LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2204546

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2204546

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2204546
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en formation collégiale, a rejeté la requête de M. B A. Ce dernier contestait le refus de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) du CNAPS de lui délivrer une autorisation préalable d'entrée en formation d'agent de sécurité privé. Le tribunal a jugé que la décision implicite de rejet de la Commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) s'était substituée à la décision initiale de la CLAC, rendant inopérant le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette dernière. Sur le fond, le tribunal a estimé que le moyen tiré d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure n'était pas fondé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Vincent, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 31 mars 2022 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle sud du conseil national des activités privées de sécurité lui a refusé la délivrance d'une autorisation préalable d'entrée en formation d'agent de sécurité privé, ensemble la décision implicite de rejet par laquelle le conseil national des activités privées de sécurité a rejeté son recours administratif préalable obligatoire ;

2°) d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécuritéde réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de dix euros par jour de retard ;

3°) de condamner le conseil national des activités privées de sécurité à lui verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L 761-1du code de justice administrative.

Le requérant soutient que :

- la décision du 31 mars 2022 a été prise par une autorité incompétente ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure, les faits reprochés n'étant pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2024, le conseil national des activités privées de sécurité, pris en la personne de son directeur en exercice, conclut au rejet de la requête soutenant que les moyens soulevés à l'appui de ladite requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 12 septembre 2024 :

- le rapport de Mme Cueilleron,

- les conclusions de M. Combot, rapporteur public,

- et les observations de Me Mauroux, pour le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. Monsieur B A a sollicité le 25 janvier 2022 la délivrance d'une autorisation préalable d'entrée en formation d'agent de sécurité privé. Par une décision du 31 mars 2022, la commission locale d'agrément et de contrôle (ci-après, " CLAC ") sud du conseil national des activités privées de sécurité (ci-après, " CNAPS ") a rejeté cette demande. Le 23 mai 2022, M. A a formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision auprès de la commission nationale d'agrément et de contrôle (ci-après, " CNAC ") du CNAPS. Le silence gardé pendant plus de deux mois sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. M. A demande au Tribunal l'annulation de cette décision ainsi que d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer l'autorisation préalable sollicitée.

Sur le cadre du litige:

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure alors en vigueur : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. " Aux termes des dispositions de l'article R. 633-9 du même code alors en vigueur : " Le recours administratif préalable obligatoire devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle prévu à l'article L. 633-3 peut être exercé dans les deux mois de la notification, par la commission locale d'agrément et de contrôle, de la décision contestée. Cette notification précise les délais et les voies de ce recours. Toute décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle se substitue à la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle. () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité.

3. En l'espèce, il résulte de ce qui précède, d'une part, que la décision implicite du 23 juillet 2022 de la CNAC du CNAPS s'est substituée à la décision prise par la CLAC Sud le 31 mars 2022. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être regardées comme étant uniquement dirigées contre la décision implicite de rejet prise par la CNAC du CNAPS.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, le requérant ne peut utilement invoquer des moyens tirés des vices propres à la décision initiale de la CLAC sud du CNAPS, dès lors que s'est substituée à cette décision la décision prise par la CNAC du CNAPS sur recours administratif préalable obligatoire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision de la CLAC sud du CNAPS doit être écarté.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ; () ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code, dans sa rédaction applicable au présent cas d'espèce : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L.611-1 : 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents des commissions nationale et régionales d'agrément et de contrôle spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () ". Et en vertu de l'article L. 612-22 du même code, la délivrance de l'autorisation préalable à l'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est fondée sur le respect des mêmes conditions.

6. Il résulte des dispositions précitées que lorsqu'elle est saisie d'une demande d'autorisation préalable d'entrée en formation d'agent de sécurité privé, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête, qui peut notamment donner lieu à la consultation du traitement automatisé de données à caractère personnel mentionné à l'article R. 40-42 du code de procédure pénale, vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat, et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. Il appartient ainsi à l'autorité administrative d'apprécier si les actes commis par le demandeur sont compatibles avec l'exercice de la profession, alors même que les agissements en cause n'auraient pas donné lieu à une condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, qu'ils auraient été effacés du système de traitement des antécédents judiciaires ou qu'ils auraient fait l'objet d'un classement sans suite.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande d'autorisation préalable d'entrée en formation d'agent de sécurité privée, la CNAC du CNAPS s'est fondée sur la circonstance que l'intéressé a été mis en cause à huit reprises entre 2008 et 2018 : le 20 août 2008 pour des faits de vol à l'étalage, le 3 avril 2009 pour des faits d'outrage à personne dépositaire de l'autorité publique, le 3 juin 2009 pour des faits d'usage de stupéfiants, le 1er juin 2010 pour des faits de port ou transport illégal d'arme de catégorie 6, le 19 avril 2011 pour des faits de violence ayant entrainé une incapacité de travail n'excédant pas 8 jours, le 9 janvier 2012 pour des faits d'usage de stupéfiants, le 22 février 2014 pour des violences volontaires par conjoint ou concubin avec ITT de moins de 8 jours et destruction ou détérioration importante du bien d'autrui et le 19 mars 2018 pour des faits d'usurpation de plaque d'immatriculation.

8. M. A, qui ne conteste pas la matérialité des six premiers faits susmentionnés, ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que ces derniers n'auraient pas constitué un obstacle à la délivrance d'une carte professionnelle en 2012. En outre, s'il fait valoir que les faits susmentionnés du 19 avril 2014 ont fait l'objet d'un avis de classement le 24 juin 2014 et que ceux du 19 mars 2019 ont fait l'objet d'un avis de classement le 30 avril 2018, il appartenait en tout état de cause à l'autorité administrative, ainsi qu'il a été précédemment rappelé, d'apprécier, à l'issue d'une enquête administrative, et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les actes en cause étaient compatibles avec l'exercice de la profession, alors même que les agissements reprochés au demandeur n'auraient pas donné lieu à une poursuite judiciaire. Par suite, compte tenu des faits reprochés au requérant, qui traduisent par leur nature et leur gravité un comportement de nature à porter atteinte à la sécurité des biens et des personnes et sont par là même incompatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur d'appréciation. En outre, les circonstances alléguées par le requérant selon lesquelles il a toujours été inséré dans la société et a toujours travaillé sont sans influence sur la légalité de la décision attaquée.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions susmentionnées doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au conseil national des activités privées de sécurité.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;

M. Holzer conseiller ;

Mme Cueilleron, conseillère ;

Assistés de Mme Martin, greffière.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2024

La rapporteure,

Signé

S. Cueilleron

Le président,

Signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa

La greffière,

Signé

C. Martin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière.

N°2204546

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions