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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2302494

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2302494

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2302494
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en formation de 6ème chambre, était saisi de deux requêtes en excès de pouvoir par des ressortissants tunisiens, Mme D épouse C et M. C, contestant le refus implicite du préfet des Alpes-Maritimes de leur délivrer un titre de séjour. Les requérants invoquaient notamment la méconnaissance de l'accord franco-tunisien, des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), ainsi que de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a constaté que le préfet avait délivré aux intéressés une carte de séjour temporaire valable jusqu'en février 2025, postérieurement à l'introduction des recours. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales, les décisions attaquées ayant perdu leur objet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2302494 le 24 mai 2023, Mme A D épouse C, représentée par Me Khadraoui-Zgaren, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé son admission au séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de son dossier dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler ;

4°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- elle a été prise en méconnaissance des articles 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié et 2.3.3 de l'accord cadre franco-tunisien du 28 avril 2008 ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- cette décision est intervenue en méconnaissance des stipulations de l'article 8 et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Une pièce, enregistrée le 29 août 2024, a été produite par le préfet des Alpes-Maritimes.

II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2302510 le 24 mai 2023, M. B C, représenté par Me Khadraoui-Zgaren, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé son admission au séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de son dossier dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler ;

4°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- cette décision est intervenue en méconnaissance des stipulations de l'article 8 et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Une pièce, enregistrée le 29 août 2024, a été produite par le préfet des Alpes-Maritimes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Gazeau a été entendu au cours de l'audience publique du 10 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D épouse C et M. C, ressortissants tunisiens, demandent au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, les décisions par lesquelles le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé de les admettre au séjour.

2. Les requêtes nos 2302494 et 2302510 concernent la situation d'un même couple d'étranger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

3. Il ressort des pièces du dossier que le préfet des Alpes-Maritimes a décidé d'accorder à Mme D épouse C le 29 mai 2024 et à M. C le 2 avril 2024, soit postérieurement à l'enregistrement des requêtes, une carte de séjour temporaire valable, pour chacun des requérants, du 13 février 2024 au 12 février 2025. Par suite, les conclusions susvisées de Mme D épouse C et de M. C ont perdu son objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par chacun des requérants au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les requêtes de Mme D épouse C et de M. C.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes nos 2302494 et 2302510 est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et Mme A D épouse C et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Soli, président,

Mme Gazeau, première conseillère,

Mme Guilbert, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

La rapporteure,

signé

D. Gazeau

Le président,

signé

P. SoliLa greffière,

signé

C. Ravera

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière

Nos 2302494 et 2302510

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