LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2205465

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2205465

vendredi 25 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2205465
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationMagistrat M.Myara

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a examiné la requête de M. B contestant la décision du ministre de l'intérieur lui notifiant des retraits de points sur son permis de conduire. Le tribunal a d'abord jugé irrecevables les conclusions dirigées contre plusieurs décisions de retrait de points, car les points correspondants avaient été restitués avant l'introduction de la requête. Rejetant la fin de non-recevoir du ministre pour tardiveté, le tribunal a ensuite écarté le moyen de M. B tiré du défaut d'information prévu par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En conséquence, la requête de M. B a été rejetée dans son ensemble.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 novembre 2022 et 9 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision référencée 48 SI par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié l'ensemble des retraits de points affectant son permis de conduire ainsi que l'ensemble des décisions successives de retrait de points ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer des points de son permis de conduire ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'a pas été informé des droits prévus par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- les infractions constatées ne sont pas établies.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 décembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête comme étant, à titre principal, irrecevable, et à titre subsidiaire, non fondée.

Il soutient que :

- la requête est tardive ;

- les retraits de points des 25 mai, 8 juillet 2009, 7 mai 2015, 22 juillet 2016 et 22 février 2019 ont été restitués ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 24 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 août 2024 à 12 heures.

Par une lettre du 14 octobre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 22 août 2013, 27 juin 2014, 17 décembre 2015, 13 juin 2017, 25 juillet 2019, 10 décembre 2019 et 11 février 2020, restituées avant l'introduction de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Myara a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a commis des infractions au code de la route ayant entraîné le retrait des douze points affectés à son permis de conduire. Par une décision en date du 30 mars 2022, le ministre de l'intérieur a notifié à M. B le dernier retrait de points et a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, qu'il avait perdu le droit de conduire. M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur l'étendue du litige :

2. Il ressort du relevé d'information intégral du 27 décembre 2022 qu'antérieurement à l'introduction de la requête, le permis de conduire de M. B a été de trois points pour l'infraction commise le 25 mai 2009, de deux points pour l'infraction commise le 8 juillet 2009, et d'un point pour les infractions commises les 22 août 2013, 27 juin 2014, 7 mai 2015, 22 juillet 2016, 13 juin 2017, 22 février 2019, 10 décembre 2019 et 11 décembre 2020, en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route. Ainsi, les conclusions de la requête dirigées contre les décisions de retraits de points consécutives aux infractions précitées sont dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur :

3. Le ministre de l'intérieur fait valoir que les conclusions tendant à l'annulation de la décision référencée " 48 SI " sont tardives. Il ressort du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. B qu'une décision " 48 SI " lui aurait été notifiée par pli recommandé avec accusé de réception numéro 2C 1554 5602 381 le 30 mars 2022. Toutefois, si le ministre de l'intérieur produit la copie de cet avis de réception portant la mention " pli avisé et non réclamé ", celui-ci ne mentionne aucune date de vaine présentation. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de communication des informations mentionnées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. () ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. () ".

5. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.

6. D'autre part, il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 de ce code, que lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte, d'une part, les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire et, d'autre part, une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

S'agissant des infractions des 11 octobre 2011, 14 août 2016, 19 juillet 2020, 27 mai, 3, 9, 10, 16 et 17 juin 2021 :

7. Dans le cas d'une infraction constatée sur un outil dédié, type PDA ou tablette, et ayant fait l'objet d'un paiement différé d'une amende forfaitaire, la preuve de la délivrance de l'information préalable est apportée par la mention de ce paiement sur le relevé intégral. En l'espèce, il ressort de son relevé d'information intégral que, pour les infractions précitées, constatées par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale. Par suite, le moyen tiré de l'absence préalable de l'information prévue à l'article L. 223-3 du code de la route doit être écarté.

S'agissant de l'infraction du 27 octobre 2020 :

8. Il résulte de l'instruction que l'infraction du 27 octobre 2020 a été constatée par un système de contrôle automatisé, ou radar. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. Tant avant qu'elles ne soient rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28 que depuis l'entrée en vigueur de cet arrêté, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration est revêtu de mentions qui permettent au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende, il sera procédé au retrait de points et qui portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre que cet avis était inexact ou incomplet.

9. Il résulte de l'attestation de paiement du comptable public de la trésorerie du contrôle automatisé produit par le ministre que l'amende forfaitaire majorée afférente à l'infraction précitée a été payée. Ce paiement établi que le contrevenant a reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. En l'absence de tout élément avancé par l'intéressé qui serait de nature à mettre en doute la réalité et les conditions d'intervention du paiement de l'amende forfaitaire majorée afférente à l'infraction, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalablement à la décision du 27 octobre 2020 doit être écarté.

