lundi 4 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204486 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GROUPEMENT D'AVOCATS GAIA |
Vu les procédures suivantes :
Procédure antérieure
Par une jugement n°1903581 du 24 février 2022, la 2ème chambre du tribunal administratif de Nice a rejeté, pour défaut d'intérêt à agir, la requête de M. J I et autres tendant à l'annulation de la délibération du 24 janvier 2019 par laquelle le conseil municipal de Contes a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux à l'encontre de ladite délibération et, à titre subsidiaire, à la condamnation de la commune de Contes à leur verser la somme de 3 000 euros.
Par un arrêt n° 22MA01219 du 15 septembre 2022, la cour administrative d'appel de Marseille a annulé le jugement n°1903581 de la 2ème chambre du tribunal administratif de Nice et a renvoyé l'affaire devant ce même tribunal pour qu'il soit statué sur la requête de M. J I et autres.
Procédure devant le tribunal
Par une requête initialement enregistrée devant le tribunal de Nice le 19 juillet 2019 sous le n°1903581, et un mémoire enregistré le 6 mai 2025 sous le n°2204486 après renvoi de la cour administrative d'appel de Marseille, M. J I, Mme R Y, Mme C Q, M. G AB, M. H AB, Mme C T, M. O U, M. E W, M. AA W, Mme N D, M. H M, M. A X, Mme Z B, Mme K B, M. F AD, Mme AC S, M. P L, Mme C AF, représentés par Me Barbaro, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 24 janvier 2019 par laquelle le conseil municipal de Contes a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux à l'encontre de ladite délibération ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Contes une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-leur requête est recevable et ils ont un intérêt à agir ;
- les conseillers municipaux n'ont pas été destinataires d'une information suffisante au sens de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales ;
- l'enquête publique complémentaire est entachée de multiples irrégularités
- le rapport du commissaire enquêteur est entaché d'insuffisances ;
- le zonage retenu par le plan local d'urbanisme est en contradiction avec le rapport de présentation ;
- le plan local d'urbanisme approuvé est en contradiction avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables;
- les recommandations émises par la commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers dans son avis n'ont pas été respectées ;
- le plan est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne le classement de certaines parcelles en zone agricole ;
- l'urbanisation de la zone " UD " ne se fait pas en continuité de l'urbanisation de sorte que le plan local d'urbanisme méconnaît la loi montagne et l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne le classement des parcelles AM n°18, AM n°152, AM n° 41, AM n° 55, AM n°123, AEn°3, BD n° 141, BD n°154, BD n° 269, BD n° 131, BD n°108, BD n°110, BD n°128, B0 n°24, BD n°91, BD n°153, BB n° 57, BB n°61, CA n°28, CA n°29, CA n°30, CA n°32, BR n°43, BR n°44, CA n°1 et CA n°2 en zone naturelle ;
- et ledit plan est enfin entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne la création de corridors écologiques sur le territoire de la commune.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 avril 2021 et 30 mai 2025, la commune de Contes, prise en la personne de son maire en exercice et représentée par Me Peru, conclut dans le dernier état de ses écritures au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants d'une somme de 5 000 euros au titre des frais liés au litige.
La commune fait valoir que :
- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont au demeurant pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'urbanisme ;
-le code général des collectivités territoriales ;
-le code de l'environnement
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 juin 2025 :
- le rapport de Mme Cueilleron ;
- les conclusions de M. Holzer rapporteur public,
- les observations de Me Barbaro, représentant les requérants, et de M. V, maire de Contes.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 24 janvier 2019, le conseil municipal de la commune de Contes a approuvé le plan local d'urbanisme (ci-après " PLU ") de la commune. M. J I, Mme R Y, Mme C Q, M. G AB, M. H AB, Mme C T, M. O U, M. E W, M. AA W, Mme N D, M. H M, M. A X, Mme Z B, Mme K B, M. F AD, Mme AC S, M. P L et Mme C AF demandent au tribunal l'annulation cette délibération, ensemble de la décision de rejet implicite de leur recours gracieux formé le 21 mars 2019 à l'encontre de la délibération en cause.
En ce qui concerne l'intérêt à agir des requérants :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ".
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant, le cas échéant, les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. En l'espèce, dès lors que la présente requête porte sur une demande collective, l'intérêt à agir de M. J I, lequel produit un titre de propriété de plusieurs parcelles de la commune de Contes concernées par le PLU litigieux, suffisait à ce qu'une telle demande collective soit recevable. Par suite, la circonstance invoquée par la commune de Contes selon laquelle certains requérants n'apportent aucun élément précis de nature à justifier de leur intérêt à agir, est, en tout état de cause, sans incidence sur la recevabilité de la présente requête.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisante information des conseillers municipaux :
5. Aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal ". Il résulte de ces dispositions que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du même code, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
6. Il ressort des pièces du dossier que la convocation adressée aux élus du conseil municipal de Contes le 18 janvier 2019 comportait un ordre du jour, lequel faisait explicitement état de l'approbation du PLU communal. Il ressort également de ces pièces qu'une note explicative de synthèse a été adressée aux élus en vue de la séance du 24 janvier 2019 au cours de laquelle a été approuvé le PLU. Toutefois, cette note de synthèse envoyée aux membres du conseil municipal de Contes se borne à rappeler la procédure d'élaboration de ce plan et à mentionner l'organisation de deux enquêtes publiques ainsi que le sens favorable de l'avis émis par le commissaire enquêteur sur le projet de plan. Cette note de synthèse, qui ne comporte aucune explication relative aux choix ayant présidé à l'approbation du PLU et à la portée des modifications apportées à la suite des avis émis par les personnes publiques associées et des observations du public et du premier avis du commissaire enquêteur, ayant ainsi justifié l'organisation d'une enquête publique complémentaire par la commune, n'éclaire pas sur le sens et la portée du document soumis au vote des conseillers municipaux. Si cette note indique que toutes les pièces constitutives du PLU, ainsi que ses annexes et les pièces administratives sont transmises aux élus par voie électronique et si la commune verse à l'appui de ses écritures en défense les pièces jointes qui ont été adressés aux conseillers en vue de la séance du conseil municipal via le site de partage de documents " we transfer ", elle n'établit pas la date de cette communication. Dans ces conditions, la circonstance que la note explicative de synthèse et les courriers électroniques de convocation faisaient référence à des documents relatifs au PLU qui auraient été transmis aux conseillers municipaux en vue de l'approbation du PLU ne suffit pas à regarder l'obligation résultant de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales comme remplie. