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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2203909

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2203909

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2203909
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat M.Myara

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de M. A, qui contestait la décision du ministre de l'intérieur du 8 juin 2022 lui notifiant des retraits de points et une perte de validité de son permis de conduire. Le juge a estimé que pour les infractions des 12 juin et 22 août 2021, la signature électronique de l'intéressé sur le procès-verbal suffisait à prouver la délivrance des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Pour l'infraction du 27 juillet 2021, le paiement différé de l'amende forfaitaire établissait que M. A avait eu connaissance de ces informations. Enfin, pour les infractions constatées par radar automatique (6 février, 22 avril 2018, 4 décembre 2020 et 21 janvier 2021), le paiement de l'amende forfaitaire impliquait la réception de l'avis de contravention contenant les mentions obligatoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 août 2022 et le 9 septembre 2022, M. B A, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 juin 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié l'ensemble des retraits de points affectant son permis de conduire et l'interdiction de conduire ;

2°) d'annuler chacun des retraits de points irrégulièrement opérés ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points irrégulièrement retirés dans le délai d'un mois ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient qu'il n'a pas reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la constatation des infractions en date des 6 février 2018, , 24 mars 2018, 22 avril 2018, 4 décembre 2020, 21 janvier 2021, 12 juin 2021, 22 août 2021 et 27 juillet 2021 ; que ni le relevé d'information intégral de points, ni la signature portée sur les procès-verbaux des infractions relevées les 12 juin 2021 et 22 août 2021 ne suffisent à apporter la preuve que cette information a été délivrée.

Par un mémoire enregistré le 29 septembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

En application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du Tribunal administratif a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Myara, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a commis des infractions au code de la route ayant entraîné le retrait des points affectés à son permis de conduire. Par une décision 48SI en date du 8 juin 2022, le ministre de l'intérieur a notifié à M. A le dernier retrait de points consécutif à l'infraction commise le 27 juillet 2021, et a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, qu'il avait perdu le droit de conduire. M. A demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points ; celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'un amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par condamnation définitive ". Selon l'article R. 223-3 du même code : " () III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. () ". En vertu des articles 529-2, 530 et 530-1 du code de procédure pénale, la contestation de l'amende forfaitaire prend la forme d'une requête auprès du ministère public, et celle de l'amende forfaitaire majorée d'une réclamation auprès de la même autorité, sur lesquelles, si elles sont recevables et si le ministère public n'abandonne pas les poursuites, il est statué par une juridiction pénale.

S'agissant des infractions commises les 12 juin 2021 et 22 août 2021.

3. Dans le cas d'une infraction constatée postérieurement au 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.

4. Il résulte de l'instruction que ces infractions ont été constatées par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé et que le requérant a pris connaissance des informations prévues aux articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route sous lesquelles il a apposé sa signature qui est, contrairement à ce que soutient le requérant, suffisante.

S'agissant de l'infraction commise le 27 juillet 2021.

5. Il ressort notamment du relevé d'informations intégral relatif au permis de conduire de M. A que l'infraction commise le 27 juillet 2021 a donné lieu au paiement différé par celui-ci d'une amende forfaitaire, ce dont il résultait qu'il avait nécessairement eu connaissance, à cette occasion, de l'ensemble des informations prescrites par la loi.

S'agissant des infractions commises les 6 février 2018, 22 avril 2018, 4 décembre 2020 et 21 janvier 2021.

6. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

7. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire produit par l'administration, que les infractions commises les 6 février 2018, 22 avril 2018, 4 décembre 2020 et 21 janvier 2021 ont été relevées au moyen d'un radar automatique, ainsi qu'il résulte de la mention "tribunal d'instance ou de police de CNT-CSA (centre national de traitement - contrôle sanction automatisé)", et ont donné lieu au paiement différé des amendes forfaitaires. Faute pour M. A de démontrer qu'il se serait vu remettre un avis inexact ou incomplet, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer les informations préalables requises.

S'agissant de l'infraction commise le 24 mars 2018.

8. Il résulte de la mention " CNT CSA " pour " centre national de traitement-contrôle des sanctions automatisées ", portée sur le relevé d'information intégral relatif à la situation de M. A que l'infraction relevée le 24 mars 2018 a été constatée par radar automatique. Il résulte de l'instruction que le requérant a réglé l'amende forfaitaire majorée correspondante à cette infraction dans ces conditions, l'administration apporte la preuve, qui lui incombe, qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable, faute pour M. A de démontrer qu'il se serait vu remettre un avis inexact ou incomplet.

9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

--------------

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au préfet des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 octobre 2024

Le magistrat désigné,

signé

A. MYARALa greffière,

signé

S. GENOVESE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier.

N°2203909

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