LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2204763

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2204763

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2204763
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL ORENGO-MICAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 octobre 2022 et 12 avril 2023, la société en nom collectif " Immobilière Aire Saint-Michel ", prise en la personne de son représentant légal en exercice et représentée par Me Juhan, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 28 septembre 2022 du maire de la commune de Falicon portant, au nom de l'Etat, interruptiondes travaux objet du permis deconstruire PC n°006 060 16 S 0021 qui lui a été délivré suivant arrêtés des 31 mai 2017 et 18 mars 2019 (permis modificatif) ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Falicon la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société requérante soutient que sa requête est recevable et que la décision litigieuse :

- méconnaît le principe de contradictoire ;

- est entachée d'un vice de forme compte tenu d'une erreur dans la dénomination de la SNC Immobilière Aire Saint-Michel ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit ;

- est entachée d'un manque de base légale ;

- et est constitutive d'un détournement de pouvoir et de procédure.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 27 mars 2023 et 20 juin 2024, la commune de Falicon, prise en la personne de son maire en exercice et représentée par Me Orengo, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation présentées par la société requérante etau rejet des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

La procédure a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit d'observations.

Vu :

- l'ordonnance n°2204764 en date du 18 octobre 2022 du juge des référés du tribunal administratif de Nice ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 juin 2024 :

- le rapport de Mme Cueilleron,

- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,

- et les observations de Me Touami représentant la société en nom collectif " Immobilière Aire Saint-Michel.

Considérant ce qui suit :

1. Un permis de construire n°PC 006 060 16 S 0021 a été délivré suivant arrêtés des 31 mai 2017 et 18 mars 2019 (permis modificatif) à la société en nom collectif (ci-après, " SNC ") " Immobilière Aire Saint Michel ", aux fins de réaliser un lotissement de dix villas, l'aménagement d'une voie d'accès et des places de parking sur un terrain cadastré AN 225 sis 152 avenue de Rimiez à Falicon. Ladite société demande au Tribunal d'annuler l'arrêté en date du 28 septembre 2022 du maire de la commune de Falicon, pris au nom de l'Etat, portant interruption des travaux objet du permis en cause.

Sur l'exception de non-lieu :

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors la disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait pas lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

3. La commune de Falicon demande au tribunal de constater que le préfet des Alpes-Maritimes, par sa décision du 18 octobre 2023 intervenue en cours d'instance, a abrogé l'arrêté interruptif de travaux du 28 septembre 2022 et de juger, en conséquence, que les conclusions présentées par la société requérante contre la décision cet arrêté sont devenues sans objet. Toutefois, la décision du 18 octobre 2023 constitue une décision d'abrogation de la décision du 28 septembre 2022 qui avait reçu un commencement d'exécution à compter de cette date. Par suite, et contrairement à ce que soutient la commune de Falicon la requête dirigée à l'encontre de la décision du 28 septembre 2022 a conservé son objet. L'exception de non-lieu doit dès lors être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme : " () / Dès qu'un procès-verbal relevant l'une des infractions prévues à l'article L. 480-4 du présent code a été dressé, le maire peut(), si l'autorité judiciaire ne s'est pas encore prononcée, ordonner par arrêté motivé l'interruption des travaux. Copie de cet arrêté est transmise sans délai au ministère public. () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Enfin, aux termes de l'article L. 122-1 dudit code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ".

5. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la décision par laquelle le maire ordonne l'interruption des travaux au motif qu'ils ne sont pas menés en conformité avec une autorisation de construire ou qu'ils ont été réalisés sans autorisation, est au nombre des mesures de police qui doivent être motivées en application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et ne peut intervenir qu'après que son destinataire a été mis à même de présenter ses observations, sauf en cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles.

6. Par ailleurs, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, en particulier des visas de l'arrêté litigieux mentionnant une urgence " résultant de la menace caractérisée d'atteinte à la sécuritépublique ", que ce dernier est motivé par les risques de glissement induits par la présence d'amas de terre non stabilisés présents sur le chantier du projet objet du permis litigieux et de l'importance du dénivelé du terrain situé en partie haute du vallon dans un contexte météorologique de risque de pluie et de vents d'ouest forts. Il ressort toutefois de l'avis météorologique de la ville de Nice le 28 septembre à 7h33, produit par la communedéfenderesse, un niveau de " vigilance verte " caractérisé par " une absence de vigilance particulière sur le département des Alpes Maritimes ", et " un risque de vent d'ouest assez fort d'Antibes à Menton ". Il ressort également des procès-verbaux du 4 octobre 2022 et 3 avril 2023, réalisé par Me Ouzilou, que le terrain assiette de la construction, situé sur le versant nord de la colline, est à l'abri des vents sud et sud-ouest, que les déblais sont entreposés sur la partie plane du terrain naturel sans risque de glissement et que le terrain contigu aux déblais, végétalisé sous forme de forêt, ne présente aucune habitation ni construction à moins de 200 mètres. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossierune situation d'urgence telle qu'alléguée par la commune défenderesse pouvant justifier l'absence de procédure contradictoire. Par suite, la société requérante, qui a été privée d'une garantie, est fondée à soutenir que l'arrêté contesté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence de procédure contradictoire préalable.

8. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier ". Pour l'application de ces dispositions, aucun autre moyen soulevé par la société requérante n'est susceptible de fonder l'annulation de l'arrêté attaqué.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la SNC Immobilière Aire Saint Michel est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2022 du maire de la commune de Falicon portant interruption des travaux objet du permis deconstruire délivré 31 mai 2017 et modifié le 18 mars 2019.

Sur les conclusions présentées au titre des frais liés au litige :

10. D'une part, il résulte des dispositions de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme que les décisions d'interruption de travaux prises par le maire de la commune le sont au nom de l'État. Par suite, les conclusions de la société requérante, qui tendent à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Falicon au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont mal dirigées et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions formées au titre des mêmes dispositions par la commune de Falicon.

DECIDE :

Article 1 : La décision du 28 septembre 2022 du maire de la commune de Falicon est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société en nom collectif Immobilière Aire Saint Michel, au préfet des Alpes-Maritimes et à la commune de Falicon.

Délibéré après l'audience du 24 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;

M. Holzer conseiller ;

Mme Cueilleron, conseillère.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 18 juillet 2024

La rapporteure,

signé

S. Cueilleron

Le président,

signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa

La greffière,

signé

C. Sussen

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

N°2204763

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions