mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2302065 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | FILLIEUX |
Vu la procédure suivante :
I. - Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés sous le n° 2302065 les 28 avril 2023 et 29 décembre 2023, Mme C A, représentée par Me Fillieux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commune de Cannes a mis fin à son congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 7 août 2022 ;
2°) d'annuler la décision par laquelle la commune de Cannes l'a placé en congé de maladie ordinaire à compter du 7 août 2022 ;
3°) d'annuler la décision du 16 mai 2023 ;
4°) d'enjoindre au maire de la commune de Cannes de procéder à la reconstitution de sa carrière à compter du 7 août 2022 dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Cannes une somme de 3 500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision mettant fin à son congé pour invalidité temporaire imputable au service :
- elle est entachée d'un vice d'incompétence en ce qu'il n'est pas justifié de l'existence d'une délégation au profit du signataire suffisamment précise, ni de sa publication ni de sa transmission au contrôle de légalité ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 822-18, L. 822-21 et L. 822-22 du code général de la fonction publique dès lors que son état de santé actuel est en lien direct et certain avec l'accident de service subi le 7 août 2020 ; elle remplissait ainsi les conditions pour bénéficier d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service au-delà du 7 août 2022.
S'agissant de la décision la plaçant en congé de maladie ordinaire à compter du 7 août 2022 :
- elle est entachée d'un vice d'incompétence en ce qu'il n'est pas justifié de l'existence d'une délégation au profit du signataire suffisamment précise, ni de sa publication ni de sa transmission au contrôle de légalité ;
- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision mettant fin au congé pour invalidité temporaire imputable au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2023, ainsi qu'un mémoire en défense enregistré le 19 février 2024 et non communiqué, la commune de Cannes, représentée par Me Eglie-Richters, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 29 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 février 2024.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice du 3 août 2023.
II. - Par une requête, enregistrée sous le n° 2301851 le 14 avril 2023, Mme C A, représentée par Me Marcilly, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recettes émis le 1er avril 2023 ;
2°) de la décharger du versement de la somme de 2 852 euros ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Cannes le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre de recettes a été émis en méconnaissance de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales à défaut de justifier, pour la commune, de la signature du bordereau de titre de recettes ;
- ce titre est insuffisamment motivé ;
- ce titre n'est pas fondé : la commune de Cannes n'a jamais pris de décision mettant fin au congé pour invalidité temporaire ; elle a pris la décision de la placer d'office à titre rétroactif en congé de maladie ordinaire sans saisine préalable du conseil médical, la privant ainsi d'une garantie ; son état de santé est liée à l'agression dont elle a été victime en service, de sorte qu'elle ne pouvait pas être placée en congé de maladie ordinaire et la commune ne peut donc demander le remboursement d'un trop-perçu de rémunération ;
- les sommes qui lui sont réclamées ne sont dès lors pas dues, il y a lieu de l'en décharger.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2024, la commune de Cannes, représentée par Me Eglie-Richters, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue 3 jours francs avant l'audience.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice du 1er juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 janvier 2025 :
- le rapport de Mme Gazeau,
- les conclusions de Mme Guilbert, rapporteure publique,
- et les observations de Me Debruge, représentant la commune de Cannes.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjointe administrative, exerce les fonctions d'agente de surveillance de la voie publique au sein de la commune de Cannes. Elle a été victime d'une agression en service le 7 août 2020 lors de l'interpellation d'un jeune homme qui l'a faite chuter et lui a asséné plusieurs coups de pied alors qu'elle était au sol. M. B, mineur au moment des faits, a été reconnu coupable de faits d'outrage, rébellion et violence sur trois agents dépositaires de l'autorité publique par jugement du tribunal judiciaire de Grasse du 15 novembre 2021. Par un second jugement en date du 16 janvier 2023, le tribunal judiciaire de Grasse a condamné M. B à verser à Mme A la somme totale de 28 757,40 euros en réparation des préjudices subis. La commune de Cannes a pris en charge la totalité du montant de la réparation déterminée par le juge judiciaire compte tenu de l'insolvabilité de l'auteur des faits par la conclusion d'un protocole transactionnel entériné par délibération du conseil municipal du 24 avril 2023. La consolidation de l'état de santé de Mme A a été fixée au 7 août 2022 par le docteur D, missionné par la commune de Cannes pour une expertise médicale. A compter de cette date, la commune de Cannes a placé l'intéressée en congé de maladie ordinaire, mettant ainsi fin au congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) à cette même date. L'exécution des décisions mettant fin au congé de Mme A pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 7 août 2022 et la plaçant en congé de maladie ordinaire à compter de la même date a été suspendue par ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nice n° 2302064 du 24 mai 2023.
