mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2302464 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SANCHEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2023, Mme D, M. B C et Mme A C, représentés par Me Sanchez, demandent au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé de les admettre au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de condamner l'Etat aux entiers dépens ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure pour défaut de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles méconnaissent les dispositions du 7° de l'article L. 313 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- ils sont fondés à obtenir le renouvellement de leur titre de séjour en qualité de visiteur sur le fondement de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ils sont fondés à obtenir une admission exceptionnelle au séjour ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et portent une atteinte disproportionnée à leur vie personnelle.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 7 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 21 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Duroux, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E C, ressortissante américaine née le 3 juillet 1942, M. B C, ressortissant américain né le 21 juillet 1949 et Mme A C, ressortissante américaine née le 16 octobre 1986, ont sollicité, par une demande du 23 janvier 2023, complétée par courrier du 10 février 2023 reçu le 15 février 2023, le renouvellement de leur carte de séjour en qualité de visiteur, à défaut, leur admission exceptionnelle au séjour. Leurs demandes ont fait l'objet d'un rejet implicite par le préfet des Alpes-Maritimes. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal d'annuler les décisions de rejet implicite du préfet des Alpes-Maritimes.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / () ". La consultation obligatoire de la commission du titre de séjour, telle qu'elle est prévue par les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a pour objet d'éclairer l'autorité administrative sur la possibilité de régulariser la situation administrative d'un étranger et constitue pour ce dernier une garantie substantielle.
3. Si les requérants soutiennent être présents en France depuis 1992, ils ne versent aucune pièce au dossier permettant de justifier une résidence stable et continue sur le territoire français depuis cette date. A l'exception d'une procuration bancaire de 2011, d'un avis de taxe foncière et de taxes additionnelles de 1992 et les cartes de séjour en qualité de visiteur délivrées en 2019 à Mme D et en 2018 à M. B C et à Mme A C, les requérants se bornent à produire des pièces datant de 2022 et 2023. Par suite, ils n'établissent pas avoir résidé en France de manière ininterrompue depuis plus de dix ans. Le moyen tiré d'un vice de procédure pour défaut de saisine préalable de la commission du titre de séjour doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que les requérants ont présenté une demande de renouvellement de leur carte de visiteur et une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès du préfet des Alpes-Maritimes par une demande reçue le 23 janvier 2023, complétée par courrier du 10 février 2023, reçu le 15 février 2023. En application des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet est née sur ces demandes à la suite du silence gardé pendant plus de quatre mois par les services préfectoraux, soit le 15 juin 2023. Si, par un courrier réceptionné par les services du préfet des Alpes-Maritimes le 20 avril 2023, le conseil du requérant a sollicité auprès du préfet la communication des motifs de ces décisions, aucune décision implicite de rejet n'était encore intervenue à cette date. Par conséquent, la demande de communication de motifs se trouvait prématurée et le silence observé par le préfet après la réception du courrier du 20 avril 2023 est sans incidence sur la légalité des décisions litigieuses. Le moyen tiré du défaut de motivation des décisions implicites de rejet attaquées ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. Au regard de ce qui a été dit au point 3 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions litigieuses méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni qu'elles seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la vie personnelle des requérants. Par suite, ces moyens seront écartés.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui apporte la preuve qu'il peut vivre de ses seules ressources, dont le montant doit être au moins égal au salaire minimum de croissance net annuel, indépendamment de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale et de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " d'une durée d'un an. / Il doit en outre justifier de la possession d'une assurance maladie couvrant la durée de son séjour et prendre l'engagement de n'exercer en France aucune activité professionnelle. / Par dérogation à l'article L. 414-10, cette carte n'autorise pas l'exercice d'une activité professionnelle. / Les conditions d'application du présent article sont précisées par décret en Conseil d'Etat. ".
8. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les requérants aient pris l'engagement de n'exercer en France aucune activité professionnelle. Par ailleurs, en produisant un relevé bancaire faisant état d'un solde, au 5 janvier 2023, d'un montant total de 10 323,73 euros, Mme D et M. B C n'apportent pas la preuve qu'ils peuvent vivre de leurs seules ressources, dès lors que ce montant est inférieur au salaire minimum de croissance net annuel qui s'élève à 16 236 euros en janvier 2023. En se prévalant uniquement de la procuration bancaire qu'elle dispose sur les comptes de ses parents, Mme A C n'apporte pas davantage la preuve qu'elle peut vivre de ses seules ressources. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'ils remplissent les conditions de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir le renouvellement de leur titre de séjour en qualité de visiteur.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / () ".
10. Les requérants ne se prévalent d'aucun motif exceptionnel ni d'aucune circonstance humanitaire justifiant qu'il soit fait droit à leur demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sera écarté.
11. En sixième et dernier lieu, dès lors que l'article L. 313 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'existe pas, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 7° de l'article L. 313 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sera écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les dépens :
13. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions formées à ce titre sont sans objet et doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C et autres est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, à M. B C, à Mme A C et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Duroux, première conseillère,
Mme Sandjo, conseillère,
assistés de Mme Bianchi, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
G. DUROUX
Le président,
signé
F.PASCALLa greffière,
Signé
L. BIANCHI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
Ou par délégation, le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026