lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2301010 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistre le 28 février 2023, M. A B, représenté par Me Le Bretton, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes de lui communiquer, sans délai et sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, les motifs fondant la décision par laquelle il a implicitement refusé de lui délivrer une carte de séjour ;
2°) d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, un récépissé de demande de carte de séjour assorti d'une autorisation de travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa demande du 12 décembre 2022 tendant à la communication des motifs fondant la décision implicite de rejet prise à son encontre par le préfet des Alpes-Maritimes est restée sans réponse ;
- il a formé un recours tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet prise à son encontre et la communication des motifs de ladite décision lui est nécessaire.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. A B, ressortissant tunisien né le 12 septembre 1984, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes, d'une part, de lui communiquer les motifs fondant la décision par laquelle il a implicitement refusé de lui délivrer une carte de séjour et, d'autre part, de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour assorti d'une autorisation de travailler.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative: " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
En ce qui concerne la communication des motifs fondant la décision implicite de rejet :
4. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".
5. Il résulte de l'instruction que M. B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale par une demande réceptionnée le 27 juin 2022 par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes. Il est constant que, compte tenu du silence gardé par le préfet des Alpes-Maritimes pendant plus de quatre mois sur cette demande, une décision implicite de rejet est intervenue au terme de ce délai. M. B soutient, sans être contredit par le préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire en défense, que sa demande du 12 décembre 2022, par laquelle il a sollicité auprès de ce dernier la communication des motifs fondant la décision implicite de rejet prise à son encontre, est restée sans réponse. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que l'intéressé a formé, devant le tribunal administratif de Nice, un recours tendant à l'annulation de la décision implicite en cause. Dans ces conditions, la demande formulée par M. B dans le cadre de la présente instance, présente un caractère d'urgence et d'utilité. Il ne résulte pas de l'instruction que cette demande ferait obstacle à l'exécution d'une quelconque décision administrative.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de communiquer à M. B, dans le délai de dix jours suivant la notification de la présente ordonnance, les motifs de sa décision par laquelle il a implicitement refusé de délivrer à l'intéressé une carte de séjour. Il n'y a pas lieu, toutefois, d'assortir cette mesure d'injonction d'une astreinte.
En ce qui concerne la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour :
7. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté la demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée par M. B. Dans ces conditions, la demande de l'intéressé tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour fait nécessairement obstacle à l'exécution de la décision implicite en cause. Par suite, de telles conclusions ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme à verser à M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de communiquer à M. B, dans le délai de dix jours suivant la notification de la présente ordonnance, les motifs de la décision par laquelle il a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 27 mars 2023.
Le juge des référés,
signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
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