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'insuffisance du contenu de la note de synthèse aurait ainsi pu être palliée par la référence à d'autres éléments figurant dans le dossier de la délibération du conseil municipal du 24 janvier 2019 arrêtant le projet du PLU. Il ressort toutefois des documents versés par la commune de Contes qu'une nouvelle délibération, portant approbation du PLU de Contes, a été adoptée par le conseil municipal de la commune le 5 mai 2022. Il en ressort également que les membres de l'assemblée délibérante, régulièrement convoqués, ont reçu, préalablement à cette séance, la note de synthèse présentant les objectifs de l'approbation du PLU, la phase de concertation et son bilan, les consultations effectuées auprès des personnes publiques associées, l'enquête publique, s'agissant notamment des observations formulées et de la teneur de l'avis du commissaire-enquêteur, mentionnant les modifications apportées au document d'urbanisme après l'enquête publique et en particulier l'organisation d'une enquête publique complémentaire, ainsi que le sens du second avis émis par le commissaire-enquêteur et, enfin, les modifications apportées au document d'urbanisme après cette enquête publique complémentaire. Dans ces conditions, et au regard du contenu de cette note de synthèse, les élus du conseil municipal doivent être considérés comme ayant bénéficié d'une information suffisante. Ainsi, la délibération du 5 mai 2022 doit être regardée comme ayant régularisé la délibération du 24 janvier 2019 en ce qui concerne l'information des membres du conseil municipal. Par suite, le moyen susmentionné doit être écarté.
En ce qui concerne la régularité de l'enquête publique complémentaire :
7. Aux termes de l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire ". Aux termes de l'article L. 153-21 dudit code : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : () / 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8 ". Il résulte de ces dispositions que le projet de plan local d'urbanisme ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et procèdent de ladite enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête publique les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête publique.
8. Aux termes de l'article L. 123-14du code de l'environnement : " I.- Pendant l'enquête publique, si la personne responsable du projet, plan ou programme visé au I de l'article L. 123-2 estime nécessaire d'apporter à celui-ci, à l'étude d'impact ou au rapport sur les incidences environnementales afférent, des modifications substantielles, l'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête peut, après avoir entendu le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête, suspendre l'enquête pendant une durée maximale de six mois. Cette possibilité de suspension ne peut être utilisée qu'une seule fois () / II. - Au vu des conclusions du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, la personne responsable du projet, plan ou programme visé au I de l'article L. 123-2 peut, si elle estime souhaitable d'apporter à celui-ci des changements qui en modifient l'économie générale, demander à l'autorité organisatrice d'ouvrir une enquête complémentaire portant sur les avantages et inconvénients de ces modifications pour le projet et pour l'environnement. Dans le cas des projets d'infrastructures linéaires, l'enquête complémentaire peut n'être organisée que sur les territoires concernés par la modification. / Dans le cas d'enquête complémentaire, le point de départ du délai pour prendre la décision après clôture de l'enquête est reporté à la date de clôture de la seconde enquête () ". Et aux termes de l'article R. 123-23 dudit, code dans sa version applicable au litige : " Lorsqu'une enquête complémentaire est organisée conformément au II de l'article L. 123-14, elle porte sur les avantages et inconvénients des modifications pour le projet et pour l'environnement. L'enquête complémentaire, d'une durée de quinze jours, est ouverte dans les conditions fixées aux articles R. 123-9 à R. 123-12. / Le dossier d'enquête initial est complété dans ses différents éléments, et comprend notamment : / 1° Une note expliquant les modifications substantielles apportées au projet, plan ou programme, à l'étude d'impact, l'étude d'incidence environnementale mentionnée à l'article L. 181-1 ou au rapport sur les incidences environnementales ; / 2° Lorsqu'ils sont requis, l'étude d'impact, l'étude d'incidence environnementale mentionnée à l'article L. 181-1 ou le rapport sur les incidences environnementales intégrant ces modifications, ainsi que, le cas échéant, l'avis de l'autorité environnementale mentionné aux articles L. 122-1 et L. 122-7 du présent code ou à l'article L. 104-6 du code de l'urbanisme portant sur cette évaluation environnementale actualisée et les avis des collectivités territoriales et de leurs groupements consultés en application du V de l'article L. 122-1. / L'enquête complémentaire est clôturée dans les conditions prévues à l'article R. 123-18. / Dans un délai de quinze jours à compter de la date de clôture de l'enquête complémentaire, le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête joint au rapport principal communiqué au public à l'issue de la première enquête un rapport complémentaire et des conclusions motivées au titre de l'enquête complémentaire. Copies des rapports sont mises conjointement à la disposition du public dans les conditions définies à l'article R. 123-21 ".
9. Premièrement, si les requérants font valoir que le projet de PLU litigieux aurait dû être modifié avant l'enquête publique complémentaire suite à l'avis de la commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (ci-après, " CDPNAF ") notifié à la commune le 11 décembre 2017 par un courrier du préfet des Alpes-Maritimes, ce moyen est cependant inopérant dès lors que les auteurs d'un PLU ne sont pas liés par la teneur des avis des personnes publiques associées à son élaboration. Par suite, cette branche du moyen susmentionné doit être écartée.
