Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2204932

jeudi 27 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2204932
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2204932 les 13 et 26 octobre 2022, Mme D C, représentée par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 25 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a retiré son agrément en qualité d'assistante familiale et de la décision du 19 septembre 2022 rejetant son recours gracieux du 25 août 2022, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes de procéder au rétablissement de son agrément dans les effectifs du département sous 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'alors qu'elle percevait un salaire de l'ordre de 2 500 euros, elle ne perçoit plus rien à ce jour ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées dès lors que :

- le signataire est incompétent ;

- elles sont insuffisamment motivées en fait ;

- le dossier administratif était incomplet ;

- l'absence de débats possible sur les pièces versées au dossier de l'agent a porté gravement atteinte au principe du contradictoire et au principe général des droits de la défense ;

- l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles, l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 et l'article 1-1 du décret du 15 février 1988 ont été méconnus ;

- elles sont entachées d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, le département des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

-la condition d'urgence n'est pas remplie ;

-aucun moyen soulevé n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2204934 les 13 et 26 octobre 2022, M. A C, représenté par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 25 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a retiré son agrément en qualité d'assistant familial et de la décision du 19 septembre 2022 rejetant son recours gracieux du 25 août 2022, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes de procéder au rétablissement de son agrément dans les effectifs du département sous 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'alors qu'il percevait un salaire de l'ordre de 5 500 euros, il percevait suite à sa mise en congé de maladie des revenus de l'ordre de 1 470 euros ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées dès lors que :

- le signataire est incompétent ;

- elles sont insuffisamment motivées en fait ;

- le dossier administratif était incomplet ;

- l'absence de débats possible sur les pièces versées au dossier de l'agent a porté gravement atteinte au principe du contradictoire et au principe général des droits de la défense ;

- l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles, l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 et l'article 1-1 du décret du 15 février 1988 ont été méconnus ;

- elles sont entachées d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, le département des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

-la condition d'urgence n'est pas remplie ;

-aucun moyen soulevé n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté.

Vu :

- les autres pièces des dossiers ;

- les requêtes enregistrées le 13 octobre 2022 sous les numéros 2204931 et 2204933 par lesquelles Mme et M. C demandent l'annulation des décisions attaquées ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905 et notamment son article 65 ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Bonhomme, président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 27 octobre 2022 :

- le rapport de M. Bonhomme, juge des référés,

- les observations de Me Delepine substituant Me Cacciapaglia, représentant M. et Mme C,

- et celles de M. B, représentant le département des Alpes-Maritimes,

à l'issue de laquelle le juge des référés a clos l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C bénéficient d'un agrément en qualité d'assistant familial et ont été recrutés par le département des Alpes-Maritimes. Le 4 mars 2022, les cinq enfants accueillis au domicile du couple ont été réorientés par le département dans d'autres familles. Le 7 mars 2022, les intéressés ont reçu des décisions portant suspension provisoire d'agrément pour saisine du parquet et comportements inadaptés à caractère sexuel de M. C envers les enfants dont ils avaient la garde. Par deux décisions du 25 juin 2022, le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a retiré leurs agréments en qualité d'assistant familial. Les intéressés ont présenté des recours gracieux qui ont été rejetés par deux décisions du 19 septembre 2022. Par les deux présentes requêtes, qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par une seule ordonnance, M. et Mme C demandent au juge des référés de suspendre l'exécution de ces quatre décisions.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Les moyens invoqués par les requérants à l'appui de leurs demandes de suspension et visés ci-dessus ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions en litige. Il y a lieu, dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter les conclusions tendant à la suspension de leur exécution. Par voie de conséquence, leurs conclusions présentées aux fins d'injonction sous astreinte et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Les requêtes de M. et Mme C sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Mme D C et au département des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 27 octobre 2022.

Le juge des référés,

signé

T. BONHOMME

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

C. ALBU

2,2204934