mercredi 15 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2201739 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2022, les sociétés par actions simplifiées (SAS) On Tower France (OTF) et Free Mobile, représentées par Me Martin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 23 février 2022 par laquelle le maire de la commune du Cannet (06 110) s'est opposé à la déclaration préalable déposée par la SAS OTF le 11 octobre 2021 pour la dépose et le remplacement d'antennes de téléphonie mobile ainsi que l'agrandissement et la rénovation des fausses cheminées déjà en place sur la toiture du bâtiment Le Suffren sis 94-96, boulevard du Périer au Cannet ;
2°) d'enjoindre à la commune du Cannet de réinstruire la demande de la SAS OTF dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Cannet une somme de 5 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la décision contestée a été signée par une autorité dont la compétence n'est pas établie ;
- elle n'est pas suffisamment motivée puisqu'elle ne permet pas à son destinataire d'en apprécier sa nature et ses fondements ;
- le motif tiré de ce que le dossier de déclaration préalable était incomplet est illégal dès lors que l'ensemble des documents exigibles en application des dispositions des articles R. 431-35 et R 431-36 du code de l'urbanisme a été communiqué au service instructeur ;
- la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir.
La requête a été communiquée à la commune du Cannet qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 20 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 décembre 2023.
Vu :
- l'ordonnance n° 2202306 du juge des référés du tribunal administratif de Nice en date du 11 août 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 novembre 2024 :
- le rapport de M. Bulit, rapporteur ;
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) On Tower France (OTF), ayant pour domaine d'activité la gestion et l'exploitation de réseaux de télécommunications, est propriétaire d'un grand nombre d'installations " passives " sur lesquelles elle accueille les installations de type antennes des opérateurs de téléphonie mobile dont la SAS Free Mobile. La SAS OTF, dans le cadre de ses engagements vis-à-vis de l'État en matière de couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile 5G, a proposé à la société Free Mobile d'installer des antennes supplémentaires dédiées à la 5G sur le toit du bâtiment sis 94-96, boulevard du Périer au Cannet, lequel accueille d'ores et déjà des équipements de la société Free Mobile. À cet effet, la SAS OTF a déposé, le 11 octobre 2021, une déclaration de travaux portant sur la dépose et le remplacement d'antennes de téléphonie mobile ainsi que l'agrandissement et la rénovation des fausses cheminées déjà en place sur la toiture du bâtiment. Par une décision en date du 23 février 2022, la commune a informé la société pétitionnaire que son dossier avait fait l'objet d'une décision tacite d'opposition. Les sociétés On Tower France et Free Mobile demandent l'annulation de cette décision dont l'exécution a par ailleurs été suspendue par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nice en date du 11 août 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet ". Aux termes de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun est de : /a) Un mois pour les déclarations préalables ; / () ". Aux termes de l'article R. 424-1 de ce même code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable / () ". En vertu de l'article R. 423-22 de ce code : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41 ". Aux termes de l'article R. 423-38 de ce même code, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou, dans le cas prévu par l'article R. 423-48, un échange électronique, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes. ". Aux termes de l'article R 423-39 du même code : " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : / a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; / b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; / c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie. " Et aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " Le dossier joint à la déclaration comprend : () / b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; / () Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. ". Il résulte de ces dispositions qu'une décision de non-opposition à déclaration préalable naît un mois après le dépôt de celle-ci, en l'absence de notification d'une décision expresse de l'administration ou d'une demande de pièces complémentaires. En cas de demande de pièces complémentaires, ce délai est interrompu, à la condition toutefois que cette demande intervienne dans le délai d'un mois et qu'elle porte sur l'une des pièces limitativement énumérées par le code de l'urbanisme. Si cette demande de pièces complémentaires tend à la production d'une pièce qui ne peut être requise, elle est de nature à entacher d'illégalité la décision tacite d'opposition prise en application de l'article R. 423-39 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, dans l'hypothèse où le pétitionnaire produit les pièces et éléments complémentaires réclamés à bon droit par l'administration, le délai d'instruction commence à courir à compter de la réception de celles-ci dès lors que le dossier est complet.
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'une déclaration préalable a été déposée le 11 octobre 2021 par la société OTF. Il ressort de ces mêmes pièces que cette société a adressé des pièces complémentaires par courriers du 1er décembre 2021 et du 2 février 2022 à la suite des demandes en ce sens formulées par le service instructeur par les courriers du 2 novembre 2021 et du 7 janvier 2022. Toutefois, par un courrier du 23 février 2022, le maire du Cannet a informé la société OTF que les pièces complémentaires transmises n'ont pas permises de regarder le dossier comme complet dès lors que le plan de masse transmis ne comportait pas les indications des cotes altimétriques au point sommital du FH2 à installer, la représentation de l'alignement opposé sur les plans de masse, les distances qui séparent les éléments projetés et légendés de l'alignement opposé sud, les côtes altimétriques du terrain naturel sur les limites de propriété (nord, est, ouest) aux points les plus rapprochés des futurs éléments à installer ; les côtes altimétriques du terrain naturel aux points les plus proches de l'alignement opposé sud des futurs éléments à installer. Par ailleurs, le service instructeur aurait également repéré une incohérence au niveau des éléments fournis sur la hauteur projetée modifiée des garde-corps à créer et sur leurs côtes altimétriques sommitales. Or, il ne résulte pas des dispositions précitées de l'article R.431-36 du code de l'urbanisme, contrairement à ce que le service instructeur a indiqué dans son courrier du 23 février 2022, que le plan de masse doive mentionner les cotes altimétriques du terrain, naturel et sommitales ou encore la représentation de l'alignement opposé sur les plans de masse, les distances qui séparent les éléments projetés et légendés de l'alignement opposé. Par suite, les sociétés requérantes sont fondées à soutenir que le maire du Cannet ne pouvait se fonder sur un tel motif pour retenir le caractère incomplet du dossier de déclaration préalable.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les sociétés requérantes sont fondées à demander l'annulation de la décision, révélée par le courrier du 23 février 2022, par laquelle le maire du Cannet s'est tacitement opposé à la réalisation des travaux objets de la déclaration préalable déposée le 11 octobre 2021. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés par les requérantes n'est susceptible de fonder l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Aux termes de l'article L. 911-3 de ce code : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet ".
6. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, que la commune du Cannet réexamine la demande présentée par la société OTF dans un délai qu'il y a lieu de fixer à un mois à compter de la notification de ce jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune du Cannet une somme de 2000 euros à verser aux sociétés requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision, révélée par le courrier du 23 février 2022, par laquelle le maire du Cannet s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 11 octobre 2021 par la société OTF est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune du Cannet de réexaminer la déclaration préalable déposée le 11 octobre 2021 par la société OTF dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement.
Article 3 : La commune du Cannet versera solidairement aux sociétés On Tower France et Free mobile la somme globale de 2000 euros (deux mille euros) en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée On Tower France, à la société par actions simplifiée Free mobile et à la commune du Cannet.
Délibéré après l'audience du 27 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Soler, première conseillère,
M. Bulit, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2025.
Le rapporteur,
Signé
J. BULIT
Le président,
Signé
G. TAORMINALa greffière,
Signé
N. KATARYNEZUK
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière
N°2201739
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026