jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2201821 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ASSO - CHRESTIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 11 avril 2022, 21 mars 2023, 18 octobre 2023 et 29 janvier 2024, Mme H E, M. K F, Mme B C épouse A et M. G A, représentés par Me Daghero, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 novembre 2021 par laquelle le maire de la commune de La Bollène Vésubie a accordé à M. I D un permis de construire n° PC 0602021 M0001 pour l'extension d'une maison d'habitation située sur la parcelle cadastrée D 439 avenue Romersa à La Bollène Vésubie, ensemble les deux décisions du 11 février 2022 par lesquelles le maire de La Bollène Vésubie a rejeté leurs recours gracieux formés à l'encontre de la décision du 3 novembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Bollène Vésubie et de M. I D la somme de 2 000 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- l'instruction du permis de construire a été incomplète et irrégulière ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article A 431-4, de l'article R. 431-9 et de l'article L. 423-1 du code de l'urbanisme ;
- le permis porte sur une construction irrégulière ;
- le débouché de l'accès du projet sur la voie publique ne serait pas conforme au règlement métropolitain de voirie,
- et il méconnaît les dispositions de la zone UFb du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur relatives à la hauteur des toitures, aux espaces verts de pleine terre, aux hauteurs séparatives et à l'expression architecturale.
Par mémoires en défense, enregistrés les 11 octobre 2022 et 22 et 24 novembre 2023, M. I D, représenté par Me Chrestia, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire au rejet de la requête au fond, à titre infiniment subsidiaire à ce que tribunal prononce une annulation partielle sur le fondement de l'article L.600-5 du code de l'urbanisme, et en tout état de cause à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable faute de preuve de la détention régulière du bien et d'intérêt à agir des requérants ;
- aucun des moyens de la requête n'est au demeurant fondé.
Par mémoires en défense, enregistrés les 29 novembre 2023 et 22 février 2024, la commune de La Bollène Vésubie, prise en la personne de son maire en exercice et représentée par Me Mouchan, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet au fond, et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise conjointement et solidairement à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que :
- la requête est irrecevable faute d'intérêt à agir des requérants ;
- aucun des moyens de la requête n'est au demeurant fondé.
Par un courrier du 29 mai 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des moyens nouveaux présentés dans le mémoire du 18 octobre 2023, selon lesquels le projet litigieux méconnaît les dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'urbanisme en l'absence de mention de la parcelle D 441 et de sa superficie dans la demande de permis de construire, le projet est fondé sur une construction existante irrégulière et méconnaît ainsi l'article 2.1.3.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur relatif aux distances séparatives, compte tenu de la cristallisation des moyens intervenue en application du premier alinéa de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
Par ordonnance du 7 février 2024 a été prononcée la clôture de l'instruction à la date du 22 février 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 juin 2024 :
- le rapport de Mme Cueilleron,
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,
- et les observations de Me Daghero, représentant les requérants, et les observations de Me Chrestia, représentant M. D.
Un note en délibéré présentée par les requérants a été enregistrée le 12 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. I D a déposé le 19 mai 2021 une demande de permis de construire en vue d'agrandir une maison d'habitation située sur la parcelle cadastrée D 439 avenue Romersa à La Bollène Vésubie. Par un arrêté du 3 novembre 2021, le maire de la commune de La Bollene Vésubie lui a accordé le permis de construire sollicité n° PC 0602021 M0001. Par des courriers respectivement datés du 5 décembre 2021, 6 décembre 2021, 7 décembre 2021 et 9 décembre 2021, M. H E, M. K F, Mme B A et M. G A ont demandé au maire de La Bollène Vésubie le retrait de l'arrêté du 3 novembre 2021 susmentionné. Par deux décisions du 11 février 2022, le maire de La Bollène Vésubie a rejeté ces recours. Les intéressés demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 novembre 2021, ensemble les deux décisions du 11 février 2022 par lesquelles le maire de La Bollène Vésubie a rejeté leurs recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, si les requérants soutiennent que l'instruction du permis de construire n'a pas été régulièrement conduite au motif qu'ils n'ont pas eu connaissance de l'intégralité des échanges intervenus entre la commune de La Bollene Vésubie et le service instructeur de la métropole Nice Côte d'Azur et que le permis de construire n'a pas fait l'objet d'une instruction complète par le même service instructeur, ils n'assortissent pas leurs allégations des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, en ne soulevant en particulier, à l'appui de leurs allégations, la méconnaissance d'aucune règle d'urbanisme. Par suite, le moyen susmentionné doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article A 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire prévue aux articles R. 421-1 et R. 421-14 à R. 421-16 est établie conformément aux formulaires enregistrés par le secrétariat général pour la modernisation de l'action publique : a) Sous le numéro CERFA 13406 lorsque la demande porte sur une maison individuelle ou ses annexes ; b) Sous le numéro CERFA 13409 lorsque la demande porte sur une construction autre qu'une maison individuelle ou ses annexes ". Il ressort des pièces du dossier qu'un formulaire CERFA 13406 de demande de permis de construire pour une maison individuelle ou ses annexes a été transmis le 18 mai 2021 à la commune de La Bollene Vésubie par M. I D pour un permis n° PC 00602021 M001. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article A 431-4 du code de l'urbanisme doit être écarté comme manquant en fait.
4. En troisième lieu, aux termes de de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. / Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation est contesté dans les conditions prévues à l'article L. 600-5-2, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux à son encontre passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense le concernant. () / Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire. ". Il résulte de ces dispositions que la cristallisation des moyens qu'elles prévoient intervient à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense produit dans l'instance par l'un des défendeurs.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment des notifications de l'application Télérecours, que le premier mémoire en défense, incluant le formulaire CERFA de demande de permis de construire, a été produit par M. I D le 11 octobre 2022 et communiqué aux autres parties le lendemain. Or, les moyens tirés de ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'urbanisme en l'absence de mention de la parcelle D 441 et de sa superficie dans la demande de permis de construire, de ce que la demande devait porter sur la régularisation de travaux irrégulièrement entrepris et de la méconnaissance de l'article 2.1.3.2 du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur (ci-après " PLUM) relatif aux limites séparatives ont été invoqués pour la première fois par les requérants dans leur mémoire enregistré le 18 octobre 2023 soit au-delà du délai de deux mois prévu par les dispositions précitées de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / () ".
7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. En l'espèce, premièrement, il ressort des pièces du dossier, en particulier du plan paysager PCMI 02 que ce dernier est côté uniquement dans deux dimensions. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'ensemble des autres pièces de la demande de permis de construire, en particulier les pièces PCMI 03 et PCMI 05, représentant les plans des façades et les toitures du projet, font apparaitre toutes les dimensions du bâtiment projeté et présentent les informations nécessaires sur la hauteur. Dans ces conditions, l'absence d'une côte sur le document PCMI 02 n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la réalité des constructions projetées et le respect des réglementations applicables. Deuxièmement, si les requérants soutiennent que l'échelle indiquée de 1/250 sur le document PCMI 02 est erronée et le document peu lisible, il ne ressort pas des pièces du dossier que le document présente une difficulté de lecture ni qu'il présente une échelle erronée. Troisièmement, les requérants soutiennent que les informations relatives à la servitude permettant l'accès à la parcelle objet du projet seraient insuffisantes par rapport aux exigences des dispositions précitées. Toutefois, il est constant que le projet porte sur une extension d'une construction existante et n'a donc ni pour effet de créer ni de modifier l'accès existant. Enfin, quatrièmement, les requérants soutiennent que la notice architecturale produite au dossier de permis serait insuffisante au regard des exigences des dispositions précitées et que les documents graphiques relatifs à l'insertion du projet seraient insuffisants au regard des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le dossier de permis comporte un plan de masse, qui indique les modalités d'accès par une servitude ainsi que les réseaux existants, un plan paysager, qui indique les plantations conservées et celles qui seront créées tout en précisant le traitement des espaces verts, une notice descriptive " PCMI 04 " détaillant les éléments relatifs à l'aménagement du terrain, l'implantation et la composition, le traitement des limites, le choix des matériaux et couleurs, le traitement des espaces libres et l'aménagement des accès, un photomontage " PCMI 06 " précisant l'insertion dans le paysage du projet, deux photographies " PCMI 07 " et " PCMI 08 " présentant respectivement la propriété dans son environnement proche et le terrain dans son environnement lointain. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire doit être écarté dans toutes ses branches.
9. En cinquième lieu, si les requérants soutiennent que le débouché de l'accès du projet sur la voie publique ne serait pas conforme au règlement métropolitain de voirie, ce dernier n'est toutefois pas opposable aux demandes de permis de construire en vertu du principe d'indépendance des législations. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
10. En sixième lieu, si les requérants soulèvent le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, ces dispositions ne sont cependant pas applicables en l'espèce dès lors que, en application de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, il existe un plan local d'urbanisme applicable. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
11. En septième lieu, aux termes de l'article 2.1.2 de la zone UFb du règlement du PLUM : " La hauteur maximale des constructions à l'égout est fixée à 7 m. J(s) locale(s) - - Eze, la Bollène-Vésubie : En outre, la hauteur frontale est limitée à 8,5m ". Aux termes de l'article 37 des dispositions générales du PLUM : " () Dans le cas de toitures à pans inclinés, la hauteur est mesurée à l'aplomb depuis l'égout au sens du présent règlement, jusqu'au pied de façade et ceci en tout point. Dans le cas de toiture terrasse, la hauteur à l'gout est mesurée à l'aplomb depuis l'étanchéité jusqu'au pied de façade et ceci en tout point ". Enfin, le lexique du règlement du PLUM définit l'égout du toit comme " le point de jonction entre la toiture et le nu de la façade hors débords. Dans le cas de toiture terrasse, l'égout du toit est constitué par l'étanchéité ". Dès lors que les requérants considèrent, contrairement aux dispositions susmentionnées, qu'il y aurait lieu de se baser sur le débord du toit pour calculer la hauteur du bâtiment, le moyen soulevé et tiré d'une méconnaissance des règles de hauteur prévues par le PLUM ne peut en tout état de cause qu'être écarté.
