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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2204295

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2204295

mercredi 31 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2204295
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantFRECHE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 septembre, 19 décembre 2022 et 15 février 2023, le syndicat des copropriétaires de la copropriété Villa Romana, représenté par

Me Zago, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2022 par lequel le maire de Vallauris Golfe-Juan a délivré à la société civile de construction vente (SCCV) Impasse des Champs un permis de construire un ensemble immobilier de trente-neuf logements, dont douze logements sociaux et valant division parcellaire, ensemble la décision résultant du silence gardé par le maire de la commune sur son recours gracieux daté du 10 juin 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Vallauris Golfe-Juan et de la société Impasse des Champs la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a un intérêt à agir ;

- sa requête n'est pas tardive ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet compte tenu du fait qu'il ne comprend ni le rejet de constitution d'une association syndicale ni de plan valant division, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme ;

- les conditions de desserte du projet sont insuffisantes en méconnaissance des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme ainsi que des dispositions de l'article 3 du règlement de la sous-zone UB du plan local d'urbanisme de la commune ;

- la société pétitionnaire ne peut se prévaloir de l'arrêté d'alignement du 27 février 2019 qui est illégal pour soutenir que les conditions de desserte du projet sont suffisantes ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article 12 du règlement de la sous-zone UB du plan local d'urbanisme de la commune ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article 6 du règlement de la sous-zone UB du plan local d'urbanisme de la commune ;

- la prise en charge par la société pétitionnaire de travaux publics d'extension du réseau électrique en dehors du terrain d'assiette de l'opération est illégale, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article 4 du règlement de la sous-zone UB du plan local d'urbanisme de la commune.

Par quatre mémoires en défense, enregistrés les 27 octobre, 23 novembre 2022, 18 janvier et 20 février 2023, la société Impasse des Champs, représentée par Me Durand, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond, à titre infiniment subsidiaire, au prononcé d'une annulation partielle ou d'un sursis à statuer sur le fondement des dispositions des articles L. 600-5 et

L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en ce que, d'une part, le syndicat requérant ne démontre pas son intérêt à agir et, d'autre part, en ce que la requête est tardive faute pour le recours gracieux daté du 10 juin 2022 d'avoir prorogé le délai de recours contentieux ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

- en tout état de cause, chacun des moyens invoqués pourrait faire l'objet d'une mesure de régularisation au sens de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2023, la commune de Vallauris Golfe-Juan conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond et, en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le syndicat requérant ne démontre pas son intérêt à agir ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 mai 2023 :

- le rapport de M. Holzer,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

- les observations de Me Larbre, représentant le syndicat requérant,

- les observations de Me Marrot, représentant la société pétitionnaire,

- et les observations de M. A, représentant la commune de Vallauris Golfe-Juan.

Considérant ce qui suit :

1. Par sa requête, le syndicat des copropriétaires de la copropriété Villa Romana demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 avril 2022 par lequel le maire de Vallauris Golfe-Juan a délivré à la société Impasse des Champs un permis de construire un ensemble immobilier de trente-neuf logements dont douze logements sociaux et valant division parcellaire sur les parcelles cadastrées section BV n°s 74, 211, 212, 213, 215 et 216, situées impasse des champs à Vallauris Golfe-Juan, ensemble la décision née du silence gardé par le maire la commune sur son recours gracieux daté du 10 juin 2022. Par une ordonnance n°2204793 du 25 octobre 2022, le juge des référés a rejeté la requête du syndicat des copropriétaires Villa Romana tendant à la suspension de l'exécution de cet arrêté du 15 avril 2022 et de la décision rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la complétude du dossier de demande de permis de construire :

2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

3. Aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés ".

4. Il résulte de ces dispositions qu'un permis de construire valant division parcellaire ne concerne que des projets qui comportent la réalisation d'au moins deux bâtiments autonomes et distincts.

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les travaux projetés autorisés par le permis de construire attaqué ne portent pas sur la construction de plusieurs bâtiments. Ainsi, ces travaux ne relèvent pas du champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, le syndicat requérant ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions pour soutenir que le dossier de demande de permis de construire est incomplet compte tenu du fait qu'il ne comprend ni le rejet de constitution d'une association syndicale ni de plan valant division. Par suite, ce moyen doit être écarté dans ses deux branches.

En ce qui concerne les conditions de desserte du projet :

6. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". En outre, aux termes de l'article R. 111-5 de ce même code : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic ". Aux termes de l'article UB3 du règlement de la sous zone UB du plan local d'urbanisme de la commune : " () / Les caractéristiques des accès et des voies privées doivent être adaptées à l'opération et satisfaire à la fois aux exigences : / - de sécurité, / - de défense contre l'incendie, / - de ramassage des ordures ménagères. / Pour être constructible, tout terrain doit avoir accès à une voie, publique ou privée. / () ".

