lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2300663 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme POUGET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 février 2023, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 décembre 2022 par laquelle la commission de recours amiable lui a accordé une remise partielle de sa dette concernant un indu de prime d'activité, d'un montant de 1 518,13 euros pour la période allant de décembre 2021 à avril 2022 inclus ;
2°) de lui accorder une remise totale de sa dette.
Elle soutient qu'elle est dans une situation très précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2023, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, représenté par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Pouget, présidente.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 9 décembre 2022 par laquelle la commission de recours amiable lui a accordé une remise partielle de sa dette concernant un indu de prime d'activité, d'un montant de 1 518,13 euros pour la période allant de décembre 2021 à avril 2022 inclus, et de lui accorder une remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer () ".
3. Aux termes de l'article L. 845-3 de ce même code : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte des dispositions de ce dernier texte qu'un allocataire ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocations que s'il remplit les conditions, cumulatives, de bonne foi et de précarité.
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
5. Il résulte de l'instruction que Mme B, étant connue des services de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes en tant que personne mariée, avec deux enfants qui ne sont plus à charge, salariée, et dont l'époux est retraité, a bénéficié de la prime d'activité à compter de sa demande formée en décembre 2021. A la suite d'un réexamen de son dossier, il est apparu que l'intéressée avait commis une erreur dans la déclaration des ressources de son époux, en indiquant qu'il percevait des revenus salariés au lieu d'une pension de retraite, laquelle n'est pas sujette à bonification, contrairement aux revenus salariés. La caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes lui a notifié un indu de prime d'activité, d'un montant de 1 518,13 euros, pour la période allant de décembre 2021 à avril 2022 inclus. Par une décision du 9 décembre 2022, la commission de recours amiable a accordé à la requérante une remise partielle de sa dette à hauteur de 50%.
6. Mme B soutient qu'elle est dans une situation précaire l'empêchant de rembourser sa dette malgré la remise partielle accordée. Elle indique être à découvert, en situation de surendettement et avoir deux enfants adultes à charge sans emploi. Toutefois, elle ne verse au débat aucune pièce de nature à établir qu'elle serait dans une situation de précarité telle qu'elle aurait dû bénéficier d'une remise totale de sa dette.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Copie en sera adressée au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
La présidente,La greffière,
signésigné
M. C
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
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