2. Par arrêté du 16 mai 2023, la commune de Cannes a décidé du placement de Mme A en congé de maladie ordinaire du 7 août 2022 au 6 août 2023, avec une rémunération à plein traitement du 7 août au 4 novembre 2022 et une rémunération à demi-traitement du 5 novembre 2022 au 6 août 2023. Un titre exécutoire a été par ailleurs émis le 1er avril 2023 par lequel la commune de Cannes sollicite le versement de la somme de 2 852 euros au titre des indus de rémunération perçus par la requérante. D'une part, Mme A demande au tribunal, par la requête n° 2302065, l'annulation des décisions mettant fin à son congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 7 août 2022 et la plaçant en congé de maladie ordinaire à compter de cette date, ainsi que de l'arrêté du 16 mai 2023. D'autre part, par la requête enregistrée sous le n° 2301851, Mme A demande au tribunal l'annulation du titre exécutoire du 1er avril 2023.
Sur la jonction :
3. Les requêtes nos 2302065 et 2301851 concernent la situation d'un même agent public, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement
Sur l'étendue du litige :
4. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision.
5. Par la requête introductive d'instance enregistrée au greffe du tribunal sous le n° 2302065 le 28 avril 2023, Mme A demande l'annulation des décisions par lesquelles le maire de la commune de Cannes a mis fin à son congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 7 août 2022 et l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter de cette même date. Par une décision du 16 mai 2023, intervenue en cours d'instance, le maire de la ville de Cannes a décidé du placement de Mme A en congé de maladie ordinaire du 7 août 2022 au 6 août 2023, avec un placement à demi-traitement à compter du 5 novembre 2022, et a ainsi implicitement mais nécessairement mis fin au congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 7 août 2022. Une telle décision, qui revêt la même portée que les décisions attaquées par Mme A dans sa requête introductive d'instance, doit être regardée comme s'y étant substituée. Cette décision, qui est intervenue en cours d'instance, antérieurement au présent jugement, régularise les conclusions à fin d'annulation de la requête. Dans ces conditions, Mme A doit ainsi être regardée comme sollicitant l'annulation de la décision du 16 mai 2023.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne la décision mettant fin au congé pour invalidité temporaire imputable au service au 7 août 2022 :
6. Aux termes de l'article L. 822-18 du code général de la fonction publique : " Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service ". Aux termes de l'article L. 822-21 de ce code : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à : / 1° Un accident reconnu imputable au service tel qu'il est défini à l'article L. 822-18 ; () ". Selon l'article L. 822-22 du même code : " Le fonctionnaire bénéficiaire d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite ".
7. Lorsque l'incapacité temporaire de travail d'un fonctionnaire est consécutive à un accident reconnu imputable au service, ce dernier conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite et bénéficie du remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par cet accident. Le droit de l'intéressé à la prise en charge, au titre de l'accident de service, des arrêts de travail et des soins postérieurs à la consolidation de son état de santé demeure toutefois subordonné à l'existence d'un lien direct entre l'affection et l'accident de service, et prend nécessairement fin à la date de guérison des troubles imputables à cet accident.
8. Il ressort des pièces du dossier, notamment des rapports d'expertise, que l'accident de service dont Mme A a été victime le 7 août 2020 lui a occasionné, outre des douleurs physiques, un syndrome anxiodépressif et phobique, se traduisant notamment par des troubles du sommeil et des angoisses, et nécessitant une prise en charge psychiatrique et psychothérapeutique avec traitement psychotrope. Le médecin expert désigné par le tribunal judiciaire de Grasse, qui l'a examinée le 17 janvier 2022 et le 25 mai 2022, après avoir relevé l'absence d'antécédents psychiatriques, a estimé, dans son premier rapport que l'état de santé de la requérante n'était pas consolidé en janvier 2022, puis dans son second rapport, remis au mois de mai suivant, a fixé la date de consolidation au jour de l'examen, soit le 25 mai 2022, et déterminé le taux de déficit fonctionnel temporaire à 10% à compter de cette date tout en préconisant une reconversion professionnelle de la requérante. Le médecin expert mandaté par la commune de Cannes a relevé, dans ses deux premiers rapports en date des 9 février et 16 novembre 2021, le caractère évolutif de la pathologie dont souffre Mme A et du lien direct entre cette pathologie (état anxiodépressif et phobique) avec l'agression du 7 août 2020 et indiqué que le maintien de l'intéressée en arrêt de travail au titre de l'accident de travail était justifié sans possibilité de proposition de date de reprise. Dans son dernier rapport remis le 12 septembre 2022, ce même expert a estimé que " la consolidation peut être fixée au 7 août 2022, soit à deux ans de la survenue des faits " et que " les soins actuels ne sont plus que partiellement imputables à l'état post-traumatique en cause dans la mesure où il existait d'une part un état antérieur et d'autre part la survenue de nouveaux évènements de nature à entretenir un état anxieux et dépressif ". Ce rapport conclut à un taux d'incapacité permanente partielle de 7% au titre des séquelles de l'accident du 7 août 2020 et à une reprise d'activité sur la voie publique difficilement compatible avec l'état de santé de Mme A en raison de sa vulnérabilité psychologique. Si le dernier rapport de l'expert mandaté par la commune et celui de l'expert désigné par le juge judiciaire retiennent une date de consolidation fixée respectivement au 7 août 2022 et au 25 mai 2022, sans plus de précision au demeurant sur la détermination de ces dates, ils précisent cependant que l'état psychologique de Mme A n'est pas compatible avec une reprise d'activité professionnelle sur la voie publique voire dans la police de proximité. Surtout, le dernier rapport de l'expert missionné par la commune fait état de soins encore partiellement imputables à l'état post-traumatique de Mme A résultant de son accident de service du 7 août 2020. Par ailleurs, il ressort des pièces versées aux débats et notamment des certificats médicaux produits par la requérante et établis par son psychiatre que celui-ci atteste la suivre régulièrement depuis octobre 2021, qu'elle présente des phobies ainsi que de gros troubles névrotiques invalidants. Au vu de ces éléments, en mettant fin à son CITIS et en la plaçant en congé de maladie ordinaire à compter du 7 août 2022, la commune de Nice a commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions citées au point 6.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens concernant la décision mettant fin, à compter du 7 août 2022, au bénéfice du congé pour invalidité temporaire imputable au service, que Mme A est fondée à demander l'annulation de celle-ci.