7. D'une part, il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

8. D'autre part, pour l'application de règles relatives à la desserte des terrains, la conformité d'un immeuble aux prescriptions d'un plan local d'urbanisme s'apprécie non par rapport à l'état initial de la voie mais en tenant compte des prévisions inscrites dans le plan local d'urbanisme à l'égard de celle-ci et des circonstances de droit et de fait déterminantes pour leur réalisation.

9. En l'espèce, le syndicat requérant soutient que la configuration de la voie de desserte du terrain d'assiette du projet présente un risque pour la sécurité publique compte tenu du fait que cette voie, desservant déjà d'autres habitations, est particulièrement étroite et ne prévoit pas d'aménagements destinés à assurer la sécurité des piétons et la circulation des véhicules qui l'empruntent parmi lesquels les véhicules de ramassage des ordures ménagères et ceux de secours et d'incendie.

10. En premier lieu, en application des dispositions de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, le syndicat requérant ne saurait utilement se prévaloir des dispositions de l'article R. 111-5 de ce même code, dès lors que la commune Vallauris Golfe-Juan est couverte par un plan local d'urbanisme.

11. En deuxième lieu, si la délivrance d'un permis de construire peut, le cas échéant, s'apprécier en fonction de l'état des accès du projet, ainsi que des voies le desservant, en revanche, des éléments tirés des difficultés générales de la circulation dans le secteur, dont l'encadrement ne relève pas de la police spéciale de l'urbanisme, ne sont pas de nature à fonder un refus de permis de construire.

12. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux est desservi par l'impasse des champs laquelle constitue une voie rectiligne ne présentant pas de dangerosité notable et où se trouvent déjà des habitations individuelles et collectives. Il ressort de ces mêmes pièces que le projet litigieux entend prévoir plusieurs aménagements destinés à favoriser la circulation sur cette voie tant des piétons que des véhicules. A cet effet, comme le reconnait d'ailleurs le syndicat requérant, il est constant que le projet prévoit la mise en place de trottoirs ainsi que d'une aire de retournement au niveau de l'accès piéton du bâtiment, ce que n'a d'ailleurs pas manqué de relever le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Alpes-Maritimes dans son avis favorable du 21 février 2022.

13. En outre, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est concerné par l'emplacement réservé n°41 destiné à l'élargissement à six mètres de l'impasse des champs. Si le syndicat requérant soutient qu'un tel emplacement réservé ne concerne pas le terrain d'assiette du projet dès lors qu'il concerne " l'élargissement de la traverse des champs ", il ressort du zonage des emplacements réservés, produit en défense par la commune de Vallauris Golfe-Juan, que ledit emplacement réservé concerne bien la voie de desserte du terrain d'assiette du projet. Dans ces conditions et alors qu'il appartenait au service instructeur d'apprécier la conformité du projet, non pas par rapport à l'état initial de la voie, mais en tenant compte des prévisions inscrites dans le plan local d'urbanisme parmi lesquelles figure l'emplacement réservé n°41 destiné à l'élargissement à six mètres de l'impasse des champs, le syndicat requérant n'est pas fondé à soutenir que cet emplacement réservé ne sera pas de nature à améliorer les conditions de circulation sur ladite voie, alors qu'en tout état de cause, celle-ci répond déjà, en l'état, à l'importance et à la destination de la construction projetée.

14. En quatrième lieu, si le syndicat requérant se prévaut du fait que l'accès au parking au moyen d'un ascenseur pour véhicules va générer des troubles de la circulation eu égard au temps d'attente engendré par le fonctionnement d'un tel dispositif technique, il ressort des pièces du dossier qu'une zone de dégagement d'une longueur de 2,50 mètres est prévue, devant le portail d'entrée du parking qui, contrairement à ce qu'indique le syndicat requérant, est suffisante pour permettre, le cas échéant, aux véhicules entrants d'attendre l'ascenseur afin d'accéder au parking. En tout état de cause, à supposer que l'attente que pourrait engendrer un tel dispositif lorsque plusieurs véhicules seront amenés, à un même instant, à vouloir accéder au parking soit susceptible de créer des difficultés de circulation, cette seule circonstance n'est pas suffisante pour caractériser l'existence d'un risque pour la sécurité publique au sens des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

15. Dans ces conditions, il résulte de tout ce qui précède et dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la voie d'accès au projet serait inadaptée au regard de la configuration des lieux et du flux de véhicules, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme ainsi que des règles fixées par les dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune doivent être écartés dans leurs différentes branches.

