jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204272 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | OLOUMI AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2022, M. et Mme B, représentés par Me Oloumi, demandent au tribunal :
1°) d'annuler les décisions en date du 12 et 14 avril 2022 par lesquelles le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté leurs demandes tendant au renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle " passeport talent bleue européenne " de M. B et de la carte de séjour pluriannuelle passeport " talent famille " de Mme A épouse B ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes à titre principal de leur délivrer des titres de séjour mention " vie privée et familiale ", ou à titre subsidiaire de leur délivrer des autorisations provisoires de séjour les autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Ils soutiennent que :
Sur les moyens communs aux deux décisions :
- les décisions attaquées sont entachées d'une insuffisance de motivation ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation
Sur la décision portant refus de renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport-talent : carte bleue européenne " :
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 421-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le 6° de l'annexe 10 du code précité.
Une note en délibéré présentée pour M. et Mme B a été enregistrée le 3 octobre 2024.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Pouget, présidente-rapporteure,
- et les observations de Me Oloumi, pour M. et Mme B.
Une note en délibéré présentée pour M. et Mme B a été enregistrée le 3 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B, ressortissants russes, nés en 1970 et 1976, ont sollicité le renouvellement de leur carte de séjour pluriannuelle portant respectivement la mention " passeport-talent : carte bleue européenne " et " passeport talent famille " auprès des services de la préfecture des Alpes-Maritimes par des demandes en date du 21 novembre 2021. Par deux décisions en date du 12 et 14 avril 2022, le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté leurs demandes. Par la présente requête, M. et Mme B demandent au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment de différents titres de séjour et récépissés, que M. et Mme B résident en France de manière stable et régulière au moins depuis 2012, soit depuis plus de dix ans. Il ressort également des pièces du dossier que les requérants bénéficient tous deux d'une carte de séjour temporaire mention " visiteur ", valable jusqu'en février et mars 2025 ce qui suppose l'existence de ressources suffisantes pour subvenir à leurs besoins. Par ailleurs, il est établi que les quatre enfants du couple résident régulièrement en France. Leurs deux filles ainées, dont l'une est pacsée avec un ressortissant français et a déposé une demande de naturalisation, sont toutes deux titulaires d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", valables jusqu'en janvier 2025 et février 2026. Les deux filles mineures des requérants, âgées de 9 et 13 ans, sont quant à elles nées et scolarisées en France. En outre, il n'est pas démontré que les intéressés disposeraient d'attaches dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, et compte tenu des circonstances particulières de l'espèce, M. et Mme B doivent être regardés comme ayant fixé en France le centre de leurs intérêts privés et familiaux, de sorte que les décisions litigieuses ont porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et ont ainsi été proses en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être accueilli.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés, que les requérants sont fondés à demander l'annulation des décisions du 12 et 14 avril 2022 par lesquelles le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de renouveler leurs cartes de séjour pluriannuelle.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. L'exécution de cette décision implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à M. et Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 900 euros à verser à M. et Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 12 et 14 avril 2022 par lesquelles le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté les demandes de renouvellement des cartes de séjour pluriannuelles de M. et Mme B sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à M. et Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision.
Article 3 : L'Etat versera à M. et Mme B une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nice.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Pouget, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
M. Loustalot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,L'assesseure la plus ancienne,
signésigné
M. C
La greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
N°2204272
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026