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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2301909

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2301909

jeudi 20 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2301909
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 avril 2023, M. C A, représenté par Me Trombetta, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de mettre à sa disposition son titre de séjour couvrant la période d'octobre 2021 à octobre 2022 et de lui délivrer un récépissé valant titre de séjour jusqu'à l'examen de sa demande de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que ses différentes démarches pour récupérer son titre de séjour sont restées vaines, qu'il ne peut toujours pas finaliser sa demande de renouvellement de titre de séjour pour les années 2022/2023 du fait qu'il ne dispose pas de son titre de séjour couvrant la période 2021/2022 et qu'il se trouve également en difficulté avec son école puisqu'en l'état, il ne pourra se présenter à ses examens tant qu'il ne disposera pas de son nouveau titre de séjour ou à tout le moins, d'un récépissé en cours de validité ;

- le comportement de l'administration porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors que son titre est prêt depuis le 5 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est né en 2002, de nationalité ivoirienne. Il est entré en France avec un visa étudiant valable du 14 octobre 2020 au 14 octobre 2021. Il fait valoir qu'à l'issue de sa première année d'étude, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Le 9 décembre 2021, une attestation de décision favorable concernant sa demande de renouvellement de titre de séjour a été prise et indique qu'une carte de séjour temporaire, valable du 15 octobre 2021 au 14 octobre 2022 portant la mention " étudiant - élève " va lui être délivrée. Toutefois, l'intéressé soutient qu'en dépit de ses démarches, il n'a jamais pu obtenir un titre de séjour et a seulement bénéficié d'un récépissé valable du 4 octobre au 3 décembre 2022. Par sa requête, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de mettre à sa disposition son titre de séjour couvrant la période d'octobre 2021 à octobre 2022 et de lui délivrer un récépissé valant titre de séjour jusqu'à l'examen de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. En distinguant deux procédures prévues respectivement par les articles L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles est subordonnée l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, l'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions citées au point précédent de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans des délais extrêmement brefs.

4. En l'espèce, M. A soutient que la condition d'urgence est remplie car ses différentes démarches pour récupérer son titre de séjour sont restées vaines, il ne peut toujours pas finaliser sa demande de renouvellement de titre de séjour pour les années 2022/2023 du fait qu'il ne dispose pas de son titre de séjour couvrant la période 2021/2022 et il se trouve en difficulté avec son école tant qu'il ne disposera pas de son nouveau titre de séjour ou à tout le moins, d'un récépissé en cours de validité. Il verse aux débats un courrier de la directrice du campus Riera, en date du 24 février 2023, demandant qu'il soit en possession d'un titre de séjour valide afin de se présenter à ses examens et fixant " la date butoir de conformité de son dossier " au vendredi 14 avril 2023. Il fait valoir qu'en raison de l'engagement de deux procédures de référé en mars 2023 son école lui a accordé un ultime délai sans le préciser. Toutefois il indique lui-même avoir déjà saisi le 17 mars 2023 le tribunal administratif d'un référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et n'allègue pas avoir contesté le rejet de son précédent référé fondé sur les dispositions de l'article L.521-2 du code de justice administrative et qui lui a été notifié le 10 mars 2023. Par les circonstances ainsi exposées, il ne justifie pas qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans le délai contraint de quarante-huit heures, alors qu'au demeurant il a saisi le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une requête qui est en cours d'instruction.

5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'étant pas ainsi fondé à saisir le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, les conclusions de sa requête, y compris celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.

Fait à Nice le 20 avril 2023.

La juge des référés

signé

V. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation la greffière,

N°2301909

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