En ce qui concerne l'arrêté d'alignement du 27 février 2019 :

16. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale.

17. En l'espèce, l'arrêté attaqué du 15 avril 2022 portant délivrance d'un permis de construire n'a pas été pris pour l'application de l'arrêté d'alignement du 27 février 2019 et cet arrêté n'en constitue pas davantage sa base légale. Dans ces conditions, le syndicat requérant ne peut utilement exciper de l'illégalité de cet arrêté à l'appui de ses conclusions à l'encontre de l'arrêté attaqué du 15 avril 2022. Ainsi, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté d'alignement du 27 février 2019 doit être écarté.

18. En outre, si le syndicat requérant se borne à soutenir que le projet litigieux ne pourra pas respecter cet arrêté d'alignement du 27 février 2019 dès lors que l'élargissement à six mètres de l'impasse des champs a vocation à déborder sur la parcelle cadastrée section BV n°249, une telle circonstance ne ressort pas des pièces du dossier, alors qu'en tout état de cause, le permis de construire litigieux a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la législation et la réglementation d'urbanisme en vigueur et est ainsi accordé sous réserve du droit des tiers, tel que cela résulte des dispositions de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'arrêté d'alignement du 27 février 2019 doit être écarté.

En ce qui concerne les règles de stationnement :

19. Aux termes de l'article UB12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, relatif aux règles de stationnement : " () / A l'exception du secteur UBg, les règles de stationnement sont les suivantes : / () Pour la création de plus de 2 logements, au minimum 2 places de stationnement par logement, 1 place de stationnement pour deux-roues pour 2 logements / () ".

20. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement de la notice de présentation que le projet qui prévoit la création de quatre-vingt-une places de stationnement de véhicules respectent les prescriptions imposées par les dispositions précitées de l'article UB12 du règlement du plan local d'urbanisme. Si, comme le soutient le syndicat requérant, plusieurs de ces places de stationnement sont en enfilade, les dispositions précitées du plan local d'urbanisme n'interdisent toutefois pas une telle configuration. Par ailleurs, il ne ressort pas des plans d'aménagement intérieur des sous-sols de la construction projetée, cotés PC05 C, D et E, produits par la société pétitionnaire alors même qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au pétitionnaire de produire de tels plans, que les places en enfilade ne sont pas dédiées à un même logement, de façon à être accessible en toute circonstance. Dans ces conditions, le syndicat requérant n'est pas fondé à soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées de l'article UB12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'implantation du bassin de rétention par rapport aux emprises publiques et aux voies :

21. Aux termes de l'article UB6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, relatif aux règles d'implantations par rapport aux emprises publiques et aux voies : " () Les bassins de rétention d'eaux pluviales enterrés devront s'implanter à une distance au moins égale à 2 mètres de la voie. / () ".

22. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la mise en place d'un système de collecte contrôlable des eaux pluviales provenant des surfaces nouvellement imperméabilisées vers un bassin de rétention prévu à cet effet. Contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, il ressort du plan de masse, coté PC02C, que ce bassin de rétention sera implanté à une distance de 2,30 mètres de la voie, respectant ainsi la marge de recul prescrite par les dispositions précitées de l'article UB6 du règlement du plan local d'uranisme s'agissant de l'implantation d'un tel équipement. Par suite, ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne le raccordement au réseau de distribution d'énergie électrique :

23. Aux termes de l'article L. 332-6 du code de l'urbanisme : " Les bénéficiaires d'autorisations de construire ne peuvent être tenus que des obligations suivantes : / () 3° La réalisation des équipements propres mentionnées à l'article L. 332-15 ; / () ". Aux termes de l'article L. 332-15 de ce même code : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire, d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne la voirie, l'alimentation en eau, gaz et électricité, les réseaux de télécommunication, l'évacuation et le traitement des eaux et matières usées, l'éclairage, les aires de stationnement, les espaces collectifs, les aires de jeux et les espaces plantés. / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes. / () L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures. / () ".

24. D'une part, en application des dispositions précitées de l'article L. 332-6 du code de l'urbanisme, les bénéficiaires d'autorisations de construire peuvent être tenus de réaliser et de financer les équipements propres à l'opération autorisée mentionnés à l'article L. 332-15. D'autre part, il résulte de ces dispositions que, pour l'alimentation en électricité, relèvent des équipements propres à l'opération ceux qui sont nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction ou du terrain jusqu'au branchement sur le réseau public d'électricité qui existe au droit du terrain, en empruntant, le cas échéant, des voies privées ou en usant de servitudes, ou, dans les conditions définies au troisième alinéa de l'article L. 332-15, en empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve dans ce dernier cas que le raccordement n'excède pas cent mètres. En revanche, pour l'application de ces dispositions, les autres équipements de raccordement aux réseaux publics d'électricité, notamment les ouvrages d'extension ou de branchement en basse tension, et, le cas échéant, le renforcement des réseaux existants, ont le caractère d'équipements publics.

25. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement de l'avis de l'opérateur Enedis en date du 8 février 2022 que, pour une puissance de raccordement demandée de 400 kilovoltampères triphasé, le raccordement du terrain d'assiette au réseau public d'électricité nécessite " la création de deux nouveaux départs BT de 2x70 mètres " depuis un poste transformateur existant, pour un coût de 14 491,08 euros. Cet avis précise alors que la longueur de l'extension du réseau est de " 70 mètres en dehors du terrain d'assiette de l'opération ". Ainsi, ces travaux qui, contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, n'excèdent pas cent mètres tel que le rappelle l'opérateur Enedis dans son avis précité et répondent exclusivement aux besoins du projet, pouvaient être mis à la charge de la société pétitionnaire conformément aux dispositions précitées de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme. A cet effet, il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 6 avril 2022, la société Impasse des Champs s'est engagée à prendre en charge le financement du raccordement au réseau de distribution d'électricité dans les conditions financières et techniques définies par l'avis d'Enedis du 8 février 2022. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de la prise en charge par la société pétitionnaire des travaux de raccordement du terrain d'assiette au réseau public d'électricité en méconnaissance des dispositions de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le raccordement du projet à l'eau potable :

26. D'une part, aux termes du dernier alinéa de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ".

27. D'autre part, aux termes de l'article UB4 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif à la desserte par les réseaux : " () Eau : / Toute construction régulièrement édifiée ou installation autorisée doit être raccordée au réseau public d'eau potable. / () ".

28. En l'espèce, s'il n'est pas contesté par le syndicat requérant que le projet est raccordable au réseau public d'eau potable tel que cela ressort des prescriptions de l'article 4 de l'arrêté attaqué et de l'avis du gestionnaire " Suez " daté du 24 mars 2022, il soutient que la société pétitionnaire ne justifie d'aucun titre l'autorisant à enfuir en tréfonds de l'impasse des champs la canalisation d'eau potable nécessaire pour desservir le projet en eau potable. Toutefois, il résulte des dispositions citées au point 25 que les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, sont toujours accordées sous réserve des droits des tiers et aucune disposition du code de l'urbanisme n'impose aux pétitionnaires de justifier, dans leurs demandes d'autorisations d'urbanisme, des autorisations éventuellement nécessaires sur le fondement du droit privé pour assurer le raccordement aux réseaux publics des ouvrages projetés. Ainsi, la circonstance que le pétitionnaire n'ait pas justifié de la servitude de tréfonds en vertu de laquelle il prévoit d'effectuer le raccordement du bâtiment au réseau public d'eau potable est sans incidence sur le respect des dispositions de l'article UB 4 du plan local d'urbanisme. Par suite, ce moyen droit être écarté.

29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par le syndicat requérant tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 avril 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'annulation de la décision résultant du silence gardé par le maire de Vallauris Golfe-Juan sur le recours gracieux daté du 10 juin 2022, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Vallauris Golfe-Juan et par la société pétitionnaire.

Sur les frais liés au litige :

30. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vallauris Golfe-Juan et de la société Impasse des Champs, qui ne sont pas les parties perdantes dans cette instance, la somme que le syndicat requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas non plus lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat requérant la somme demandée par la commune de Vallauris Golfe-Juan au titre de ces mêmes frais dès lors qu'elle n'est pas représentée par un avocat et ne justifie pas de frais particuliers de procédure.

31. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du syndicat requérant une somme de 1 500 euros à verser à la société Impasse des Champs au titre des frais exposés par cette dernière et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de la copropriété Villa Romana est rejetée.

Article 2 : Le syndicat des copropriétaires de la copropriété Villa Romana versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à la société Impasse des Champs en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Vallauris Golfe-Juan en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de la copropriété Villa Romana, à la commune de Vallauris Golfe-Juan et à la société civile de construction vente Impasse des Champs.

Délibéré après l'audience du 10 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bonhomme, président,

Mme Soler, conseillère,

M. Holzer, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2023.

Le rapporteur,

Signé

M. HOLZER

Le président,

Signé

T. BONHOMME

La greffière,

Signé

O. MOULOUD

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

N°2204295

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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