vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2203896 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M.Myara |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête enregistrée le 2 août 2022, sous le n° 2203896, et des pièces complémentaires enregistrées les 12 et 19 octobre 2022, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 9 juin 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique (Centre d'expertise ressources titres échanges de permis de conduire étrangers) a rejeté sa demande tendant à l'échange de son permis de conduire contre un permis de conduire français.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique (Centre d'expertise ressources titres échanges de permis de conduire étrangers) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen soulevé par M. A est infondé.
La clôture de l'instruction de l'affaire a été fixée au 12 août 2024.
II- Par une ordonnance n° 2300390, le président du tribunal administratif de Nantes a renvoyé au tribunal administratif de Nice la requête de M. B A.
Par cette requête enregistrée au tribunal administratif de Nice le 20 janvier 2023, sous le n° 2300370, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 18 novembre 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique (Centre d'expertise ressources titres échanges de permis de conduire étrangers) a abrogé la décision du 9 juin 2022, et rejeté sa demande tendant à l'échange de son permis de conduire contre un permis de conduire français.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mars 2023, le préfet de la Loire-Atlantique (Centre d'expertise ressources titres échanges de permis de conduire étrangers) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, en reprenant les écritures produites dans l'instance n° 2203896, que le moyen soulevé par le requérant est infondé.
La clôture de l'instruction de l'affaire a été fixée au 12 août 2024
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- le code de justice administrative ;
En application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du Tribunal administratif a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Myara, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant roumain, a demandé le 10 septembre 2021 l'échange de son permis de conduire délivré par les autorités russes contre un permis de conduire français, par une décision du 9 juin 2022 le préfet de la Loire-Atlantique (Centre d'expertise ressources titres échanges de permis de conduire étrangers) a rejeté sa demande. Par une décision du 18 novembre 2022, cette autorité a abrogé la décision du 9 juin 2022 et rejeté la demande de l'intéressé. Par les deux requêtes susvisées, qui ont fait l'objet d'une instruction commune et qu'il y a lieu de joindre, M. A demande l'annulation de ces décisions.
En ce qui concerne la décision du 9 juin 2022 :
2. Il est constant que dans le cadre de l'instruction de la demande d'échange de permis de conduire de M. A, l'administration lui a demandé de produire notamment un justificatif d'installation en France. En dépit de deux relances, le requérant n'a pas produit de pièces. Lorsqu'elle a statué sur la demande du requérant, l'administration, en présence d'un dossier incomplet, se trouvait donc en situation de compétence liée pour lui opposer un refus. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé, alors que le préfet a abrogé cette décision à la réception des pièces demandées, à soutenir que le préfet de Loire-Atlantique a rejeté sa demande d'échange de son permis de conduire russe.
En ce qui concerne la décision du 18 novembre 2022 :
3. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. () ". Selon l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen : " I. ' Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. / () II. () C. ' Pour les Français, y compris ceux possédant également la nationalité de l'Etat ayant délivré le titre, la résidence normale en France est présumée, à charge pour eux d'apporter la preuve contraire. / D.- Pour les ressortissants possédant la nationalité d'un pays membre de l'Union européenne, ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen, de la Confédération suisse ou de la Principauté de Monaco y compris ceux possédant également la nationalité de l'Etat ayant délivré le titre, la date d'acquisition de la résidence normale est fixée au 186e jour suivant leur date d'arrivée sur le territoire français. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier et notamment du contrat de bail produit par M. A que son installation en France date du 2 janvier 2020 et non du 4 janvier 2021, mention manuscrite qui ne saurait être prise en compte. Il ressort en outre de la facture établie le 12 février 2021 que le requérant a souscrit un abonnement de fourniture d'électricité à compter du 5 mars 2020. En application des dispositions rappelées au point 3 la résidence normale du requérant, qui détient la nationalité d'un pays membre de l'union européenne, est acquise à compter du 186ème jours suivant soit au 5 juillet 2020. Il disposait donc jusqu'au 5 juillet 2021 pour introduire sa demande d'échange de permis de conduire russe contre un titre français. Or le requérant a fait sa demande le 10 septembre 2021, laquelle est tardive. Par suite, c'est à bon droit que le préfet de Loire-Atlantique a refusé de procéder à l'échange de son permis de conduire.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes susvisées de M. A doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
A. MyaraLa greffière,
signé
S. Genovese
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier., 2300370
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