Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2300183

lundi 16 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2300183
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Almairac, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de le convoquer et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de justifier de l'envoi par voie postale de l'autorisation provisoire de séjour si cet envoi intervient en cours de procédure ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de son avocat, en application des dispositions de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, qui renonce à percevoir la somme allouée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que le préfet a illégalement refusé le 27 décembre 2022 d'enregistrer sa demande de titre de séjour, qu'il ne peut travailler et accéder aux droits sociaux et qu'il est ainsi privé de ressources financières ; il justifie d'une promesse d'embauche en date du 2 novembre 2022 ;

- la décision du 27 décembre 2022 du préfet des Alpes-Maritimes porte atteinte au respect de sa vie privée et familiale alors que l'état de santé de son épouse impose qu'il puisse l'assister au quotidien et s'occuper de leur fille mineure scolarisée ; il est porté atteinte à sa liberté d'aller et venir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant de nationalité géorgienne né le 13 avril 1990, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes d'enregistrer sa demande de titre de séjour, de le convoquer et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

4. Pour justifier l'urgence de la demande au regard des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, le requérant soutient que le préfet des Alpes-Maritimes a illégalement refusé le 27 décembre 2022 d'enregistrer sa demande de titre de séjour. Il n'est pourtant pas allégué par le requérant qu'il aurait demandé l'annulation ou la suspension de cette décision intervenue le 27 décembre 2022. Il soutient également qu'il ne peut travailler et accéder au droits sociaux pour subvenir aux besoins de sa fille mineure scolarisée et de son épouse en situation régulière qui a besoin de son aide au quotidien en raison de son état de santé. Il fait valoir également qu'il justifie d'une promesse d'embauche en date du 2 novembre 2022 et que la décision du préfet des Alpes-Maritimes porte atteinte à sa liberté d'aller et venir. Toutefois, l'ensemble des circonstances invoquées n'est pas suffisant pour caractériser l'existence d'une situation d'urgence particulière justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai de 48 heures prévu par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède, que la requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

6. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991: " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement ". La requête doit aussi être regardée comme manifestement dénuée de fondement au sens de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991. Il n'y a dès lors pas lieu d'accorder au requérant l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

7. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme à ce titre, les conclusions de M. B en ce sens doivent être rejetées.

ORDONNE :

Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Nice le 16 janvier 2023.

La juge des référés

signé

V. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation la greffière