lundi 12 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2302178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2023, M. D A B, représenté par Me Hmad, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du préfet des Alpes-Maritimes du 21 mars 2023 portant retrait et refus d'admission au regroupement familial au bénéfice de son épouse et de ses deux enfants;
3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, sous astreinte de 150 euros par jour de retard dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance rendue, d'autoriser le regroupement familial ; à titre subsidiaire, d'ordonner le réexamen de sa demande ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'articleL.761 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que sa demande a été déposée depuis le 14 juin 2021, que ses enfants doivent pouvoir débuter en septembre 2023 leur scolarité en France dans de bonnes conditions ;
- il existe un doute sur la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée est entachée d'erreurs de fait sur l'existence d'un licenciement pour faute grave et sur sa situation financière
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation.
Par un mémoire, enregistré le 1er juin 2023, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas démontrée et qu'il n'existe pas de doute sur la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2302177, enregistrée le 7 mai 2023, par laquelle le requérant demande l'annulation de l'acte attaqué.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique:
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Hmad, représentant M. A B.
Le préfet des Alpes-Maritimes n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du préfet des Alpes-Maritimes du 21 mars 2023 portant retrait et refus d'admission au regroupement familial au bénéfice de son épouse et de ses deux enfants.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé du requérant, il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. Pour justifier de l'urgence à ce qu'il soit fait droit à ses conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision contestée, le requérant expose que sa demande a été déposée le 14 juin 2021, que la famille est séparée depuis longtemps alors qu'il remplit les conditions pour obtenir le regroupement familial et que la scolarité des enfants sera perturbée s'ils ne peuvent pas effectuer une remise à niveau estivale en langue pour effectuer leur prochaine rentrée scolaire en septembre 2023. Toutefois, aucune des circonstances exposées n'est, en l'état de l'instruction, de nature à caractériser l'existence d'un préjudice suffisamment grave et immédiat à la situation de M. A B et donc une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice. Dans ces conditions, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas satisfaite. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner si les moyens invoqués sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions exceptées celles relatives à l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 12 juin 2023.
La présidente de la 6ème chambre,
signé
V. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026