mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2302494 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2302494 le 24 mai 2023, Mme A D épouse C, représentée par Me Khadraoui-Zgaren, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé son admission au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de son dossier dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler ;
4°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle a été prise en méconnaissance des articles 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié et 2.3.3 de l'accord cadre franco-tunisien du 28 avril 2008 ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- cette décision est intervenue en méconnaissance des stipulations de l'article 8 et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Une pièce, enregistrée le 29 août 2024, a été produite par le préfet des Alpes-Maritimes.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2302510 le 24 mai 2023, M. B C, représenté par Me Khadraoui-Zgaren, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé son admission au séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de son dossier dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler ;
4°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- cette décision est intervenue en méconnaissance des stipulations de l'article 8 et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Une pièce, enregistrée le 29 août 2024, a été produite par le préfet des Alpes-Maritimes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gazeau a été entendu au cours de l'audience publique du 10 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D épouse C et M. C, ressortissants tunisiens, demandent au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, les décisions par lesquelles le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé de les admettre au séjour.
2. Les requêtes nos 2302494 et 2302510 concernent la situation d'un même couple d'étranger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
3. Il ressort des pièces du dossier que le préfet des Alpes-Maritimes a décidé d'accorder à Mme D épouse C le 29 mai 2024 et à M. C le 2 avril 2024, soit postérieurement à l'enregistrement des requêtes, une carte de séjour temporaire valable, pour chacun des requérants, du 13 février 2024 au 12 février 2025. Par suite, les conclusions susvisées de Mme D épouse C et de M. C ont perdu son objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par chacun des requérants au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les requêtes de Mme D épouse C et de M. C.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes nos 2302494 et 2302510 est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et Mme A D épouse C et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
Le président,
signé
P. SoliLa greffière,
signé
C. Ravera
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Nos 2302494 et 2302510
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