12. En huitième lieu, aux termes de l'article 2.4 de la zone UFb du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain : " 45% au moins de la superficie du terrain doit être aménagée en espaces verts de pleine terre ". En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la parcelle D 439, assiette du projet, est concernée par la " trame et verte et bleue " étant située dans le corridor écologique zone 1 et par conséquent le pourcentage d'espaces verts est augmenté de 5% et 60% des espaces verts doivent être traités en pleine terre. Il ressort également des pièces du dossier, en particulier, du plan paysager PCMI 02 que la parcelle, d'une superficie de 1.742 m², comportera 1.377 m² d'espaces verts pour totalité en pleine terre après déduction des 202 m² d'emprise des bâtiments et 163 m² d'emprise des voies et stationnement. Il ressort également du dossier que le pétitionnaire a transmis comme pièce complémentaire, le 8 septembre 2021, une analyse conclusive qui démontre le respect de ces prescriptions et indiquant que " eu égard à la configuration actuelle des corridors identifiés, à l'état dégradé de la parcelle du projet et à l'engagement du demandeur à végétaliser les espaces libres, le projet ne compromettra pas la pérennité des corridors identifiés et consistera une plus-value par rapport à l'état existant du terrain ". Par suite, le moyen tiré du non-respect des dispositions du règlement du PLUM relatives aux espaces verts de pleine terre doit être écarté.
13. En neuvième lieu, aux termes de l'article 2.2.1 de la zone UFb3 du règlement du PLUM : " L'expression architecturale peut recourir en façades et en toitures à des matériaux contemporains et à des techniques modernes dès lors qu'elle présente un aspect compatible avec le caractère de l'environnement bâti, qu'elle s'inscrit harmonieusement dans le paysage urbain ou naturel et qu'elle respecte la topographie.() Toutes les parties visibles depuis l'espace extérieur employées pour le traitement des façades et des ouvertures doivent répondre à un souci de qualité architecturale et être en harmonie avec le caractère des constructions existantes dans l'environnement proche. L'implantation des constructions sera choisie de telle sorte que les mouvements de sol soient réduits au strict minimum nécessaire à l'implantation du bâti ". Aux termes de l'article 2.2.4 dudit règlement : " Les matériaux de couverture doivent être en harmonie avec le caractère architectural des constructions et de l'environnement bâti. () ". Et aux termes de l'article 2.2.5 du même règlement, relatif aux menuiseries : " On évitera la multiplication d'ouvertures de tailles différentes. Elles respectent la proportion des ouvertures traditionnelles, à savoir plus hautes que larges (à l'exception des commerces en rez-de-chaussée) ".
14. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions précitées, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
15. En l'espèce, le terrain assiette du projet litigieux, situé en périphérie immédiate du village de La Bollène Vésubie, présente un style architectural assez hétérogène, composé de maisons individuelles de différentes époques et ne fait l'objet d'aucune protection spécifique. Il ressort des pièces du dossier que l'insertion du projet dans l'environnement s'appuie sur deux éléments principaux, à savoir l'orientation principale sud de la construction, similaire à celle des maisons environnantes, et le choix d'une composition d'ensemble avec un grand volume de forme rectangulaire, couvert par une toiture à deux pentes dans un souci de simplicité du volume architectural. Il ressort également des pièces du dossier que les matériaux utilisés dans le projet sont traditionnels avec l'utilisation des pierres de pays en soubassement et de chaux sur les façades, du bois pour les petites menuiseries extérieures et d'aluminium de couleur anthracite pour les grandes baies et leurs volets roulant. Il ressort également des pièces du dossier que la couverture du projet sera réalisée en tuiles de type canal vieillies. Par ses caractéristiques, le projet ne présente ainsi pas un aspect incompatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, des sites et des paysages. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du règlement du PLUM précitées doit être écarté.
16. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il ne soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir soulevées par les défendeurs, que les conclusions susmentionnées doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions des requérants présentées au titre des frais liés au litige.
Sur la demande de la commune de La Bollène Vésubie et de M. D au titre des frais liés au litige :
17. Une somme de 3 000 euros est mise solidairement à la charge des requérants au titre des frais exposés par la commune de La Bollène Vésubie et non compris dans les dépens et la même somme est mise solidairement à leur charge au titre des frais exposés par M. I D et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme H E, M. K F, Mme B A et M. G A est rejetée.
Article 2 : Mme H E, M. K F, Mme B A et M. G A verseront solidairement une somme de 3 000 euros à M. I D et une somme de 3 000 euros à la commune de La Bollène Vésubie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme H E, à M. K F, à Mme B A, à M. G A, à la commune de La Bollène Vésubie et à M. I D.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
M. Holzer, conseiller ;
Mme Cueilleron, conseillère ;
Assistés de Mme Martin, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 27 juin 2024
La rapporteure,
Signé
S. Cueilleron
Le président,
Signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
N°2201821
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026