10. Deuxièmement, il ressort des pièces du dossier que, par délibération du 9 juillet 2018, le conseil municipal de Contes a décidé de modifier le projet de PLU et diligenté une enquête publique complémentaire sur le fondement du II de l'article L. 123-14 du code de l'environnement précité, afin de tenir compte de certaines demandes formulées par le public et les personnes publiques associées ainsi que du rapport et des conclusions motivées du commissaire enquêteur. Il ressort également de ce rapport que l'organisation de cette enquête publique complémentaire a eu pour objet de porter sur les modifications approuvées par la délibération du 9 juillet 2018 apportées au projet de PLU initial, lesquelles consistent principalement en une réduction des zones constructibles et agricoles et un accroissement des zones naturelles, modifications qui n'ont pas porté sur l'ensemble du PLU, contrairement à ce que soutiennent les requérants, et résultent des avis des acteurs consultés, dont le CDPNAF, ainsi que des observations du public et du commissaire-enquêteur, sans remettre en cause les partis d'aménagement du plan et en respectant les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables (ci-après, " PADD "). Dans ces conditions, et alors que la seule transformation, dont se prévalent les requérants, de 13 hectares de terrain initialement classé en zone " UD " au profit d'un classement en " zone naturelle ", superficie concernée représentant moins de 1% du territoire communal, ne saurait être regardée comme remettant en cause l'économie générale du PLU projeté, les requérants n'établissent pas la nécessité de procéder non pas à une enquête publique complémentaire mais à une nouvelle enquête publique. Par suite, cette branche du moyen susmentionné doit également être écartée.
11. Troisièmement, les requérants soutiennent que le conseil municipal de Contes a approuvé trois modifications du PLU par délibération du 18 octobre 2018, à savoir la création d'une zone NE à la Pignatière en vue d'implanter un parking public, la création d'une zone UZa en remplacement d'une zone UE pour y créer des locaux d'activités pour artisans, et l'agrandissement de deux espaces contigus de mixité sociale pour permettre l'édification d'un établissement d'accueil de jeunes handicapés sans diminution des possibilités de construction de logements sociaux, et que ces modifications n'ont pas fait l'objet de l'enquête publique complémentaire susmentionnée, qui s'est d'ailleurs poursuivie postérieurement à l'adoption de ladite délibération. Toutefois, ces modifications constituent de simples ajustements apportés au projet de PLU et non des modifications substantielles remettant en cause l'économie générale dudit plan, justifiant la tenue d'une nouvelle enquête publique, initiale ou complémentaire. Par suite, cette branche du moyen susmentionné doit également être écartée.
12. Quatrièmement, les requérants font valoir que la commune n'aurait pas respecté les dispositions précitées de l'article R. 123-23 du code de l'environnement faute d'avoir produit une note détaillant les modifications apportées au PLU dans le dossier d'enquête complémentaire. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la commune de Contes a rédigé une " note explicative expliquant les raisons de cette enquête complémentaires et les évolutions du projet de PLU ", cette dernière détaillant les modifications apportées au projet de révision du PLU, et que cette note était annexée au rapport du commissaire enquêteur concernant l'enquête publique complémentaire et à ce titre accessible à tous sur le site de la commune. Si les requérants contestent le contenu de cette note en indiquant qu'elle reprendrait simplement les modifications correspondantes aux demandes de la CDPNAF et serait muette sur les avantages et les inconvénients des modifications, ils ne l'établissent pas alors même que ladite note contient les observations des personnes publiques associées prises en compte dans le nouveau projet de PLU, les observations du public, la motivation des modifications proposées et les impacts de ces modifications sur les différents éléments du PLU à l'aide de pièces écrites et graphiques. Par suite, cette branche du moyen susmentionné doit également être écartée.
13. Cinquièmement, d'une part, les requérants font valoir que la commune n'aurait pas respecté les dispositions de l'article R. 123-23 du code de l'environnement dès lors que la durée légale de l'enquête publique complémentaire aurait dépassé les quinze jours prévus par ces dispositions et que les rapports d'enquête publique et de l'enquête complémentaire auraient été fusionnés en méconnaissance des dispositions précitées. Toutefois, la durée prévue par l'article R. 123-23 étant une durée minimale, il était libre à l'autorité compétente de fixer une durée plus longue que celle exigée par les textes. En outre, si les requérants soutiennent que les rapports des enquêtes initiales et complémentaire ont été fusionnés, cette circonstance ne saurait être constitutive d'une illégalité dès lors qu'il est constant que deux rapports du commissaire enquêteur ont été produits, l'un dans le cadre de l'enquête publique initiale, et un autre ,distinct, dans le cadre de l'enquête publique complémentaire. D'autre part, en se bornant à soutenir que le rapport complémentaire du commissaire enquêteur n'a pas été rédigé dans un délai de quinze jours, les requérants ne peuvent être regardés comme contestant utilement la légalité de la procédure d'enquête publique complémentaire au regard des exigences imposées par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 123-23 du code de l'environnement, dès lors, en particulier, que les dispositions de l'article R. 123-18 du code de l'environnement, lesquelles prévoient les conditions dans lesquelles intervient la clôture de l'enquête publique complémentaire, clôture qui est à seule susceptible d'entrainer le déclenchement du délai de quinze jours mentionné par le dernier alinéa de l'article R. 123-23 du code de l'urbanisme, ont été respectées. Par suite, cette branche du moyen susmentionné doit également être écartée.
