jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204485 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2022, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite en date du 19 juillet 2022 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité a rejeté sa demande d'autorisation préalable d'entrée en formation d'agent de sécurité privé ;
2°) d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer l'autorisation préalable sollicitée.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'un défaut de motivation et méconnaît son droit à la formation professionnelle prévu à l'article L. 6111-1 du code du travail ;
- l'autorisation qu'il sollicite lui est indispensable pour se réinsérer professionnellement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 avril 2024, le conseil national des activités privées de sécurité, pris en la personne de son directeur en exercice, conclut au rejet de la requête, aucun moyen n'étant fondé.
Par ordonnance du 2 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 17 avril 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 12 septembre 2024 :
- le rapport de Mme Cueilleron ;
- les conclusions de M. Combot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 19 mai 2022, M. A B a sollicité la délivrance de l'autorisation préalable requise en application de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure pour accéder à une formation professionnelle d'agent de sécurité privée. Il demande au Tribunal l'annulation de la décision implicite de rejet en date du 19 juillet 2022 résultant du silence gardé par le conseil national des activités privées de sécurité (ci-après " CNAPS ") sur sa demande, ainsi qu'il soit enjoint au CNAPS de lui délivrer l'autorisation préalable sollicitée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier en date du 15 septembre 2022, M. B a sollicité la communication des motifs de la décision implicite née le 19 juillet 2022. Le CNAPS y a répondu dans le délai d'un mois par un courrier daté du 14 octobre 2022, notifié le 18 octobre 2022, exposant les considérations de droit et de fait fondant la décision litigieuse, notamment la condamnation du requérant le 28 juin 2011 par le tribunal correctionnel de Grasse à six mois d'emprisonnement délictuel, à une amende de 5 000 euros pour des faits de dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ou administrative entrainant des recherches inutiles et des faits de tentative d'escroquerie. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le requérant ne peut utilement soulever la méconnaissance de son droit à la formation professionnelle prévu à l'article L. 6111-1 du code du travail à l'encontre de la décision attaquée, laquelle a trait à une formation soumise à autorisation préalable.
5. En troisième lieu, en se bornant à indiquer que la décision litigieuse ferait obstacle à sa réinsertion professionnelle et à ses efforts pour retrouver une vie normale, et que le financement du coût du complément de cette formation aurait fait l'objet d'un accord de Pôle emploi sur ce financement, le requérant, qui ne conteste nullement la matérialité des faits qui lui sont reprochés par le CNAPS, n'invoque aucun moyen susceptible de remettre en cause utilement la légalité de la décision litigieuse.
6. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Il y a dès lors lieu de rejeter tant les conclusions à cette fin que les conclusions de la requête formées aux fins d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au conseil national des activités privées de sécurité.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
M. Holzer conseiller ;
Mme Cueilleron, conseillère ;
Assistés de Mme Martin, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
S. Cueilleron
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
C. Martin La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
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