En ce qui concerne la décision la plaçant en congé de maladie ordinaire à compter du 7 août 2022 :
10. En raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi de conclusions recevables dirigées contre de telles décisions consécutives, de prononcer leur annulation par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen, qui découle de l'autorité absolue de chose jugée qui s'attache à l'annulation du premier acte.
11. La décision par laquelle le maire de Cannes a placé Mme A en congé de maladie ordinaire, à plein traitement du 7 août 2022 au 4 novembre 2022, puis à demi-traitement du 5 novembre 2022 au 6 août 2023, a été prise à la suite de la décision mettant fin à son congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 7 août 2022. Ainsi, elle n'aurait pu légalement être prise en l'absence de la décision mettant fin au congé pour invalidité temporaire imputable au service. Par suite, et sauf à priver de sa portée l'annulation de la décision mettant fin au bénéfice du congé pour invalidité temporaire imputable au service à partir du 7 août 2022, une telle annulation implique, par voie de conséquence, celle de la décision portant placement à compter de cette même date de Mme A en congé de maladie ordinaire. Il suit de là que l'annulation pour excès de pouvoir de la décision mettant fin au bénéfice de Mme A du congé pour invalidité temporaire imputable au service à partir du 7 août 2022 emporte par voie de conséquence celle de la décision la plaçant en congé de maladie ordinaire à compter de cette même date. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens dirigés contre cette dernière décision, Mme A est fondée à en demander l'annulation.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 16 mai 2023.
En ce qui concerne le titre exécutoire du 1er avril 2023 :
13. Le titre exécutoire du 1er avril 2023 a pour objet le recouvrement des indus de rémunération qu'aurait perçu la requérante sur les mois de septembre à décembre 2022 et janvier 2023, en ce qu'elle aurait été placée à tort à plein traitement. Toutefois, l'annulation de la décision du 16 mai 2023 en ce qu'elle met fin au congé pour invalidité temporaire imputable au service de Mme A à partir du 7 août 2022 et en ce qu'elle la place à compter de cette même date en congé pour maladie ordinaire à plein traitement jusqu'au 4 novembre 2022 puis à demi-traitement du 5 novembre 2022 au 6 août 2023 emporte, par voie de conséquence, l'annulation du titre exécutoire émis le 1er avril 2023 pris sur le fondement de la première. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens dirigés contre cette dernière décision, Mme A est fondée à en demander l'annulation et à être déchargée de l'obligation de payer la somme de 2 852 euros.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. L'annulation de la décision du 16 mai 2023 en tant qu'elle place Mme A en congé de maladie ordinaire à compter du 7 août 2022 et qu'elle refuse de prolonger le congé pour invalidité temporaire imputable au service à son profit à compter de cette même date, implique nécessairement que la ville de Cannes reconstitue sa carrière conformément aux motifs du présent jugement, notamment en la plaçant en position de congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 7 août 2022, avec toutes conséquences financières, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à trois mois à compter de la notification de ce jugement. Il n'y a pas lieu en revanche d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, une somme au titre des frais exposés par la commune de Cannes.
16. Il y a lieu, en revanche, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de la commune de Cannes une somme globale de 1 500 euros au bénéfice de l'avocat de Mme A, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 16 mai 2023 portant placement de Mme A en congé de maladie ordinaire du 7 août 2022 au 6 août 2023, avec une rémunération à plein traitement du 7 août au 4 novembre 2022 et une rémunération à demi-traitement du 5 novembre 2022 au 6 août 2023, est annulée.
Article 2 : Le titre exécutoire émis le 1er avril 2023 à l'encontre de Mme A est annulé.
Article 3 : Mme A est déchargée de l'obligation de payer la somme de 2 852 euros.
Article 4 : Il est enjoint à la commune de Cannes de reconstituer la carrière de Mme A conformément aux motifs du présent jugement, notamment en la plaçant en position de congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 7 août 2022, avec toutes conséquences financières, dans le délai de trois mois à compter de sa notification.
Article 5 : La commune de Cannes versera à l'avocat de Mme A une somme globale de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : Les conclusions présentées par la commune de Cannes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de Cannes.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
M. Loustalot-Jaubert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
Le président,
signé
P. Soli La greffière,
signé
B-P. Antoine
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
2 et 2301861
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026