14. Sixièmement, aux termes du second alinéa de l'article L. 123-9 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le conseil municipal arrête le projet de plan local d'urbanisme. Celui-ci est alors soumis pour avis aux personnes publiques associées à son élaboration ainsi que, à leur demande, aux communes limitrophes, aux établissements publics de coopération intercommunale directement intéressés, ainsi qu'à l'établissement public chargé d'un schéma de cohérence territoriale dont la commune est limitrophe, lorsqu'elle n'est pas couverte par un tel schéma. Ces personnes donnent un avis dans les limites de leurs compétences propres, au plus tard trois mois après transmission du projet de plan ; à défaut, ces avis sont réputés favorables ". Aux termes de l'article L. 123-10 du même code : " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou, dans le cas prévu par le deuxième alinéa de l'article L. 123-6, le maire. Le dossier soumis à l'enquête comprend, en annexe, les avis recueillis en application des articles L. 121-5, L. 123-8, L. 123-9, et, le cas échéant, du premier alinéa de l'article L. 123-6.(). Etaux termes de l'article L. 32-10 dudit code : " A l'initiative de l'autorité chargée de l'élaboration du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d'urbanisme, ou à la demande de l'autorité administrative compétente de l'Etat, les services de l'Etat sont associés à l'élaboration du schéma ou du plan". Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'il appartient à une commune souhaitant modifier son projet de PLU avant l'ouverture de l'enquête publique, notamment pour tenir compte de l'avis rendu par une personne publique associée à son élaboration, de consulter à nouveau l'ensemble des personnes publiques associées, afin que le dossier soumis à l'enquête publique comporte des avis correspondant au projet modifié que, toutefois, l'omission de cette nouvelle consultation n'est de nature à vicier la procédure et à entacher d'illégalité la décision prise à l'issue de l'enquête publique que si elle a pu avoir pour effet de nuire à l'information du public ou si elle a été de nature à exercer une influence sur cette décision.
15. En l'espèce, les requérants font valoir que l'enquête publique complémentaire n'aurait pas donné lieu à une nouvelle saisine des personnes publiques associées à l'élaboration du PLU. Toutefois, il ressort du rapport d'enquête du commissaire enquêteur sur l'enquête publique complémentaire que " les modifications proposées dans l'enquête publique complémentaire sont relatives à la plupart des sujets qui avaient fait l'objet d'observations pendant l'enquête principale ", et il ressort par ailleurs des pièces du dossier que la commune a donné une suite favorable aux avis des autorités publiques associées sur le projet de modification du PLU, notamment la CDPENAF, la chambre d'agriculture, la chambre de commerce et d'instrurie, la mission régionale d'autorité environnementale et la direction départementale des territoires et de la mer de la préfecture des Alpes-Maritimes. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni n'est au demeurant établi par les requérants, que l'absence de nouvelle consultation des personnes publiques associées à l'élaboration du PLU aurait constitué une irrégularité. Par suite, cette branche du moyen susmentionné doit également être écartée.
En ce qui concerne le moyen tiré des insuffisances du rapport du commissaire-enquêteur :
16. Aux termes de l'article R. 123-19 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. / () ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au commissaire enquêteur d'indiquer, au moins sommairement, en donnant son avis personnel, les raisons qui déterminent le sens de ses conclusions.
17. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le commissaire enquêteur a, dans les rapports et conclusions motivées réalisés à la suite de l'enquête publique initiale et de l'enquête publique complémentaire, rappelé les conditions de l'organisation de l'enquête, le contenu des avis des personnes publiques associées à l'élaboration du PLU ainsi que les observations du public auxquelles il a répondu. Il ressort également des conclusions motivées rendues à la suite de l'enquête publique initiale que le commissaire enquêteur s'est prononcé favorablement au PLU envisagé, en assortissant son avis de trois réserves et en exprimant son avis personnel sur les partis retenus du projet de plan au regard notamment des observations du public exprimées au cours de l'enquête. Il ressort également des conclusions motivées rendues à la suite de l'enquête publique complémentaire que le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable au projet de plan, sans réserve ni recommandation, en faisant état, de manière synthétique, des raisons qui ont déterminées son avis. Si les requérants soutiennent que le commissaire enquêteur n'aurait pas diligemment répondu aux observations émises par les particuliers, il ressort toutefois des pièces du dossier que le commissaire enquêteur a apporté des réponses précises et argumentées aux observations émises en se référant aux dispositions d'urbanisme applicables. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
En ce qui concerne la conformité du zonage du PLU avec le rapport de présentation du PLU :
18. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / () ".
19. En l'espèce, les requérants soutiennent que le zonage du règlement du PLU litigieux, en ce qu'il prévoit la réduction des zones constructibles au profit des zones agricoles ou naturelles, aura pour effet d'accroitre le mitage sur la commune et de créer des poches urbaines en discontinuité d'urbanisation et ce en méconnaissance du rapport de présentation de PLU. Il ressort dudit rapport de présentation, accessible à tous sur le site internet de la commune, que les rédacteurs du PLU, après avoir constaté une modification des paysages caractéristiques du patrimoine naturel et culturel montagnard de la commune consécutive à l'extension urbaine de ces dernières années, ont souhaité prévoir un meilleur équilibre territorial entre les espaces urbains, les espaces agricoles et les espaces naturels et une meilleure prise en compte de la valeur paysagère et écologique de ces espaces, se traduisant par une diminution des zones constructibles. De même, le schéma de cohérence territoriale (ci-après, " SCOT ") du Pays des Paillons intègre la protection de l'environnement comme orientation générale avec notamment la prise en compte des corridors écologiques, de la trame verte, des milieux et espaces remarquables ainsi que de la préservation des espaces paysagers sensibles et de la mise en place de zones tampons pour promouvoir l'alternance ville/espace naturel. De même, le projet d'aménagement et de développement durable (ci-après, " PADD ") a fixé les orientations générales la préservation du patrimoine naturel, agricole et forestier local à protéger et des continuités écologiques à préserver, ainsi qu'une maitrise du développement urbain et une modération de la consommation de l'espace et une lutte contre l'étalement urbain. Ainsi, le rapport de présentation s'inscrit dans ces orientations et objectifs en prévoyant notamment la maitrise des surfaces urbanisables, la densification des zones déjà construites, la pérennisation et la préservation du patrimoine paysager naturel, la conservation des espaces de nature en ville, véritable lien avec les grands espaces verts naturels, ainsi que le maintien du caractère naturel de zones tampons. Si, comme indiqué par les requérants, le rapport de présentation prévoit une cartographie indicative des terrains vierges potentiellement constructibles, ce recensement d'espaces potentiellement constructibles n'est pas en contradiction avec le reste du rapport dès lors qu'il exclut des terrains situés dans une zone d'aléa fort, dans un périmètre environnemental ou reconnu d'intérêt paysager. Ainsi, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la volonté de développer des projets dans certaines zones ciblées par le rapport de présentation ne signifie pas que ces dernières doivent être entièrement urbanisées. Ainsi, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, les choix des rédacteurs du PLU ne sont nullement en contradiction avec le parti d'urbanisation et les objectifs énoncés dans le rapport de présentation, qui tendent à préserver l'espace agricole et forestier et à éviter d'étendre l'urbanisation. Enfin, si les requérants soutiennent que l'incompatibilité du zonage du PLU avec la rapport de présentation découlerait aussi du SCOT du pays des Paillons, lequel classerait le quartier AE " en zone urbanisée, cette circonstance ne saurait à elle seule écarter toute possibilité pour les auteurs du PLU de classer des parcelles appartenant audit quartier au sein de zone autre qu'une zone urbaine, et elle ne révèle en tout état de cause aucune incohérence entre le rapport de présentation et le règlement du PLU. Par suite, le moyen susmentionné doit être écarté.
