mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2303016 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juin 2023, Mme A B demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de la convoquer en vue du dépôt de son dossier de demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " visiteur " et de lui délivrer une attestation de prolongation de ses droits dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- la condition relative à l'urgence est satisfaite, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans l'enregistrement de son dossier de demande de renouvellement de titre de séjour ;
- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité dès lors que l'enregistrement de sa demande et la délivrance d'une attestation de prolongation de ses droits lui permettraient, notamment, de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et d'y circuler librement ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme A B, ressortissante canadienne née le 21 avril 1965, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de la convoquer, dans un délai de quarante-huit heure et sous astreinte, en vue du dépôt de son dossier de demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " visiteur " et de lui délivrer une attestation de prolongation de ses droits. Elle demande également que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais de l'instance.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme B était titulaire d'une carte de séjour portant la mention " visiteur ", laquelle est arrivée à expiration le 12 juillet 2022, dont elle justifie avoir sollicité, dès le 29 mai 2022, le renouvellement via la télé-procédure " administration numérique pour les étrangers en France " (ANEF). Il est constant que, consécutivement au dépôt de sa demande, Mme B s'est vue délivrer par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes, le 28 juin 2022, une attestation favorable sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, laquelle indiquait notamment qu'une carte de séjour temporaire, valable du 29 juin 2022 au 28 juin 2023, lui serait délivrée. La requérante soutient, sans être contredite par le préfet des Alpes-Maritimes, lequel n'a pas produit de mémoire en défense, que sa nouvelle carte de séjour ne lui a jamais été délivrée et, compte tenu de la circonstance tirée de ce que ladite carte arrivait à expiration le 28 juin 2023, qu'elle a entrepris les démarches nécessaires à son renouvellement. Pour soutenir que la mesure qu'elle sollicite présente un caractère d'urgence et d'utilité, l'intéressée soutient, sans être contredite, être dans l'impossibilité de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour dans la mesure où l'utilisation de la télé-procédure dédiée exige la communication de la date à laquelle le précédent titre a été délivré à la requérante. Toutefois, et comme cela a été dit précédemment, Mme B ne s'est jamais vue délivrer le titre de séjour auquel elle avait droit. Par ailleurs, il est constant qu'en dépit des échanges entretenus avec les services préfectoraux, la situation de Mme B n'a pas, à la date de la requête et de la présente ordonnance, été résolue. Dans ces conditions, compte tenu des conséquences qu'a sur la situation de Mme B la carence de la préfecture des Alpes-Maritimes dans l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour, la mesure sollicitée par la requérante présente un caractère d'urgence et d'utilité. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que cette mesure ferait obstacle à l'exécution d'une quelconque décision administrative.
4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme B, dans le délai de huit jours suivant la notification de la présente ordonnance, une convocation en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour et, sous réserve de la complétude dudit dossier, une attestation de prolongation de ses droits. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette mesure d'injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 600 euros à verser à Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme B, dans le délai de huit jours suivant la notification de la présente ordonnance, une convocation en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour et, sous réserve de la complétude dudit dossier, une attestation de prolongation de ses droits.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B une somme de 600 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 20 septembre 2023.
Le juge des référés,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
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