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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2303204

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2303204

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2303204
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat M d'IZARN de VILLEFORT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de M. B, inspecteur du permis de conduire, qui demandait l'annulation de son compte rendu d'entretien professionnel pour l'année 2022. Le requérant soutenait que son évaluation était entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, notamment en ne reflétant pas ses efforts de perfectionnement et son engagement. Le tribunal a jugé que l'appréciation portée par l'administration, qui qualifiait sa manière de servir de satisfaisante et ses objectifs d'atteints, n'était pas contredite par les arguments du requérant. La décision a été rendue sur le fondement du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'État.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 juin 2023 et 1er novembre 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler le compte rendu d'entretien professionnel dont il a fait l'objet au titre de l'année 2022.

Il soutient que son évaluation est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par une ordonnance du 4 novembre 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.

Un mémoire, présenté par le ministre de l'intérieur, a été enregistré le 14 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. d'Izarn de Villefort pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. d'Izarn de Villefort,

- et les conclusions de M. Myara, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, inspecteur du permis de conduire et de la sécurité routière de 2ème classe en fonctions auprès de la direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes depuis le 1er juillet 2009, a, le 12 avril 2023, été reçu en entretien professionnel, au titre de l'année 2022, par la responsable du Pôle éducation routière qui a signé le compte rendu de cet entretien le jour même. Ce document a été visé par l'autorité hiérarchique le 19 avril suivant. M. B en a demandé la révision à cette même autorité par courriel du 25 mai suivant. Il demande au tribunal d'annuler ce compte rendu.

2. Aux termes de l'article 3 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " L'entretien professionnel porte principalement sur : / 1° Les résultats professionnels obtenus par le fonctionnaire eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève ; / 2° Les objectifs assignés au fonctionnaire pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des perspectives d'évolution des conditions d'organisation et de fonctionnement du service ; / 3° La manière de servir du fonctionnaire ; / 4° Les acquis de son expérience professionnelle ; / 5° Le cas échéant, la manière dont il exerce les fonctions d'encadrement qui lui ont été confiées ; / 6° Les besoins de formation du fonctionnaire eu égard, notamment, aux missions qui lui sont imparties, aux compétences qu'il doit acquérir et à son projet professionnel ; / 7° Ses perspectives d'évolution professionnelle en termes de carrière et de mobilité. () ".

3. Le compte rendu d'entretien professionnel dont M. B a fait l'objet au titre de l'année 2022 comporte une appréciation générale sur la valeur professionnelle de l'intéressé. S'agissant de l'appréciation sur ses perspectives d'évolution professionnelle, M. B est présenté comme un agent présentant un potentiel lui permettant dès à présent d'accéder à des responsabilités similaires, y compris dans un environnement différent. L'appréciation littérale de cette valeur professionnelle est ainsi rédigée : " A B est un agent sérieux, qui sait répondre aux demandes de sa hiérarchie. Sa hiérarchie salue sa démarche de perfectionnement. Il note en effet les conseils qui lui sont faits. A B a la confiance de sa hiérarchie. ". Le requérant, qui motive en partie sa requête par référence au contenu de sa demande de révision, ne conteste pas l'appréciation ainsi libellée de sa valeur professionnelle mais estime que le compte rendu d'entretien professionnel ne fait pas apparaître les efforts effectués pour se perfectionner et son engagement pour améliorer les conditions de travail et de passage des examens de conduite. Toutefois, cette formulation rend compte des efforts effectués pour améliorer son travail administratif, notamment le délai de remise de ses états de frais. Par ailleurs, sa manière de servir est appréciée comme très satisfaisante en ce qui concerne ses qualités relationnelles, son engagement professionnel, son esprit d'initiative et son sens des responsabilités. L'argumentation développée par M. B n'est pas de nature à contredire l'appréciation de la qualité de son travail, qualifiée de satisfaisante et non pas de très satisfaisante. En outre, le compte rendu mentionne que les trois objectifs identifiés pour l'année 2022 ont tous été atteints. Au titre de l'évaluation des acquis, l'intéressé est, s'agissant du " savoir-être " évalué comme expert pour l'autonomie et le sens de l'initiative. S'agissant de ses capacités professionnelles, le niveau acquis a été regardé comme " expert " pour la connaissance de l'environnement professionnel mais aussi pour les compétences techniques requises en matière de procédures A et CE. Néanmoins, un niveau de " maîtrise " a été reconnu pour certaines de capacités professionnelles, à savoir l'application de la réglementation, la compétence en bureautique et outils collaboratifs, la capacité à communiquer, l'accueil, la compétence technique afférente à la procédure B, la gestion des conflits, les compétences rédactionnelles, l'expression orale et la capacité à organiser. N'ont été évaluées au niveau " pratique ", niveau minimal requis sur le poste, que les capacités d'esprit de synthèse et la capacité d'analyse. M. B ne précise pas quelle est la " compétence essentielle à ses fonctions " qui aurait été évaluée moins favorablement que l'année précédente et qui devrait selon lui être évaluée au niveau " expert " dans la mesure où il serait disposé à suivre une formation. Il n'expose pas davantage en quoi le compte rendu d'entretien professionnel contesté renfermerait des contradictions par rapport à celui de l'année précédente, notamment au sujet de son comportement en cas d'erreurs éliminatoires commises par un candidat. En conséquence, il n'est pas fondé à soutenir que l'appréciation portée sur sa manière de servir serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation du compte-rendu d'évaluation professionnelle dont il a fait l'objet au titre de l'année 2022.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

P. d'IZARN de VILLEFORT La greffière,

signé

C. RAVERA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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