S'agissant de l'infraction du 21 août 2019 :

10. Il résulte des mentions figurant sur le relevé d'information intégral de M. B que l'infraction d'excès de vitesse inférieur à 20 km/h du 21 août 2019, constatée par radar automatique le 21 août 2019, a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur produit en défense l'avis d'amende forfaitaire majorée, émis le 15 novembre 2019, lequel comporte au verso l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, ainsi que l'avis de réception postal qui établit que le pli libellé au nom de l'intéressé contenant cet avis, a été présenté à son adresse le 20 novembre 2019, mis en instance au bureau de poste de Paris Boucicaut, avant d'être retourné à l'administration avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Compte tenu de ces mentions précises, claires et concordantes, l'avis doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié au requérant le 15 novembre 2019, date de première présentation du pli. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas été destinataire des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion de cette infraction constatée le 21 août 2019. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

S'agissant des infractions des 18 février 2016, 4 septembre 2019, 22 janvier et 24 mars 2021 :

11. La mention " AM " sur le relevé d'information intégral ne justifie que de l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée et non de son paiement. Il résulte de l'instruction que, pour les amendes forfaitaires majorées des 18 février 2016, 4 septembre 2019, 22 janvier et 24 mars 2021, le ministre de l'intérieur ne produit aucune pièce de nature à démontrer que le requérant a reçu un titre exécutoire comportant l'information préalable requise par le code de la route. Il n'établit pas non plus que le contrevenant a fait l'objet d'un procès-verbal de l'infraction comportant l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, au vu des pièces du dossier, l'administration ne peut être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe de la délivrance à M. B de cette information à l'occasion de ces infractions. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit, par suite, être accueilli.

12. Il en résulte que les décisions de retrait de 1 point pour les infractions commises les 18 février 2016, 4 septembre 2019, 22 janvier et 24 mars 2021 doivent être annulées.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de réalité des infractions :

13. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de point est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. () ". Le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, soit la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, soit la mention d'une condamnation pénale devenue définitive.

S'agissant des infractions des 11 octobre 2011, 14 août 2016, 19 juillet 2020, 27 mai, 3, 9, 10, 16 et 17 juin 2021 :

14. Il résulte des mentions portées sur le relevé d'information intégral édité le 27 décembre 2022 et joint au mémoire en défense, que les infractions précitées ont donné lieu au paiement de l'amende forfaitaire. Eu égard aux mentions de ce document et en l'absence de tout élément avancé par le contrevenant de nature à mettre en doute leur exactitude, la réalité des infractions des 11 octobre 2011, 14 août 2016, 19 juillet 2020, 27 mai, 3, 9, 10, 16 et 17 juin 2021 doit être regardée comme établie dès lors que M. B ne soutient pas avoir présenté une requête en exonération ou une réclamation.

S'agissant de l'infraction du 21 août 2019 :

15. En l'espèce, la mention " AM " figurant au relevé d'information intégral du requérant permet d'établir la réalité de l'infraction en cause dès lors que le requérant ne justifie pas avoir formé une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée afférente à cette infraction.

S'agissant de l'infraction du 27 octobre 2020 :

16. Il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la recevabilité d'une réclamation contre le titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, laquelle est appréciée par l'officier du ministère public sous le contrôle de la juridiction pénale devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a par suite entraîné l'annulation du titre. Cette preuve peut être apportée soit par un document émanant de l'autorité judiciaire, soit, au besoin, par le document couramment intitulé "bordereau de situation des amendes et des condamnations pécuniaires", tenu par le comptable public pour chaque contrevenant et dont la personne concernée peut obtenir communication en application de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration.

17. M. B soutient avoir contesté l'infraction précitée auprès de l'officier du ministère public. En l'absence de tout élément avancé par l'intéressé, qui se borne à contester la réalité des infractions en litige, de nature à mettre en doute l'exactitude des mentions portées sur le relevé d'information intégral, la réalité de ces infractions doit être regardée comme établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de cet article ne peut qu'être écarté comme n'était assorti que de faits insusceptibles de venir à son soutien.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

18. Il résulte de tout ce qui précède que l'annulation du retrait de quatre points a pour effet de rendre positif le solde de points de M. B à la date de la décision 48 SI du 30 mars 2022 invalidant le permis de conduire du requérant, qui doit par suite également être annulée. Ces annulations impliquent nécessairement, d'une part, que l'administration reconnaisse à M. B le bénéfice des points illégalement retirés dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution et sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières, d'autre part que le ministre de l'intérieur prenne toutes mesures utiles pour que le titre de conduite de M. B lui soit restitué dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve que l'intéressé ne l'ait pas conservé et qu'il n'ait pas commis une ou plusieurs infractions ayant entraîné, postérieurement au dernier retrait de points pris en compte par la décision constatant la perte de validité de son permis, des retraits de points faisant obstacle à cette restitution. Il y a en conséquence lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à ces mesures dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

19. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État la somme que M. B demande au titre de l'article L. 761-l du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : La décision 48 SI du 30 mars 2022 et les décisions de retrait de points prises consécutivement aux infractions relevées les 18 février 2016, 4 septembre 2019, 22 janvier et 24 mars 2021 sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, d'une part, de restituer à M. B les points illégalement retirés par les décisions annulées par l'article 1 ci-dessus, d'autre part, de prendre toutes mesures utiles pour que le titre de conduite de M. B lui soit restitué, dans les conditions rappelées au point 18, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2025.

Le magistrat désigné,

signé

A. MyaraLe greffier,

signé

A. Baaziz

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions