lundi 17 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204041 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. FAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 août 2022, M. A C, représenté par Me David-André Darmon, avocat au Barreau de Nice, demande au tribunal :
* d'annuler une décision de refus de la demande d'obtention d'un logement social adapté en date du 9 août 2022 de la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes ;
* d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui attribuer un logement conforme à ses besoins et capacités et ce sous astreinte de 50 euros par jour à compter de la notification de la décision intervenir ;
* de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
* il entre dans les prévisions des dispositions relatives au droit au logement opposable en raison des conséquences et des risques que l'appartement qu'il occupe fait pesé sur la santé de sa famille ;
* la décision attaquée est entachée ;
* de défaut de motivation ;
* d'absence de mention des voies et délais de recours ;
* d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense malgré une mise en demeure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 2 juin 2014 qui fixe, en application des dispositions de l'article L. 441-1-4 du code de la construction et de l'habitation, à 45 mois le délai à partir duquel les personnes qui ont déposé une demande de logement resté sans réponse peuvent saisir la commission de médiation ;
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le code de justice administrative.
Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Faÿ pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
* le rapport de M. Faÿ, magistrat désigné ;
* les observations de Mme B, pour le préfet des Alpes-Maritimes, le requérant n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 juin 2021, M. C a saisi la commission de médiation des Alpes-Maritimes en vue de la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, en application des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation pour attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral. Par décision en date du 31 août 2021, la commission a rejeté sa demande au motif que la surface de 62 mètres carrés du logement occupé par le requérant est supérieure à celle mentionnée à l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation au regard des cinq personnes qui l'occupent et que s'il a déposé une demande de logement social le 8 octobre 2016, il bénéficie déjà d'un logement adapté à ses capacités et besoins et n'est pas en situation d'urgence bien qu'il n'ait reçu aucune proposition de logement dans le délai règlementaire de 45 mois, que si l'intéressé invoque des désordres au sein de son logement, il ne justifie d'aucune démarche engagée auprès des autorités compétentes, que s'il invoque la notion de handicap, il ne justifie pas de l'inadaptation du logement à son handicap et que si le requérant déclare le montant de son loyer élevé, ce dernier est adapté eu égard à son taux d'effort. M. C qui soutient " ne pas avoir eu de retour à sa dernière relance " demande l'annulation d'une décision en date du 9 août 202Sur la recevabilité de la requête
2. Aux termes des dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. () " et aux termes des dispositions de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. "
3. M. C qui dans sa requête demande l'annulation d'une décision en date du 9 août 2022, produit une décision en date du 31 août 2021 par laquelle la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère urgent et prioritaire de sa demande de logement social en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par courrier en date du 15 juin 2023, le tribunal de céans a demandé au requérant de préciser et de produire la décision attaquée, la requête, enregistrée le 5 août 2022 étant dirigée à l'encontre d'une décision en date du 9 août 2022 et la décision produite datant du 31 août 2021. En réponse, le requérant produit un fichier intitulé " Amaghnouj_Refus_implicite.pdf " accompagné d'un commentaire laconique : " RAR de recours déposé le 9 juin 2022. Absence de réponse du 9 août 2022 saisine du TA ". Le fichier contient l'avis de réception d'un pli recommandé adressé à la Métropole Nice Côte d'Azur notifié le 9 juin 2022. Cependant, cet avis de réception qui, au demeurant, n'est pas adressé à la commission de médiation des Alpes-Maritimes, n'est pas accompagné du recours du 9 juin 2022 mentionné. Dès lors, le requérant n'établit pas avoir adressé à la commission de médiation une quelconque demande ayant donné lieu à une décision implicite de rejet. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'annulation d'une décision en date du 9 août 2022 présentée par M. C sont irrecevables et la requête doit être rejetée.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
signé
D. FAŸLa greffière,
signé
C. BERTOLOTTI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous les huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026