jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2202512 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 mai 2022 et 16 mars 2023, la société civile immobilière Captain D, prise en la personne de son représentant en exercice et représentée par Me Ribeiro de Carvalho, demande au tribunal :
1°) d'ordonner avant-dire droit une expertise afin de déterminer si les murs de la villa ont fait l'objet de modifications ou d'ajouts depuis la construction originale et d'indiquer si la configuration de la villa actuelle et du rez-de-jardin date d'une période postérieure à la délivrance du certificat de conformité ;
2°) d'annuler la décision en date du 24 février 2022 par laquelle le maire de la commune de La Turbie s'est opposé à la déclaration préalable de travaux n°DP00615021S0070 en vue de la modification de façade, de la surélévation partielle du garage pour une villa située sur la parcelle section cadastrée n° AE 0226 sise 2530 chemin des Révoires à La Turbie ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Turbie la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- une demande d'expertise avant-dire droit est nécessaire ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 décembre 2022, la commune de La Turbie, prise en la personne de son maire en exercice et représentée par Me Plenot, conclut au rejet de la requête, dès lors qu'aucun moyen soulevé n'est fondé, et à la mise à la charge de la société requérante d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Cueilleron ;
- les conclusions de M. Combot, rapporteur public ;
- et les observations de Me Orlandini, pour la commune de La Turbie.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 24 février 2022, le maire de la commune de La Turbie s'est opposé à la déclaration préalable de travaux n° DP00615021S0070 déposée le 28 décembre 2021 par le représentant de la société civile immobilière (ci-après " SCI ") " Captain D ", M. A, en vue de la modification de façade, de la surélévation partielle du garage pour une villa située sur la parcelle section cadastrée n° AE 0226, sise 2530 chemin des Révoires à La Turbie. La SCI Captain D demande au Tribunal, d'une part et avant-dire droit,d'ordonner une expertise et, d'autre part, d'annuler l'arrêté susmentionné.
Sur la demande d'expertise avant-dire droit :
2. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision () ". Il incombe, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation et au regard des motifs de droit et de faits qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.
3. La demande tendant à ce que soit ordonnée une expertise afin de déterminer si les murs de la villa on fait l'objet de modifications ou d'ajouts depuis la construction originale et d'indiquer si la configuration de la villa actuelle et du rez-de-jardin date d'une période postérieure à la délivrance du certificat de conformité ne présente aucune utilité pour trancher le présent litige. Par suite, la demande d'expertise présentée par les requérants doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment. De même, lorsqu'une construction a été édifiée sans respecter la déclaration préalable déposée ou le permis de construire obtenu ou a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation. Dans l'hypothèse où l'autorité administrative est saisie d'une demande qui ne satisfait pas à cette exigence, elle doit inviter son auteur à présenter une demande portant sur l'ensemble des éléments devant être soumis à son autorisation. Cette invitation, qui a pour seul objet d'informer le pétitionnaire de la procédure à suivre s'il entend poursuivre son projet, n'a pas à précéder le refus que l'administration doit opposer à une demande portant sur les seuls nouveaux travaux envisagés.En revanche, une telle exigence ne trouve pas à s'appliquer dans le cas où les travaux effectués sans autorisation concernent d'autres éléments bâtis sur le terrain d'assiette du projet si le permis demandé ne porte pas sur ces éléments distincts du projet, sauf si ces derniers forment avec la construction faisant l'objet de la demande d'extension, en raison de liens physiques ou fonctionnels entre eux, un ensemble immobilier unique.
5. En l'espèce, et d'une part, il ressort des pièces du dossier que, pour s'opposer à la déclaration préalable litigieuse, le maire de la commune de La Turbie a considéré que les travaux objets de cette dernière portaient sur une construction réalisée de manière irrégulière. L'existence d'un vide-sanitaire sous la construction de la villa ressort en effet du permis de construire d'origine n° PC 00615087S0037 du 23 juin 1987 délivré à la SCI Captain D. Or, il ressort du dossier de déclaration préalable que cette dernière comprend une transformation du vide-sanitaire en habitation, les plans de la villa faisant état de deux étages, dont deux chambres, une salle de bain, une salle de douche, un salon et un rez de jardin. Si la société requérante se prévaut de la délivrance d'un certificat de conformité délivré par la commune de La Turbie en date le 25 avril 1995, ce dernier ne portait nullement sur la régularisation de l'aménagement du vide-sanitaire susmentionné mais sur la conformité des travaux effectués en vertu du permis de construire accordé le 23 juin 1987, de sorte que la société requérante ne peut utilement s'en prévaloir.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier et en particulier de la notice annexée à la déclaration préalable de travaux litigieuse, que les travaux en cause sont indissociables des éléments déjà construits de manière irrégulière, à savoir que les nouvelles ouvertures de façade projetées prennent appui contre la façade du vide-sanitaire illégalement transformé en habitation. Dans ces conditions, les travaux objets de la déclaration préalable litigieuse doivent être considérés comme formant un ensemble immobilier unique avec la construction existante illégale. Par suite, le maire de la commune de La Turbie n'a entaché sa décision d'aucune erreur ni de droit ni de fait en s'opposant à la déclaration préalable de travaux litigieuse en l'absence de demande de régularisation portant sur la totalité de la construction existante.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions susmentionnées doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions de la société requérante présentées au titre des frais liés au litige.
Sur les conclusions de la commune de la Turbie au titre des frais liés au litige :
8. Une somme de 2 000 euros est mise à la charge de la SCI Captain D au titre des frais exposés par la commune de La Turbie et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société civile immobilière Captain D est rejetée.
Article 2 : La société civile immobilière Captain D versera à la commune de La Turbie la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Captain D et à la commune de la Turbie.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M.Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
M. Holzer, conseiller ;
Mme Cueilleron, conseillère ;
Assistés de Mme Suner, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 24 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
S. Cueilleron
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-FortesaLa greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026