lundi 18 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2301764 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. FAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2023 Mme B A demande au tribunal :
* d'annuler la décision en date du 9 mars 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a refusé de lui accorder une remise de la dette d'un montant de 3 791,00 euros relative à un trop-perçu d'aide personnalisée au logement référencé IN5 002 pour la période des mois de janvier à novembre 2022 ;
* de prononcer la remise totale de la somme de 3 791,00 euros.
Mme A soutient qu'elle est de bonne foi pour avoir régulièrement déclaré ses ressources et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser le trop-perçu mis à sa charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2023, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le code de la sécurité sociale ;
* le code de justice administrative.
Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Faÿ pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Faÿ, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier en date du 9 mars 2023, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a informé Mme A de sa décision de refuser sa demande de remise de la dette d'un montant de 3 791,00 euros correspondant à un trop perçu d'aide personnalisée au logement pour la période du mois de janvier au mois de novembre 2022 référencé IN5 002. Mme A demande l'annulation de la décision en date du 9 mars 2023 ainsi que la remise totale de la somme de 3 791,00 euros.
Sur le bien-fondé de l'indu
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; (). " Aux termes des dispositions de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. () " et aux termes des dispositions de l'article R. 822-4 dudit code : " I.-Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu (). " Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. "
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. Mme A soutient qu'elle est de bonne foi, qu'elle a toujours déclaré l'ensemble de ses ressources sans retard et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser le trop-perçu d'un montant de 3 791 euros qui lui est réclamé. Cependant, au soutien de ses allégations, notamment celles relatives à sa situation financière, la requérante ne produit aucun élément de nature à en apprécier la pertinence. En outre, Mme A ne conteste pas que l'administration fiscale n'a pas retenu pour l'établissement de l'impôt sur le revenu de l'année 2021 les ressources annuelles pour elle-même et son compagnon déclarées à la caisse d'allocation familiale le 26 janvier 2022 pour un montant de 1 980 euros de pensions alimentaires et de 20 664,00 euros de frais réels. Dès lors, c'est à bon droit qu'en application des dispositions de l'article R. 822-4 mentionné au point 2 ci-dessus, la caisse d'allocation familiale des Alpes-Maritimes a procédé à la révision des droits de la requérante pour les mois de janvier à novembre 2022 pour un montant de 3 791,00 euros dont, au demeurant, la requérante ne conteste pas le quantum. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'est pas redevable de l'indu d'aide personnalisée au logement référencé IN5 002.
Sur la demande de remise totale de l'indu
5. Aux termes de l'article L. 351-14 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le directeur de l'organisme payeur statue, après avis de la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, sur : / 1° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires de l'aide personnalisée au logement en cas de réclamation d'un trop-perçu ; () / Les recours relatifs à ces décisions sont portés devant la juridiction administrative. " et aux termes des dispositions de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; / 3° Le montant du loyer payé, pris en compte dans la limite d'un plafond, ainsi que les dépenses accessoires retenues forfaitairement ; / 4° La qualité du demandeur : locataire, colocataire ou sous-locataire d'un logement meublé ou non, accédant à la propriété ou résident en logement-foyer. / () "
6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.
7. Il résulte de l'instruction que, comme il a été dit au point 4 ci-dessus, Mme A ne démontre pas se trouver dans une situation financière ne lui permettant pas de rembourser le montant de l'indu mis à sa charge. En outre, la requérante ne conteste ni le quotient familial d'un montant de 869 euros ni la capacité de remboursement d'un montant de 278 euros retenus par la caisse d'allocation familiale. Dès lors, ladite caisse pouvait, dans sa notification de dette en date du 18 décembre 2022, retenir, pour permettre de rembourser l'indu, la somme de 124,25 euros sur les allocations de la requérante à compter du mois de janvier 2023. Par suite, la requérante n'est pas fondée à demander la remise totale, ni même partielle, de la dette d'un montant de 3 791 euros
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
D. FaÿLa greffière,
Signé
N. KatarynezukLa République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
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