En ce qui concerne la conformité du PLU avec le PADD :
20. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durable, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".
21. Pour apprécier la cohérence entre le règlement du PLU et le PADD, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du PLU à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
22. En premier lieu, les requérants soutiennent que le classement en zone naturelle des secteurs du Bauderic, AE et de Les Vallières serait incohérent avec l'orientation n° 3 du PADD. Il ressort de la lecture du PADD, accessible à tous sur le site internet de la commune, que ses auteurs ont fait le choix d'un développement maîtrisé des surfaces urbanisables et d'une densification des zones déjà construites, ainsi que de la préservation du patrimoine paysager naturel avec la conservation des espaces de nature en ville et le maintien du caractère naturel de zones tampons, en limitant ainsi la constructibilité de ces zones. En outre, l'orientation n° 3 du PADD, intitulée " maitriser le développement urbain et assurer une offre en logements diversifiée favorisant la mixité sociale ", fixe comme objectif de " permettre le développement de l'urbanisation en cohérence avec les espaces urbains existants " qui pourra être atteint en " maitrisant [notamment] l'urbanisation dans les espaces d'habitats diffus à forte valeur paysagère ", ce qui est le cas des secteurs du Bauderic, AE et de Les Vallières. Par suite, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le classement en zone naturelle de ces trois secteurs est cohérent avec l'orientation n° 3 du PADD. En outre, si les requérants soutiennent que le PLU litigieux va accroitre le mitage au sein de la commune ils ne l'établissent pas. De même, s'ils se prévalent de la mention dans le rapport de présentation du PLU de la présence d'un réseau de voies secondaires permettant la desserte de ces quartiers, cette mention ne signifie pas que la zone à vocation à devenir entièrement urbanisée. Par suite, la première branche du moyen susmentionné doit être écartée.
23. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que le classement en zone N des zones de restanque de la commune serait incompatible avec les objectifs du PADD concernant la protection et la mise en valeur du patrimoine paysager, ils ne l'établissent pas, se bornant à l'affirmer sans invoquer de disposition précise du PADD, lequel fixe en tout état de cause comme première orientation générale celle consistant à " assurer un aménagement du territoire harmonieux et durable ", passant par la poursuite de l'objectif consistant à " identifier et préserver les éléments du patrimoine urbain et paysager porteur de l'identité communale ", parmi lesquels y figurent les restanques. Par suite, la deuxième branche du moyen susmentionné doit être écartée.
24. En troisième lieu, les requérants soutiennent que la création par le PLU de zones naturelles au sein de zones péri urbaines, ou à proximité de zones en forte croissance d'urbanisation comme les secteurs Baudaric et les Vallières, méconnaitrait l'orientation n°1 de protection des personnes et des biens au regard des risques naturels prévisibles du PADD qui implique " d'identifier et gérer les secteurs exposés, ou susceptibles de l'être, à des phénomènes de risques naturels (inondation, mouvement de terrain, incendies de forêt) ", ils ne l'établissent pas, alors qu'il ressort au contraire du règlement du PLU que les secteurs précités Baudaric et les Vallières sont classés en zone UD, dans laquelle est justement prévue une forte limitation de l'emprise au sol des construction afin de créer des zones tampons pour diminuer le risque de feux de forêts: " l'emprise au sol des constructions est fixée à 9% de la totalité de l'unité foncière. La limitation du développement urbain sur les coteaux boisés et les hameaux excentrés impactera positivement la gestion du risque feux de forêts ". En outre, concernant les risques d'inondation des zones urbaines invoqués par les requérants " dans le lit historique du Paillon ", il ressort du rapport de présentation du PLU que ce dernier respecte les prescriptions du plan de prévention des risques d'inondation (" PPRI "), du plan de gestion des risques inondations du bassin Rhône Méditerranée et prend en compte le " Contrat de rivières des Paillon ", lequel prévoit que la majorité de vallons et ravins de la commune sont préservés de toute construction nouvelle par un zonage N et/ou EBC ou éléments de paysage à protéger afin de préserver toute urbanisation des espaces qui peuvent être des chemins naturels d'écoulement des eaux en cas de ruissellement important. Par suite, la troisième branche du moyen susmentionné doit être écartée.
25. En quatrième lieu, si les requérants soutiennent que le zonage du règlement du PLU au sein des quartiers dit AE, des Vallières et du Baudaric ne permettrait pas la réalisation de lotissements en méconnaissance de l'orientation n°6 du PADD, qui fixe comme objectif de tendre vers 40% non pas uniquement de lotissements mais d'habitats individuels, pouvant être regroupés en lotissements, contre 60% d'habitats intermédiaires ou de petits collectifs, ils ne l'établissent pas, dès lors qu'ils ne se placent notamment pas sur l'ensemble du territoire communal, lequel doit pourtant être pris en compte dans sa globalité. Par suite, la quatrième branche du moyen susmentionné doit être écartée.
