mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2205158 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M.Myara |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 octobre 2022, M. C A B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié l'ensemble des retraits de points affectant son permis de conduire ainsi que l'ensemble des décisions successives de retrait de points ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui délivrer le permis de conduire invalidé en reconstituant le capital de points, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que
- les décisions portant retrait de points ne lui ont pas été notifiées ;
- il n'a pas été informé des droits prévus par les articles L.223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- les infractions constatées ne sont pas établies.
Par un mémoire enregistré le 25 novembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu partiel sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision 48 SI du 13 septembre 2022 et les infractions commises les 31 janvier 2022, 26 juillet 2019, 21 septembre 2018 et 25 novembre 2020 ; à titre subsidiaire au rejet de l'ensemble des autres conclusions de la requête.
Il soutient que le permis de conduire du requérant est redevenu positif et que les autres moyens de la requête sont infondés.
Par une ordonnance du 12 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
En application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du Tribunal administratif a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Myara, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision 48SI en date du 13 septembre 2022, le ministre de l'intérieur a notifié à M. A B le dernier retrait de points consécutif à la dernière infraction, et a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, qu'il avait perdu le droit de conduire. M. A B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte du relevé d'information intégral extrait du système national du permis de conduire de M. A B édité le 24 novembre 2022 que le point retiré suite à l'infraction relevée le 25 novembre 2020 a été restitué au requérant le 14 décembre 2021 soit avant l'introduction de la requête. En outre, les mentions afférentes aux infractions constatées les 26 juillet 2019 et 21 septembre 2018 ont été supprimées de son dossier de permis de conduire et n'entraînent plus de retraits de points. Aussi, l'infraction du 31 janvier 2022 n'entraîne plus de retrait de point. Ainsi, les conclusions de la requête dirigées contre les décisions procédant à ces retraits de points sont sans objet et doivent, pour ce motif, être rejetées. Par l'effet de ces rectifications, le permis de conduire du requérant est redevenu positif et dispose, à ce jour, d'un solde de 7 points. Dès lors, le ministre doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré, postérieurement à la date d'introduction de la requête, la décision référencée " 48 SI " du 13 septembre 2022 en tant qu'elle a constaté l'invalidité du permis de conduire du requérant et lui a enjoint de restituer son titre de conduite.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre la décision 48 SI du 13 septembre 2022 et les infractions commises les 21 septembre 2018, 26 juillet 2019, 25 novembre 2020 et 31 janvier 2022 ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de la notification irrégulière des retraits de points :
4. Les conditions de la notification au conducteur des décisions d'invalidation du permis de conduire ou de retrait de points ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, le moyen tiré de l'absence de notification des décisions de retrait de points successifs ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information :
S'agissant de l'infraction commise le 31 août 2018.
5. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. Le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration est revêtu de mentions qui permettent au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende, il sera procédé au retrait de points et qui portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre que cet avis était inexact ou incomplet. Il en va autrement si le contrevenant, qui conteste les éléments du relevé d'information intégral et l'attestation de paiement établie par le comptable public produite en défense par le ministre, apporte la preuve que le paiement de l'amende forfaitaire majorée est intervenu par la voie du recouvrement forcé engagée par le comptable public.
6. Il résulte de l'instruction que l'infraction commise le 31 août 2018 a été relevée par radar automatique et a donné lieu à une amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur produit l'attestation de paiement de cette amende établie par le comptable de la trésorerie du contrôle automatisé, certifiant l'encaissement de la somme correspondant au montant de celle-ci. M. A B,qui a ainsi payé l'amende forfaitaire majorée afférente à cette infraction et ne produit pas le moindre élément probant de nature à établir qu'elle aurait donné lieu à un recouvrement forcé, doit dès lors être regardé comme ayant été destinataire de l'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut de délivrance de l'information pour cette infraction doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de réalité des infractions :
7. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de point est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. () ".
8. Si M. A B soutient que les infractions en litige n'ont donné lieu à aucune poursuite devant les tribunaux compétents et qu'il a contesté ces infractions auprès de l'officier du ministère public, il ne produit aucun document permettant d'établir que cette réclamation a entraîné l'annulation du titre exécutoire. La réalité de ces infractions doit par suite être regardée comme établie.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le surplus des conclusions de la requête de M. A B doit être rejeté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui ne prononce l'annulation d'aucune décision, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
--------------
Article 1 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A B tendant à l'annulation de la décision 48 SI du 13 septembre 2022 et des retraits de points consécutifs aux infractions commises les 21 septembre 2018, 26 juillet 2019, 25 novembre 2020 et 31 janvier 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
A. MYARALa greffière,
signé
S. GENOVESE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier.
N°2205158
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026