mardi 7 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2202376 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | URIEN EMMANUEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 mai 2022 et le 28 juin 2024, Mme E B épouse A, représentée par Me Demarchi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er avril 2022 de rejet de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole ( EPLEFPA) Région PACA ;
2°) de condamner l'EPLEFPA Région PACA à lui verser une somme de 3 519,45 euros en réparation de son préjudice ;
3°) de rejeter toute demande de l'EPLEFPA ;
4°) de mettre à la charge de l'EPLEFPA Région PACA une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est signée par une autorité incompétente pour ce faire ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale dès lors qu'aucun texte n'impose à un agent public une obligation générale d'effectuer des permanences ;
- elle résulte d'une discrimination liée à son état de santé ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; elle ne devait aucun jour de permanence à l'administration, qui ne lui a signalé aucune absence avant de procéder à une retenue sur son salaire ;
- cette décision lui a occasionné un stress et des angoisses de procédures représentant un préjudice qu'elle évalue à la somme de 3 000 euros ; à ce titre, elle a effectué une demande préalable le 15 janvier 2022.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 mai 2024, le 18 juin 2024 et le 16 juillet 2024, l'EPLEFPA Région PACA, représenté par Me Urien, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires de Mme B n'ont pas été précédées d'une demande préalable, de sorte qu'elles sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- la loi n°61-825 du 29 juillet 1961 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n°86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guilbert,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Demarchi, représentant Mme B épouse A, et de Me Urien, représentant l'EPLEFPA Région Paca.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B épouse A a été recrutée par contrat du 8 décembre 2020 en qualité d'adjoint administratif du centre de formation des apprentis de l'EPLEFPA Région PACA, renouvelé jusqu'au 31 décembre 2021. Par une lettre du 15 janvier 2022, reçue le 8 février 2022, elle a saisi l'EPLEFPA d'une contestation de la retenue de 472 euros opérée sur son salaire du mois de décembre 2021. L'administration a rejeté sa demande le 1er avril 2022. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision et de condamner l'EPLEFPA Région PACA à lui verser une somme de 3 000 euros en indemnisation de son préjudice.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 811-26 du code rural et de la pêche maritime : " Le directeur de l'établissement public local [] : 1° [] représente l'établissement |] dans tous les actes de la vie civile ; 2° Il recrute et gère le personnel rémunéré sur le budget de l'établissement ; 3° Il est ordonnateur des recettes et des dépenses de l'établissement public local ". Mme B a été recrutée par l'EPLEFPA région PACA pour y exercer des fonctions d'adjointe administrative au sein de son centre de formation des apprentis. Dès lors, M. C D, directeur de l'EPLEFPA était compétent pour signer la décision en litige.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; ".
4. Hormis dans le cas où elle révèlerait par elle-même un refus opposé à une demande tendant à la reconnaissance d'un droit à rémunération malgré l'absence de service fait, la décision par laquelle l'autorité administrative, lorsqu'elle liquide le traitement d'un agent, procède à une retenue pour absence de service fait au titre du 1° de l'article 4 de la loi du 29 juillet 1961 constitue une mesure purement comptable et, dès lors, n'est pas au nombre des décisions qui refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir au sens de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration.
