 tilleuls, 4 amandiers, 3 faux poivriers, 2 oliviers, 2 liquidambars, 1 camphrier et 1 savonnier soit 18 arbres de haute tige et 4 arbres de jet moyen ou l'équivalent de 20 arbres de haute tige. Il suit de là que les requérants sont fondés à soutenir que les dispositions de l'article U 6 du plan local d'urbanisme ont été méconnues s'agissant du lot 2 dès lors que celles-ci imposaient l'implantation de 21 arbres de haute tige sur le lot.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article U 8 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

23. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". La décision délivrant l'autorisation d'urbanisme sollicitée est soumise au contrôle restreint du juge de l'excès de pouvoir au regard de ces dispositions. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Aux termes de l'article U 8 du règlement du plan local d'urbanisme : " Voies existantes : les terrains doivent être desservis par des voies dont les caractéristiques techniques sont suffisantes au regard de l'importance et de la nature du projet, tout en répondant aux normes exigées en matière de sécurité notamment ".

24. En l'espèce d'une part, les requérants soutiennent que le projet présente un risque de sécurité et une desserte inadaptée à son ampleur dès lors que 47 places de stationnement sont prévues et que le chemin de la Souquée, en raison de sa faible largeur, de l'absence d'accotement et de trottoirs et de son mauvais état d'entretien rendrait malaisé et même dangereux le croisement des véhicules et la circulation des piétons. S'il ressort des pièces du dossier que, sur la portion du chemin de la Souquée, d'une longueur d'environ 200 mètres, comprise entre le terrain d'assiette du projet et la route départementale, deux virages sont présents ainsi qu'un rétrécissement de la voie sur une longueur d'environ 20 mètres, ces éléments ne sont pas suffisants pour établir qu'en raison de l'augmentation du trafic routier généré par le projet en litige il y aurait un risque pour la sécurité des usagers. En effet, le virage le plus proche du terrain d'assiette est situé à environ 50 mètres de celui-ci, la voie ne présente pas de déclivité, la vitesse y est limitée et il n'est pas contesté par les requérants qu'aucun accident n'a jamais été répertorié dans ce secteur par la commune ou les services de police ou de gendarmerie. Par ailleurs, s'il n'est pas contesté par la société pétitionnaire que le croisement des véhicules peut être malaisé par endroits et notamment sur la portion de voie située au nord du terrain d'assiette, d'une largeur d'environ 4 mètres sur une longueur de 20 mètres et pour laquelle aucun emplacement réservé n'a été identifié, il ressort tant des photographies fournies par les requérants que de la note des services techniques de la commune que ces difficultés sont en partie imputables au débordement des haies végétales au droit de la parcelle cadastrée section AO n° 159 appartenant à Mme T. Dans ces circonstances, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaitrait les dispositions de l'article U 8 du règlement du plan local d'urbanisme ou celles de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

25. D'autre part, les voies auxquelles ces dispositions s'appliquent sont les voies d'accès au terrain d'assiette des constructions et non les voies internes à ce terrain. Par suite, la seconde branche du moyen, tirée de la méconnaissance de ces dispositions par la voie interne commune aux deux bâtiments, est inopérante et doit être écartée comme telle.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 4-A du règlement du plan local d'urbanisme :

26. L'article UC 4-A du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'emprise au sol des constructions prescrit : " L'emprise au sol des constructions en zone UC est limitée : / - dans le secteur UC1 : / - à 15%, / Une bonification d'emprise au sol de 40m2 pourra être accordée pour la réalisation d'annexes. Cette bonification sera applicable qu'une seule fois. / () ". L'article 25 du règlement général relatif à la mise en œuvre de la mixité sociale précise : " () / Conformément aux dispositions de l'article L127-1 du code de l'urbanisme, lors de la réalisation d'une opération de logements sociaux comptant au moins 30% de LLS, une majoration du volume constructible par une bonification du Coefficient d'Emprise au Sol à concurrence de 20% pourra être accordée. / Cette bonification n'est pas cumulable avec la bonification pour la performance énergétique, mais permet la bonification pour les annexes destinées au stationnement. / () ".

27. D'une part, si la société pétitionnaire fait valoir en défense qu'en raison de leur objet, les règles du plan local d'urbanisme citées au point précédent relatives à la bonification de l'emprise au sol maximale lors de la réalisation d'une opération de logements sociaux ne peuvent s'apprécier qu'à l'échelle de l'unité foncière initiale, l'article 19 précité des dispositions générales du règlement spécifie bien que l'examen de la conformité du projet au présent document d'urbanisme doit être mené lot par lot. Le calcul de l'emprise au sol d'une construction ne saurait faire obstacle, par son objet, à ce que cet examen soit réalisé au niveau de chaque lot.

28. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment A, s'implantant sur le lot n°1, ne comporte aucun logement locatif social. Les requérants sont donc fondés à soutenir que ce lot ne pouvait bénéficier de la majoration d'emprise au sol prévue par les dispositions de l'article 25 du règlement du plan local d'urbanisme pour la réalisation de logements locatifs sociaux.

29. D'autre part, le lexique du plan local d'urbanisme précise que les annexes " ne sont pas contiguës aux bâtiments principaux ". En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse relatif à l'emprise au sol joint au dossier de demande de permis de construire, qu'est comptabilisée une emprise au sol des annexes de 40 m² et que celles-ci sont composées du local dédié aux ordures ménagères d'une surface de 16 m² et implanté à l'alignement du chemin de la Souquée et de structures contigües au bâtiment A. En application des prescriptions citées ci-dessus du lexique du plan local d'urbanisme, ces dernières ne pouvaient être comptabilisées au titre des annexes.

30. Le lexique précise enfin que " l'emprise au sol est la projection verticale du volume de la construction. Les débords de toitures et surplombs alignés ne sont pas inclus dans le calcul d'emprise au sol. De même, ne sont pas inclus les éléments de modénature tels que bandeaux, corniches. Le coefficient d'emprise au sol du présent règlement exclut du calcul les ouvrages enterrés y compris les bassins de piscines, de rétention et de stockage d'eau, ainsi que les murets d'agréments et de maintien des terres et les terrasses de plein pied ne dépassant pas de plus de 60 cm le niveau du sol naturel ". La société pétitionnaire fait valoir en défense que les balcons, initialement comptabilisés au titre de l'emprise au sol, n'auraient pas dû l'être, et que la déduction de leur emprise permet de compenser la réintégration des surfaces indûment comptabilisées au titre des locaux annexes. Toutefois, à supposer que cela soit le cas, ce qui ne ressort pas des pièces du dossier, il demeure que le projet présente une emprise au sol de 500,40 mètres carrés. Or, en application des règles citées au point 26 de l'article UC 4-A du règlement du plan local d'urbanisme, l'emprise au sol maximale des constructions édifiées sur le lot 1 est limitée à 15% de la surface totale de 2 780 m², soit 417 m². Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le permis de construire en litige méconnaît les dispositions de l'article UC 4-A du règlement du plan local d'urbanisme.

31. En tout état de cause, à supposer que le lot 1 ait pu bénéficier de la bonification d'emprise au sol prévue pour la réalisation de logements locatifs sociaux, il résulte des dispositions citées au point 26 de l'article 25 du règlement du plan local d'urbanisme que cette bonification n'est cumulable avec la bonification pour annexes prévue à l'article UC 4-A du même règlement qu'en cas de réalisation d'annexes dédiées au stationnement, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Ainsi, l'emprise au sol du projet, de 516,40 mètres carrés en réintégrant celle du local à ordures ménagères, aurait été, en tout état de cause, supérieure à l'emprise au sol maximale autorisée de 500,40 mètres carrés.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 4-B du règlement du plan local d'urbanisme :

32. Aux termes de l'article UC 4-B du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la hauteur des constructions : " En zone UC, la hauteur maximale de tout bâtiment mesurée du terrain naturel jusqu'à l'égout du toit ne pourra excéder 7m de hauteur absolue et 10m de hauteur frontale, sans excéder deux niveaux ". Le lexique précise : " La hauteur frontale d'une construction édifiée en gradins sur pentes est la différence de hauteur mesurée verticalement entre le point le plus bas de l'ensemble de la construction et le point le plus haut de la construction dans le cas d'un toit en pente. () / Le calcul de la hauteur inclut les différents niveaux de la construction et les murs qui soutiennent le cas échéant une construction attenante au bâtiment principal ".

33. Ces dispositions doivent, eu égard à l'objet de la règle ainsi édictée, être interprétées en ce sens que la hauteur de la construction doit être mesurée à partir du niveau du sol au-dessus duquel la construction est visible. En l'espèce, il est constant que le point le plus bas du bâtiment A est constitué par l'accès piéton au parking implanté sur la façade Est de la construction. Il ressort du plan de masse du niveau -1 joint au dossier de demande de permis de construire que celui-ci est implanté à la cote altimétrique + 84,38. Par suite, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la hauteur frontale du bâtiment A entre ce point le plus bas et le faîtage, implanté à la cote + 94,29 est de 9,91 mètres, en conformité avec les dispositions citées au point précédent de l'article UC 4-B du règlement du plan local d'urbanisme.

34. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si, en raison de la pente du terrain, le niveau inférieur de la construction est partiellement enterré, le local à usage de garage présent à ce niveau ouvre de plain-pied sur le chemin d'accès. Dès lors, ce niveau inférieur ne peut être regardé comme un sous-sol et constitue un niveau au sens des dispositions citées au point précédent de l'article UC 4-B du règlement du plan local d'urbanisme. Le bâtiment A comporte ainsi trois niveaux et, de ce fait, le permis de construire en litige méconnait ces dispositions.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme :

35. Il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire que dans les zones soumises à un aléa fort de retrait-gonflement des sols la mise en place de structures alvéolées laissant filtrer les eaux de pluie serait interdite et que celles-ci ne pourraient être comptabilisées à hauteur de 50% au titre des espaces libres, conformément au lexique du plan local d'urbanisme de la commune. Il suit de là que ce moyen est inopérant et doit être écarté comme tel.

Sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme :

36. Aux termes de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au stationnement : " 1. Habitat / Norme imposée / 1 place pour 50m² de surface de plancher avec au minimum deux (2) places par logement créé. () / Dispositions particulières / Pour les constructions de logements locatifs financés avec un prêt aidé de l'Etat, il n'est exigé qu'une place maximum de stationnement par logement. () Pour les opérations d'ensemble, il est exigé en plus une place de stationnement visiteur par tranche de 150m² de surface de plancher ".

37. Si la société pétitionnaire fait valoir en défense que s'agissant d'une opération d'ensemble, les règles du plan local d'urbanisme citées au point précédent relatives au stationnement doivent s'apprécier à l'échelle de l'unité foncière initiale, d'une part l'article 19 des dispositions générales du règlement spécifie bien que l'examen de la conformité du projet au présent document d'urbanisme doit être mené lot par lot et la détermination du nombre de places de stationnement requis ne saurait faire obstacle, par son objet, à ce que cet examen soit réalisé au niveau de chaque lot, d'autre part l'article 22 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme précise à cet égard que " le fondement des normes de stationnement exige que chaque propriété dispose de la capacité de stationnement nécessaire pour ses usagers et ses visiteurs ".

38. En l'espèce, il est constant que le bâtiment A, implanté sur le lot n°1, comporte 12 logements en accession sociale pour lesquels 24 places de stationnement sont requises en application des dispositions citées au point 36 de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme, sans compter les places visiteurs. Or, sont prévues sur ce lot vingt places de stationnement couvert et une place de stationnement extérieur. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le permis de construire en litige méconnaît les dispositions de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme.

39. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation du permis de construire délivré le 28 septembre 2021 à la société La Maison Familiale de Provence par le maire de La-Colle-sur-Loup.

Sur les conclusions de la commune et du pétitionnaire tendant à l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

40. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

41. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

42. La régularisation des vices affectant la légalité du permis de construire litigieux relevés aux points 22, 30, 34 et 38 du présent jugement n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il peut donc faire l'objet d'une mesure de régularisation en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Les parties ayant été avisées, par courrier du 23 août 2022, de la possibilité de mettre en œuvre les dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et invitées à présenter leurs observations, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre le permis litigieux et d'impartir à la société La Maison Familiale de Provence un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement pour obtenir un permis de construire modificatif régularisant ces vices.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la légalité de l'arrêté du 28 septembre 2021 du maire de La-Colle-sur-Loup jusqu'à l'expiration du délai fixé à l'article 3 pour permettre à la société La Maison Familiale de Provence de justifier auprès du tribunal de l'obtention d'un permis modificatif régularisant les vices mentionnés aux points 22, 30, 34 et 38 du présent jugement.

Article 2 : Le délai dans lequel la régularisation du permis de construire doit être notifiée au tribunal est fixé à quatre mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme J T, M. AA C, M. et Mme F et U A, M. M S, M. G V, M. L N, M. et Mme I et W H, Y AC Z, M. et Mme K R, Y AD E P, M. X E, la commune de La-Colle-sur-Loup et la société civile coopérative La Maison Familiale de Provence.

Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Bonhomme, président,

Mme Soler, conseillère,

M. Holzer, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 202La rapporteure,

Signé

N. D

Le président,

Signé

T. BONHOMMELa greffière,

Signé

M. O

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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