jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204597 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 septembre 2019 et 5 février 2024, M. B A, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2022 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de française ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, de lui délivrer le titre de séjour sollicité.
Il soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 12 septembre 2024 :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
- et les observations de M. A, requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien, né le 19 avril 1962, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de française. Par une décision du 18 juillet 2022, dont il demande l'annulation, le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien, applicable à la situation du requérant : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention ''vie privée et familiale'' est délivré de plein droit : / () 2° Au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; () ".
3. Il résulte des stipulations précitées que la justification de l'entrée régulière sur le territoire français constitue l'une des conditions pour pouvoir prétendre de plein droit à la délivrance d'un certificat de résidence algérien en qualité de conjoint de français. En l'espèce, il ressort des dires mêmes du requérant que ce dernier ne justifie pas d'une entrée régulière sur le territoire français. La circonstance qu'il aurait perdu son passeport est à cet égard sans incidence. Dans ces conditions, et en tout état de cause, le requérant ne remplit pas les conditions légales pour l'obtention d'un titre de séjour en qualité de conjoint de française et le préfet des Alpes-Maritimes pouvait légalement, sur ce seul motif, rejeter sa demande en ce sens. Si le requérant fait valoir à la barre des éléments de nature à justifier de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires pour bénéficier de la délivrance d'un titre de séjour, il lui appartient de faire valoir ces éléments à l'appui d'une demande formée sur ce fondement.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions susmentionnées aux fins d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées aux fins d'injonction.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
Mme Cueilleron, conseillère,
Assistés de Mme Martin, greffière
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
signé
F. Silvestre-toussaint-fortesa
La greffière,
signé
C. Martin L'assesseur le plus ancien,
signé
M. HolzerLa République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
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