lundi 12 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2302311 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mai 2023, M. A B, représenté par Me Le Gars, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du préfet des Alpes-Maritimes du 28 février 2023 portant refus de délivrance d'un certificat de résidence algérien d'un an;
3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé 48 heures après la notification du référé ;
4°) à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans le mois suivant la notification de l'ordonnance sous astreinte de 100 euros par jour de retard
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il perdra le bénéfice de son contrat à durée indéterminée ;
- il existe un doute sur la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit sur les conditions requises par l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968; le préfet ne pouvait tenir compte de la procédure de divorce engagée par son épouse ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation :
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 23002309, enregistrée le 13 mai 2023, par laquelle le requérant demande l'annulation de l'acte attaqué.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique:
- le rapport de Mme C;
- et les observations de Me Le Gars, représentant M.B.
Le préfet des Alpes-Maritimes n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du préfet des Alpes-Maritimes du 28 février 2023 portant refus de délivrance d'un certificat de résidence algérien d'un an.
Sur les conclusions tendant à l'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé du requérant, il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier si la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe satisfaite dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. Pour justifier l'existence d'une situation d'urgence, M. B fait valoir qu'il dispose d'un contrat à durée indéterminée depuis le 1er décembre 2022, qu'il ne pourra plus travailler, faire valoir ses droits à l'assurance chômage, subvenir à ses besoins et suivre sa formation MBA Ingéniérie financière à laquelle il est inscrit pour la période du 1er mars 2023 au 30 avril 2024. Il résulte de l'instruction que la décision en litige porte sur une première demande de titre de séjour pour laquelle l'urgence n'est pas présumée. Il résulte de la pièce produite par le requérant que la formation MBA qu'il allègue suivre est une formation de 600 heures qui se déroule à distance et qu'il pourrait ainsi poursuivre dans son pays d'origine. Il résulte également de l'instruction que le requérant, séparé de son épouse de nationalité française qui a engagé une procédure de divorce en septembre 2022, est sans enfant à charge et qu'il a indiqué, au cours de l'audience, recevoir une aide de sa famille, de son père médecin en Algérie, même si cette aide est ponctuelle. Les éléments exposés par le requérant et ceux produits au dossier ne permettent pas, en l'état de l'instruction, de regarder les effets de la décision attaquée comme lui portant un préjudice grave et immédiat, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision qu'il conteste soit suspendue. Dans ces conditions, il ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant en l'espèce la condition d'urgence, qui n'est pas présumée s'agissant du refus de délivrance d'un premier titre de séjour. Par suite, la condition d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme étant remplie.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, que les conclusions à fin de suspension de la requête de M. B doivent être rejetées, ainsi et celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 12 juin 2023.
La présidente de la 6ème chambre,
signé
V. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026