26. Enfin en cinquième lieu, si les requérants soutiennent que le zonage du PLU serait également contraire aux recommandations inscrites dans le PADD pour les zones urbaines et péri-urbaine en vue d'économiser la consommation d'espace, ils n'assortissent leurs allégations d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, cette cinquième branche du moyen susmentionné, à la supposer utilement soulevée, doit être écartée.
En ce qui concerne la conformité du PLU avec l'avis de la commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) :
27. Les requérants soutiennent que la CDPENAF a émis un avis défavorable en date du 21 décembre 2021 qui n'aurait pas été suivi par les rédacteurs du PLU litigieux. Toutefois, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier, ni même des allégations des requérants, que le projet de PLU litigieux procèderait à une réduction substantielle de surfaces affectées à des productions bénéficiant d'une appellation d'origine protégée ou à une atteinte substantielle aux conditions de production d'une telle appellation, l'avis de ladite commission ne pouvait être regardé comme étant un avis conforme au regard des dispositions applicables de l'article 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime. Par suite, le moyen susmentionné doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans le classement de certaines parcelles en zone agricole :
28. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ". Aux termes de l'article L. 151-9 dudit code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. () ". Aux termes de l'article R. 123-7 dudit code : "Les zones agricoles sont dites "zones A". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. Les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif et à l'exploitation agricole sont seules autorisées en zone A. Est également autorisé, en application du 2° de l'article R. 123-12, le changement de destination des bâtiments agricoles identifiés dans les documents graphiques du règlement ".
29. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone agricole pour les motifs énoncés à l'article R. 123-7, un secteur qu'ils entendent protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
30. La zone A est définie par le rapport de présentation du projet de PLU de la commune de Contes comme une zone correspondant aux espaces agricoles exploités et aux terrains potentiellement exploitables existants aujourd'hui sur la commune afin de pérenniser et à renforcer l'activité agricole sur le territoire communal. Le SCOT du Pays des Paillons intègre comme objectif la préservation des espaces naturels, forets, massifs et espaces pastoraux. Le PADD a fixé les orientations générales retenues en termes de structuration du territoire de la commune, lesquelles concourent à un aménagement du territoire harmonieux et durable, un patrimoine naturel, agricole et forestier local à protéger et des continuités écologiques à préserver, ainsi qu'une maitrise du développement urbain et une modération de la consommation de l'espace et une lutte contre l'étalement urbain. Afin d'atteindre ces orientations, le PADD fixe plusieurs objectifs, parmi lesquels figurent ceux tendant à préserver et conforter les espaces agricoles, à identifier les terres à vocation agricole existantes ou projetées et grands espaces agricoles et parcelles agricoles isolées en milieux urbain ou naturel, à préserver les espaces agricoles de grande qualité paysagère (restanques, oliveraies), à maintenir et développer les activités agricoles et à contenir l'enveloppe urbaine et assurer un équilibre entre les espaces urbains et les espaces naturels et agricoles.
31. En l'espèce, et d'une part, si les requérants font valoir, sans mentionner des parcelles en particulier, que les quartiers de la Narbonne et de la Goure auraient été classés à tort en zone A alors qu'ils auraient dû être classées en zone EBC du PLU, correspondant à une zone boisée, ils n'apportent aucun élément circonstancié à l'appui de leurs allégations. En tout état de cause, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les quartiers susmentionnés ne présenteraient pas un potentiel pour l'agriculture ou seraient insusceptibles de faire l'objet d'un tel usage comme prévu par les dispositions de la zone A du règlement du PLU. D'autre part, la circonstance alléguée par les requérants que des parcelles auraient été précédemment identifiées comme espace boisé classé ne donne toutefois aucun droit acquis au maintien d'une telle servitude. Par suite, le moyen susmentionné doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de la loi montagne et de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme :
32. Aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions, et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées ". Il résulte de ces dispositions que l'urbanisation en zone de montagne, sans être autorisée en zone d'urbanisation diffuse, peut être réalisée non seulement en continuité avec les bourgs, villages et hameaux existants, mais également en continuité avec les "groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants" et qu'est ainsi possible l'édification de constructions nouvelles en continuité d'un groupe de constructions traditionnelles ou d'un groupe d'habitations qui, ne s'inscrivant pas dans les traditions locales, ne pourrait être regardé comme un hameau. L'existence d'un tel groupe suppose plusieurs constructions qui, eu égard notamment à leurs caractéristiques, à leur implantation les unes par rapport aux autres et à l'existence de voies et de réseaux, peuvent être perçues comme appartenant à un même ensemble. Aux termes de l'article L.122-5-1 du même code : " Le principe de continuité s'apprécie au regard des caractéristiques locales de l'habitat traditionnel, des constructions implantées et de l'existence de voies et réseaux ". Aux termes de l'article L.122-6 du même code : " Les critères mentionnés à l'article L. 122-5-1 sont pris en compte : a) Pour la délimitation des hameaux et groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants en continuité desquels le plan local d'urbanisme ou la carte communale prévoit une extension de l'urbanisation ; b) Pour l'interprétation des notions de hameaux et de groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, lorsque la commune n'est pas dotée d'un plan local d'urbanisme ou d'une carte communale ".
33. Il appartient à l'autorité administrative chargée de se prononcer sur une demande d'autorisation d'occupation ou d'utilisation du sol de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la conformité du projet avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières aux zones de montagne, et il résulte des dispositions des articles L. 131-4 et L. 131-7 de ce code que, s'agissant d'un plan local d'urbanisme, il appartient à ses auteurs de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de sa compatibilité avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières aux zones de montagne, notamment celles de son article L. 122-5. En outre, dans le cas où le territoire concerné est couvert par un schéma de cohérence territorial, cette compatibilité s'apprécie en tenant compte des dispositions de ce document relatives à l'application des dispositions du code de l'urbanisme, sans pouvoir en exclure certaines au motif qu'elles seraient insuffisamment précises, sous la seule réserve de leur propre compatibilité avec ces dernières.