5. En l'espèce, si l'administration n'était pas tenue de motiver la retenue opérée directement sur le bulletin de salaire de l'intéressée au mois de décembre 2021, il lui appartenait de motiver la décision par laquelle elle a rejeté le recours gracieux de l'intéressée, qui soutenait remplir les conditions pour se voir verser une pleine rémunération. Il est constant que la décision de retenue initiale était accompagnée d'une fiche explicative détaillant le calcul du temps de travail effectué et dû ainsi que de la rémunération correspondante. En outre, il ressort des termes de la décision du 1er avril 2022, qu'au regard du régime défini par son contrat de travail, Mme B est redevable à l'administration de 45 heures de travail, soit 6,43 jours. Par ailleurs, son contrat de travail, visé par la décision, reprend les dispositions applicables à l'intéressée et indique la quotité de travail due. Il s'ensuit que l'intéressée disposait d'éléments suffisants pour comprendre le sens et la portée de la décision en litige et que le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () ". Aux termes du II de l'article 40-1 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " II.-Les agents contractuels perçoivent mensuellement une rémunération brute égale au douzième de leur rémunération annuelle brute. Celle-ci est calculée selon les principes définis à l'article 39 du présent décret en fonction du rapport entre la durée annuelle du service effectuée et de la durée résultant des obligations annuelles de service fixées en application des dispositions de l'article 1er ou de l'article 7 du décret n° 2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat, pour les agents exerçant à temps plein les mêmes fonctions. ". Par ailleurs, Aux termes de l'article 1er du décret n° 2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat : " La durée du travail effectif est fixée à trente-cinq heures par semaine dans les services et établissements publics administratifs de l'Etat ainsi que dans les établissements publics locaux d'enseignement. ". Aux termes du I de l'article 10 du même Décret : " I.-L'agent contractuel en activité a droit, compte tenu de la durée de service effectué, à un congé annuel dont la durée et les conditions d'attribution sont identiques à celles du congé annuel des fonctionnaires titulaires prévu par le décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 susvisé. ". Enfin, aux termes du 1er alinéa de l'article 1er du décret n°84-972 du 26 octobre 1984 relatif aux congés annuels des fonctionnaires de l'Etat : " Tout fonctionnaire de l'Etat en activité a droit, dans les conditions et sous les réserves précisées aux articles ci-après, pour une année de service accompli du 1er janvier au 31 décembre, à un congé annuel d'une durée égale à cinq fois ses obligations hebdomadaires de service. Cette durée est appréciée en nombre de jours effectivement ouvrés. ".
7. Par ailleurs, aux termes de l'article 4 de la loi du 29 juillet 1961 de finances rectificative pour 1961 : " () L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité () / II n'y a pas service fait : / 1° Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services ; / 2° Lorsque l'agent, bien qu'effectuant ses heures de service, n'exécute pas tout ou partie des obligations de service qui s'attachent à sa fonction telles qu'elles sont définies dans leur nature et leurs modalités par l'autorité compétente dans le cadre des lois et règlements () "
8. En application de ces dispositions et alors que la requérante bénéficiait d'un contrat de travail à temps complet, ses obligations de service, à raison de 35 heures par semaine, s'élevaient à 630 heures pour la période du 1er septembre au 31 décembre 2021, dont il convient de retrancher 70 heures de congé payés, soit 560 heures. Or, il ressort des pièces du dossier, non contestées sur ce point, qu'elle a effectué sur cette période un total de 515 heures. Il s'ensuit qu'elle a manqué à ses obligations de service à hauteur de 45 heures, soit 6,43 jours. La requérante ne saurait s'exonérer de ses obligations de service au motif de la fermeture au public de l'établissement pendant les périodes de vacances scolaires et de l'absence de texte emportant obligation générale pour un fonctionnaire de se soumettre à des périodes d'astreinte. D'autant que la réalisation de " permanences au service de la continuité administrative du centre de formation des apprentis " figurait sur la fiche de poste annexée à son contrat de travail. Dans ces conditions, Mme B, qui ne pouvait ignorer que l'activité de son service d'accueil se poursuivait au cours des vacances scolaires et n'allègue pas avoir formulé d'interrogations sur les modalités de réalisation de ses permanences, ne saurait davantage se prévaloir de ce que l'administration ne lui aurait pas communiqué un calendrier de permanence. Compte-tenu de ce qui précède, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige serait dépourvue de base légale ni qu'elle serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
9. En quatrième lieu, compte-tenu de ce qui est dit au point qui précède et en l'absence de tout élément de nature à établir ses allégations, Mme B n'est pas davantage fondée à soutenir que la décision en litige caractériserait une discrimination fondée sur son état de santé.
10. Dès lors, les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
11. Il résulte de ce qui est dit plus haut que l'administration n'a pas commis de faute en retenant sur le salaire de Mme B une somme de 472,20 euros correspondant à sept jours indivisibles de service non fait. Dès lors, les conclusions indemnitaires de la requérante doivent, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les parties en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B F A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'EPLEFPA région PACA en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B épouse A, à l' EPLEFPA région PACA et à la ministre de l'agriculture.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 janvier 2025 .
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
P. Soli La greffière,
signé
B.P . Antoine
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026