mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2301175 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mars 2023, M. B A, représenté par Me Houam, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 11 janvier 2023 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de quatre mois, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la suspension du permis de conduire le met en grande difficultés car il exerce le métier de métreur, doit se rendre au quotidien sur des chantiers et bénéficie d'un véhicule de fonction ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors que :
- elle ne précise pas le modèle du cinémomètre ni s'il est homologué ;
- une marge d'erreur de 10% doit permettre de retenir une vitesse de 127 km/h, soit moins de 40 km/h d'écart avec la vitesse limitée à 90 km / h ;
- au point kilométrique indiqué sur l'avis de rétention, la vitesse est limitée à 110 km/h et non à 90 km/h.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 mars 2023 sous le numéro 2301070 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 janvier 2023, M. A a fait l'objet d'une mesure de rétention de son permis de conduire pour avoir commis un dépassement de plus de 40 km/h de la vitesse maximale autorisée sur la commune de Mougins, dans les Alpes-Maritimes. Par un arrêté du 11 janvier 2023, le préfet des Alpes-Maritimes a suspendu la validité du permis de conduire de l'intéressé pour une durée de quatre mois. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés du tribunal de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. A l'appui de sa demande de suspension de l'exécution de la décision litigieuse, M. A se borne à faire valoir qu'il a besoin de son permis de conduire pour exercer son activité professionnelle de métreur puisqu'il bénéficie d'un véhicule de fonction mis à disposition par son employeur. Il verse aux débats son contrat de travail. Toutefois, le requérant n'apporte au soutien de sa requête aucun élément justifiant que son activité professionnelle étant empêchée du fait qu'il ne peut pas conduire pendant quatre mois, il serait exposé à une rupture de son contrat de travail et à une précarité financière qui pourrait en résulter. Il n'apporte ainsi pas de justifications suffisantes de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, de faire application de l'article L. 522-3 de ce code et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Nice, le 14 mars 2023.
Le juge des référés,
Signé
T. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
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