34. En l'espèce, en se bornant à soutenir que le PLU litigieux aurait méconnu l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme et les dispositions de la loi montagne, sans faire état des secteurs et parcelles en cause, les requérants n'assortissent pas le moyen soulevé des précisions suffisantes permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du classement des parcelles AM n°18, AM n°152, AM n° 41, AM n° 55, AM n°123, AEn°3, BD n° 141, BD n°154, BD n° 269, BD n° 131, BD n°108, BD n°110, BD n°128, B0 n°24, BD n°91, BD n°153, BB n° 57, BB n°61, CA n°28, CA n°29, CA n°30, CA n°32, BR n°43, BR n°44, CA n°1 et CA n°2 en zone naturelle :
35. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ". Aux termes de l'article L. 151-9 dudit code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. () ". Aux termes de l'article R. 151-24 dudit code : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classées en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1°) Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturel, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2°) Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3°) Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4°) Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5°) Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ".
36. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés à l'article R. 151-24, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
37. La zone N est définie par le rapport de présentation du projet de PLU de la commune de Contes comme une zone regroupant les grandes entités naturelles identitaires du grand paysage et les réservoirs de biodiversité à protéger, afin d'assurer la préservation des espaces naturels inscrits au SCOT du Pays des Paillons. Le SCOT du Pays des Paillons intègre la protection de l'environnement comme orientation générale avec notamment la prise en compte des corridors écologiques, la trame verte, les milieux et espaces remarquables ainsi que la préservation des espaces paysagers sensibles et la mise en place de zones tampons pour promouvoir l'alternance ville/espace naturel. Le PADD a fixé quant à lui les orientations générales retenues en termes de structuration du territoire de la commune, lesquelles concourent à un aménagement du territoire harmonieux et durable, un patrimoine naturel, agricole et forestier local à protéger et des continuités écologiques à préserver, ainsi qu'une maitrise du développement urbain et une modération de la consommation de l'espace et une lutte contre l'étalement urbain. Afin d'atteindre ces orientations, le PADD fixe plusieurs objectifs, parmi lesquels figurent ceux tendant à assurer un équilibre entre espaces bâtis, espaces d'activités et espaces naturels à préserver, à assurer un développement urbain mesuré et durable par une urbanisation conservant des espaces de respiration et un développement maitrisé dans les quartiers résidentiels, à préserver les réservoirs de biodiversité et les continuités naturelles pour maintenir la richesse faunistique et floristique locale en protégeant les espaces naturels situés à l'interface de l'urbanisation et des zones de nature, maitriser l'urbanisation dans les espaces d'habitat diffus à forte valeur paysagère ou encore contenir l'enveloppe urbaine en assurant un équilibre entre espaces urbains et espaces naturels et agricoles en limitant les surfaces constructibles en les réduisant d'environ 52% et maintenir 65% du territoire en zone naturelle notamment. Le rapport de présentation s'inscrit dans ces orientations et objectifs en prévoyant notamment la maitrise des surfaces urbanisables, la densification des zones déjà construites, la pérennisation et la préservation du patrimoine paysager naturel, la conservation des espaces de nature en ville, véritable lien avec les grands espaces verts naturels, ainsi que le maintien du caractère naturel de zones tampons.
S'agissant des parcelles cadastrées section AM n° 18 et AM n°152 :
38. Les requérants font valoir que les parcelles classées AM 18 et AM 152 ont été classées à tort en zone N alors qu'elles auraient dû être classées en zone constructible dès lors qu'elles s'inscrivent dans une logique d'urbanisation actuelle. Il ressort toutefois du site Géoportail, accessible tant aux juges qu'aux parties, qu'aucune parcelle de la commune de Contes ne correspond aux numéros susmentionnés. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
S'agissant de la parcelle cadastrée section AE n° 3 :
39. Les requérants font valoir que la parcelle cadastrée section AE n° 3 aurait dû être classée en zone constructible dès lors qu'elle est contiguë de parcelles en zone UD. Il ressort des pièces du dossier et du site Géoportail, accessible tant aux juges qu'aux parties, que la parcelle en cause est une vaste parcelle divisée en deux parties, l'une classée en zone UD, l'autre, vierge de toute construction et arborée, en zone N et s'insérant dans un espace naturel à conserver pour former un lien avec le grand espace vert naturel s'ouvrant au sud-ouest et à préserver de l'extension de l'urbanisation diffuse se trouvant à proximité. En outre, la zone où se situe la parcelle en cause est traversée par un réservoir de biodiversité définit par le schéma de cohérence écologique, qui constitue la trame verte de la commune, se trouvant à proximité des corridors écologiques et dans un corridor terrestre fragmenté et, partant, dans une zone d'interface entre espace urbanisé et trame verte. Il s'ensuit que la parcelle en cause constitue un espace à préserver au sens du PADD et concourt dès lors à la satisfaction des objectifs que se sont donnés les auteurs du PLU de permettre un développement urbain maitrisé par une modération de la consommation de l'espace foncier et une lutte contre l'étalement urbain, tout en insérant des espaces de respiration entre les zones construites et les zones naturelles et en préservant un équilibre entre les zones urbaines à densifier et les espaces naturels à protéger. Par suite, le classement en zone N de cette partie de la parcelle, et alors même qu'elle serait contiguë avec des zones constructibles, concourt dès lors à la satisfaction des objectifs susmentionnés. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que les auteurs du PLU ont classé la parcelle litigieuse en zone N.
S'agissant des parcelles cadastrées section AM n°41, AM n°55 et AM n° 123 :
40. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles en cause font pleinement parties du vaste espace naturel précédemment mentionné sur lequel s'ouvre la parcelle cadastrée section AE3 classée partiellement en zone naturelle. Dans ces conditions, c'est sans davantage que précédemment commettre d'erreur manifeste d'appréciation que les auteurs du PLU ont classé les parcelles litigieuses en zone N.
