vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204466 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M.Myara |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2211910 du 15 septembre 2022, le président du tribunal administratif de Nantes a renvoyé au tribunal administratif de Nice la requête de Mme B C.
Par cette requête et des mémoires enregistrés le 13 septembre 2022, le 6 décembre 2022, le 14 juillet 2023, le 29 août 2023, et par un mémoire enregistré le 17 septembre 2024 qui n'a pas été communiqué, Mme C, demande au tribunal, dans ses dernières écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique (Centre d'expertise ressources titres échanges de permis de conduire étrangers) a rejeté sa demande tendant à l'échange de son permis de conduire contre un permis de conduire français ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 4020 euros au titre des préjudices qu'elle a subis ;
Elle soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'au regard de son état de santé, sa demande n'était pas tardive ; elle a subi du fait de l'illégalité de cette décision des préjudices qu'elle évalue à la somme de 4 020 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 novembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique (Centre d'expertise ressources titres échanges de permis de conduire étrangers) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen soulevé par la requérante est infondé.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Albert Myara, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 septembre 2024 :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Mme C ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, a demandé le 8 mai 2021 l'échange de son permis de conduire délivré par les autorités canadiennes contre un permis de conduire français. Par une décision du 9 juin 2022 le préfet de la Loire-Atlantique (Centre d'expertise ressources titres échanges de permis de conduire étrangers) a rejeté sa demande. Par une décision du 15 février 2022, le préfet a rejeté sa demande au motif qu'elle était tardive. Mme C demande l'annulation de cette décision et la réparation des préjudices résultant de l'illégalité de cette dernière.
2. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3". Aux termes du I de l'article 5 de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen applicable à la date de la décision attaquée : " I. - Pour être échangé contre un titre français, tout permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit répondre aux conditions suivantes : A. - Avoir été délivré au nom de l'Etat dans le ressort duquel le conducteur avait alors sa résidence normale, sous réserve qu'il existe un accord de réciprocité entre la France et cet Etat conformément à l'article R. 222-1 du code de la route. () " . Aux termes de l'article 4 du même arrêté : " I. - Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. ; / II () B. - Pour les Français, y compris ceux possédant également la nationalité de l'État ayant délivré le titre, la résidence normale en France est présumée, à charge pour eux d'apporter la preuve contraire. / () Les documents constitutifs de la preuve demandée au B et au C du II du présent article sont ceux prévus au D du II de l'article 5 ".
3. Mme C se prévaut de la circonstance qu'elle a contracté le virus du Covid 19 en décembre 2019 avant d'être affectée par un Covid long. Elle produit notamment à l'appui de ses allégations une attestation de suivi thérapeutique par une psychologue depuis le mois de mars 2022 et un certificat médical établi par un médecin généraliste du 25 février 2022 faisant état d'un état de " fatigue intense ne permettant pas de réaliser ses démarches administratives " ains que de fascicules de l'organisation mondiale de la santé (OMS), de la caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) et de l'académie de médecine. Toutefois, ces documents ne démontrent pas qu'elle aurait été empêchée d'effectuer sa demande par le biais de la procédure dématérialisée mise en place depuis l'année 2020 sur le site de l'Agence nationale des titres sécurisés ou de solliciter l'assistance d'un travailleur social. Elle ne peut davantage faire valoir que la prise en charge du Covid long a dû attendre l'entrée en vigueur de la loi n° 2022-53 du 24 janvier 2022 visant à la création d'une plateforme de référencement et de prise en charge des malades chroniques de la covid-19. Dans ces conditions, l'autorité compétente n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que la demande d'échange de permis présentée par Mme C était tardive dès lors qu'elle était présentée à l'appui d'un justificatif attestant de sa résidence en France depuis le mois de novembre 2019, soit au-delà du délai d'un an prévu par les dispositions précitées de l'article 4 de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme C tendant à l'annulation de la décision du 9 juin 2022 doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence et en l'absence de faute commise par l'administration, des conclusions indemnitaires de la requête qui en tout état de cause, sont irrecevables en l'absence de demande préalable indemnitaire.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
A. ALa greffière,
signé
S. GENOVESE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier.
N°2204466
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026