lundi 7 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2205242 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme Chevalier |
| Avocat requérant | SERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2022, M. D B, retenu au centre de rétention administrative de Nice, représenté par Me Dridi demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prolongé pour une durée de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire qui a été prononcée à son encontre par un arrêté en date du 21 janvier 2022 ;
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- il est dépourvu de base légale dès lors que l'arrêté du 21 janvier 2022 sur lequel il se fonde ne lui a pas été notifié et concerne un autre individu ;
- la prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2022, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la selarl Serfaty, Venutti, Camacho, Cordier, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Chevalier, conseillère, en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 novembre 2022 :
- le rapport de Mme Chevalier, magistrate désignée ;
- les observations de Me Darmon substituant Me Dridi représentant B, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. B.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 8 septembre 1990, demande l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du 2 novembre 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prolongé de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre par un arrêté du 21 janvier 2022.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué du 2 novembre 2022 a été signé pour le préfet des Alpes-Maritimes par Mme A G, adjointe au chef du bureau de l'éloignement et du contentieux du séjour. Par arrêté n°2022-864 du 17 octobre 2022 publié le 18 octobre suivant au recueil des actes administratifs spécial n°240-2022 de la préfecture des Alpes-Maritimes, Mme G a reçu délégation de signature à l'effet de signer au nom du préfet des Alpes-Maritimes notamment les interdictions de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté en litige comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En particulier, il vise notamment les dispositions des articles L. 611-1 et L. 612-6 à 11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il relève également que M. B fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sans délai et d'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an prises par le préfet des Bouches-du Rhône par un arrêté du 21 janvier 2022, qu'il se maintient irrégulièrement sur le territoire, qu'il est célibataire sans enfant et dépourvu de toute attache sur le territoire. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.
6. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été exposé au point 5 que le préfet n'a pas entaché l'arrêté en litige d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle. Si M. B soutient avoir déposé une demande admission au séjour au titre de l'asile en octobre 2022 en raison des persécutions dont il pourrait être victime dans son pays d'origine du fait de son orientation sexuelle, il n'en justifie pas. De la même façon, s'il soutient être affecté du VIH il ne le démontre pas.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui déclare s'appeler M. B, est également connu sous différents alias et notamment celui de " M. C F " et " M. H E ". Cette identité est celle que le préfet des Bouches-du Rhône a retenu pour prendre l'arrêté du 21 janvier 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an dont le requérant soutient ne pas en avoir reçu la notification. L'intéressé ne produit aucun document d'identité permettant d'établir sa réelle identité. Dans ces conditions, le préfet des Alpes-Maritimes qui fait état dans l'arrêté en litige de l'existence d'alias dont notamment celui retenu par le préfet des Bouches-du Rhône, n'a pas privé sa décision de base légale en prononçant une prolongation de l'interdiction dont il faisait l'objet.
8. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; / 2° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui avait été accordé ; / 3° L'étranger est revenu sur le territoire français après avoir déféré à l'obligation de quitter le territoire français, alors que l'interdiction de retour poursuivait ses effets. / Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public ".
9. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet s'est fondé, pour prendre la décision attaquée, sur le fait que l'intéressé s'était irrégulièrement maintenu sur le territoire après avoir fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sans délai en date du 21 janvier 2022. Si M. B soutient que la prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans est disproportionnée au regard de son état de santé, du dépôt de sa demande d'asile et des craintes de persécution en cas de retour dans son pays d'origine, il n'apporte aucun élément de preuve au soutien de ses allégations. Par suite, le moyen tiré de ce que la prolongation d'une durée deux ans de l'interdiction de retour sur le territoire prononcée à son encontre est disproportionnée doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nice.
Lu en audience publique le 7 novembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. CHEVALIERLa greffière,
signé
V. LABEAU
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026