S'agissant des parcelles cadastrées section BD n°141, n°154, n°269, n°131 n°108, n°110, n°128, n°91, n°153 et section BO n°24 :
41. Il ressort des pièces du dossier et du site Géoportail, accessible tant aux juges qu'aux parties, que les parcelles en cause sont majoritairement à l'état naturel, et pour certaines boisées. Comme précédemment, ces parcelles, s'insèrent dans un espace naturel à conserver pour former un lien avec le grand espace naturel boisé s'ouvrant au nord et l'est et à préserver de l'extension de l'urbanisation diffuse se trouvant à proximité. Dans ces conditions, c'est sans davantage que précédemment commettre d'erreur manifeste d'appréciation que les auteurs du PLU ont classé en zone N les parcelles en cause, seulement partiellement d'ailleurs pour la quasi totalement d'entre elles.
S'agissant des parcelles cadastrées section BB n°57 et n°61 :
42. Il ressort des pièces du dossier et du site Géoportail, accessible tant aux juges qu'aux parties, que les parcelles BB57 et BB61 voisines, situées au quartier " Derta ", en discontinuité de l'urbanisation , présentent un état naturel et, comme les parcelles précédemment mentionnées, s'insèrent dans un espace naturel à préserver de l'extension de l'urbanisation diffuse se trouvant à proximité. Elles sont en outre dépourvues de toute construction et s'ouvrent à l'est sur un espace naturel entièrement vierge, dont la partie Sud débouche même sur un espace complètement forestier classé en zone agricole du PLU. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle section BB n° 57 marque clairement la limite entre l'espace naturel et agricole avec le quartier urbain à vocation mixte situé à l'ouest de ladite parcelle. Dans ces conditions, c'est sans davantage que précédemment commettre d'erreur manifeste d'appréciation que les auteurs du PLU ont classé en zone N les parcelles en cause.
S'agissant des parcelles cadastrées sections CA n°28, 29, 30, 32 et BR n° 43, 44 :
43. Les requérants font valoir que les parcelles en cause auraient dû être classées en zone constructible dès lors qu'elles sont contiguës de parcelles en zone UD, sont à proximité immédiate de la route et présentent les qualités d'une zone urbaine, étant en outre possiblement reliées aux différents réseaux publics. Or, comme précédemment, ces parcelles, qui sont dépourvues de toute construction hormis la parcelle CA n°32 sur laquelle se trouve une construction de taille modeste,
s'insèrent dans un espace naturel à préserver de l'extension de l'urbanisation diffuse se trouvant à proximité. Dans ces conditions, c'est sans davantage que précédemment commettre d'erreur manifeste d'appréciation que les auteurs du PLU ont classé les parcelles en cause en zone N.
S'agissant des parcelles cadastrées sections CA n°1 et 2 :
44. Il ressort des pièces du dossier, et du site Géoportail, accessible tant aux juges qu'aux parties, que les parcelles en cause sont quasi-vierge pour la première et totalement vierge pour la seconde. Il en ressort également qu'elles s'implantent au sein d'une bande entourée à l'Ouest par les bords de l'affluent " le Paillon de Contes " et à l'Est par la route départementale 15 et bordée au Nord par une zone urbanisée dont les parcelles sont classées soit en zone à vocation résidentielle soit en zone à vocation artisanale et industrielle et au Sud par une zone toute aussi urbanisée à vocation exclusivement résidentielle. Or, il ne ressort d'aucun élément du dossier, et n'est pas alléguée par la commune de Contes, que les parcelles en cause puissent être rattachées à un secteur naturel identifié par le règlement du PLU, alors qu'elles se situent dans le parfait prolongement des parcelles urbanisées précitées, ne constituant pas des bordures de l'affluent " le Paillon de Contes " classées quant à elles en zone naturelle. Dans ces conditions, pour ce qui concerne le classement des parcelles en cause, les requérants sont fondés à soutenir que la délibération litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne la création de corridors écologiques :
45. Aux termes de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. Il peut localiser, dans les zones urbaines, les terrains cultivés et les espaces non bâtis nécessaires au maintien des continuités écologiques à protéger et inconstructibles quels que soient les équipements qui, le cas échéant, les desservent ". Les dispositions précitées de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme autorisent le classement en espace paysager à préserver de tout secteur à protéger pour des motifs d'ordre écologique, en vue notamment de contribuer à la préservation, au maintien ou à la remise en état des continuités écologiques.
46. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et des éléments publiquement accessibles sur le site internet de la commune de Contes que les corridors écologiques qui ont été identifiés concernent des couloirs de déplacement potentiels des espèces entre les différents réservoirs de biodiversité et qu'ils correspondent ainsi à des espaces boisés significatifs à préserver qui permettent de relier entre eux les réservoirs de biodiversité identifié par le schéma régional de cohérence écologique. En outre, ces corridors sont issus d'une méthode d'identification distincte de celle utilisée dans le cadre du schéma précité et qui est le résultat d'une méthode d'analyse applicable à l'échelle communale. Dans ces conditions, et alors que, d'une part, les requérants n'invoquent au demeurant la méconnaissance d'aucune disposition textuelle ni d'aucun principe et que, d'autre part, l'identification de tels corridors écologiques implique nécessairement un certain degré d'incertitude, le moyen susmentionné doit être écarté.
47. Il résulte de tout ce qui précède que la délibération du 24 janvier 2019 par laquelle le conseil municipal de Contes a approuvé son nouveau PLU doit être annulée seulement en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section CA n° 1 et n°2 en zone naturelle.
Sur les conclusions de la commune de Contes au titre des frais liés au litige :
48. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des requérants présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération portant approbation du plan local d'urbanisme de la commune de Contes en date du 24 janvier 2019 est annulée en tant que ce plan classe les parcelles cadastrées section CA n°1 et n° 2 en zone naturelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. J I, ayant été désigné comme représentant unique des requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, et à la commune de Comtes.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Cueilleron, conseillère,
M. Bulit, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 août 2025.
La rapporteure,
signé
S. Cueilleron
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
C. Sussen
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
2204486
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026