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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2303295

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2303295

mercredi 15 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2303295
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 5, 20 juillet 2023 et 13 janvier 2024, M. E A et Mme D A, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 31 janvier 2023 par lequel le maire de Vence a délivré à la société anonyme (SA) In'Li Paca un permis de construire valant permis de démolir pour la démolition d'une villa existante et la construction d'un immeuble de 8 logements sur la parcelle cadastrée section AW n°159, ensemble la décision implicite rejetant leur recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2023 par lequel le maire de Vence a délivré à la société In'Li Paca un permis de construire modificatif.

Ils soutiennent que :

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 2.4 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2.5 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 ;

- le respect de la limitation de tonnage applicable sur le chemin de Clairefontaine n'est pas assuré ;

- l'implantation de la porte de garage et la largeur de la voie d'accès ne sont pas conformes ;

- le projet prévoit la suppression de deux arbres trentenaires ;

- la hauteur sous plafond de l'appartement en duplex n'est pas conforme ;

- le projet va nuire à la cohésion sociale dans le quartier ;

- les arrêtés attaqués ont été pris par une autorité incompétente ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 425-18 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;

- aucun plan de masse côté dans les trois dimensions n'a été joint à la demande ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 2.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2.1.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2.1.3.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- le permis de construire doit être annulé en raison de l'irrégularité de son affichage.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 décembre 2023, la société In'Li Paca, représentée par Me Faraut, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions aux fins d'annulation du permis de construire modificatif sont tardives ;

- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle méconnaît les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- elle est irrecevable en l'absence de production de la décision attaquée ;

- elle est irrecevable, dès lors qu'elle méconnaît les dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- les requérants n'ont pas d'intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 janvier 2024, la commune de Vence, représentée par Me Orlandini, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet et en tout état de cause à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle méconnaît les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par ordonnance du 1er février 2024.

Un mémoire, produit pour la commune de Vence, a été enregistré le 13 février 2024.

Par une lettre du 6 mars 2024, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur la possibilité pour le tribunal de surseoir à statuer sur la requête, en application de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme, afin de permettre la délivrance éventuelle d'un permis de construire modificatif régularisant les vices tirés de ce que le projet méconnaît la surface minimale d'espaces verts végétalisés dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les toitures présenteraient une hauteur de terre d'au moins 80 centimètres (article 2.4 du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3) et prévoit un nombre insuffisant de places de stationnement dès lors que les places commandées ne sont pas destinées au même logement que celui bénéficiant de la place permettant d'y accéder (article 2.5 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3).

Par un mémoire, enregistré le 11 mars 2024, la commune de Vence a présenté des observations.

Par un mémoire, enregistré le 13 mars 2024, la société In'Li Paca a présenté des observations.

Par des mémoires, enregistrés les 22 mars et 3 avril 2024, M. et Mme A ont présenté des observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 avril 2024 :

- le rapport de Mme Soler, rapporteure,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

- et les observations de M. A, de Me Orlandini, représentant la commune de Vence, et de Me Faraut, représentant la société In'Li Paca.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A sont propriétaires de la parcelle cadastrée section AW n°160 située sur le territoire de la commune de Vence. Par un arrêté du 31 janvier 2023, le maire de Vence a délivré à la société In'Li Paca un permis de construire valant permis de démolir pour la démolition d'une villa existante et la construction d'un immeuble de 8 logements sur la parcelle cadastrée section AW n°159. Par un courrier, reçu le 22 mars 2023 par la commune, M. et Mme A ont formé un recours gracieux contre cet arrêté. Aucune réponse n'a été apportée à leur demande. Par un arrêté du 15 mai 2023, le maire de Vence a délivré à la société In'Li Paca un permis de construire modificatif. Par leur requête, M. et Mme A demandent l'annulation des arrêtés des 31 janvier et 15 mai 2023, ensemble de la décision implicite rejetant leur recours gracieux.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la société pétitionnaire tirée de ce que la requête est irrecevable dès lors que les dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme n'ont pas été respectées :

2. Aux termes de l'article R.600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l'article L.261-15 du code de la construction et de l'habitation, du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. () ".

3. M. et Mme A justifient, par la production d'une attestation notariale, être les propriétaires d'un bien immobilier cadastré section AW n°160 situé au numéro 201 de l'impasse des Alliés. Par suite, cette première fin de non-recevoir doit être écartée.

Sur la fin de non-recevoir tirée de ce que la requête est irrecevable dès lors que les dispositions de l'article R.600-1 du code de l'urbanisme n'ont pas été respectées :

4. Aux termes de l'article R.600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / () ".

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. et Mme A ont notifié au pétitionnaire le recours gracieux qu'ils ont exercé auprès du maire de la commune par une lettre recommandée avec accusé de réception reçue le 22 mars 2023. D'autre part, il ressort également des pièces du dossier, que les requérants ont notifié au pétitionnaire et à la commune leur recours contentieux enregistré le 5 juillet 2023 par deux lettres recommandées avec accusé de réception reçues les 4 et 5 juillet 2023. Contrairement à ce que soutient la commune en défense, il ressort des pièces du dossier que cette notification comporte une copie intégrale de la requête dont elle a reçu communication par le tribunal le 31 août 2023. Par conséquent, cette fin de non-recevoir doit également être écartée.

Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants :

6. Aux termes de l'article L.600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant, le cas échéant, les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

7. En l'espèce, il est constant que M. et Mme A bénéficient de la qualité de voisins immédiats du projet litigieux. Ils font état d'éléments relatifs à la localisation du projet et soutiennent notamment que la construction en litige va s'élever à plus de 11 mètres de hauteur, créant des vues sur leur propriété. Il ressort des pièces du dossier que la construction en litige, qui s'élève en R+3 alors que la villa actuellement implantée sur le terrain d'assiette s'élève en R+1, fera face à la terrasse des requérants. Dans ces conditions, les requérants ont bien intérêt à agir à l'encontre des arrêtés en litige et la fin de non-recevoir opposée par la société pétitionnaire doit être écartée.

Sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence de production des arrêtés attaqués :

8. Aux termes de l'article R.412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R.421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / Cet acte ou cette pièce doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagné d'une copie ".

9. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont produit, le 20 juillet 2023, les arrêtés des 31 janvier et 15 mai 2023. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par la société pétitionnaire sur ce point doit être écartée.

Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 15 mai 2023 :

10. Aux termes de l'article R.*600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ".

11. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le permis de construire modificatif obtenu le 15 mai 2023 par la société pétitionnaire aurait fait l'objet d'un affichage pendant une période continue de deux mois de telle sorte que le délai de recours à son encontre aurait expiré au 20 juillet 2023, date à laquelle les requérants ont présenté pour la première fois des conclusions aux fins d'annulation de cet arrêté. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée par la société pétitionnaire sur ce point doit également être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sur les règles applicables au litige :

12. Aux termes de l'article L.410-1 du code de l'urbanisme : " () / Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique. / () ". Il résulte de ces dispositions, que tout certificat d'urbanisme délivré sur le fondement de l'article L.410-1 a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai indiqué examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat.

13. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, que la société In'Li Paca a déposé une demande de certificat d'urbanisme, lequel lui a été explicitement accordé le 14 septembre 2021. Ainsi, la demande de permis de construire initiale, déposée le 30 septembre 2022 et complétée les 17 octobre et 22 novembre 2022, bénéficiait, compte tenu de la délivrance du certificat d'urbanisme moins de dix-huit mois auparavant, du droit d'être examinée au regard des règles d'urbanisme alors applicables à la date d'octroi dudit certificat, à savoir le plan local d'urbanisme métropolitain dans sa version approuvée le 25 octobre 2019. A contrario, la demande de permis de construire modificatif, déposée le 19 avril 2023 et complétée le 25 avril 2023, ne bénéficiait plus de ce droit dès lors que le certificat d'urbanisme obtenue par la société pétitionnaire l'avait été plus de dix-huit mois auparavant.

Sur l'incompétence alléguée de l'auteur des actes :

14. Les arrêtés contestés des 31 janvier et 15 mai 2023 ont été signés pour le maire de Vence par M. B C, adjoint délégué à l'urbanisme. La commune de Vence a versé aux débats l'arrêté du 18 octobre 2021 par lequel le maire a donné délégation de fonctions à M. B C à l'effet de signer les autorisations d'occupation des sols prévues au code de l'urbanisme. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du tampon apposé sur cet arrêté, que celui-ci a été réceptionné par les services de la préfecture le 21 octobre 2021 et, partant, qu'il a été transmis au contrôle de légalité, et qu'il a également été publié le même jour. En outre, il ressort des mentions même de cet arrêté que le maire certifie sous sa responsabilité le caractère exécutoire de celui-ci. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des actes doit être écarté comme manquant en fait.

Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article R.*425-18 du code de l'urbanisme :

15. Aux termes de l'article L.451-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque la démolition est nécessaire à une opération de construction ou d'aménagement, la demande de permis de construire ou d'aménager peut porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. Dans ce cas, le permis de construire ou le permis d'aménager autorise la démolition ". Aux termes de l'article R.*425-30 du même code : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L.341-1 du code de l'environnement. Les travaux ne peuvent être entrepris avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la demande ou de la déclaration. / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France ". Et aux termes de l'article R.*425-18 de ce code : " Lorsque le projet porte sur la démolition d'un bâtiment situé dans un site inscrit en application de l'article L. 341-1 du code de l'environnement, le permis de démolir ne peut intervenir qu'avec l'accord exprès de l'architecte des Bâtiments de France ". Il résulte des articles L.451-1, R.425-18 et R.425-30 du code de l'urbanisme, que lorsque la démolition d'un bâtiment situé dans un site inscrit est nécessaire à une opération de construction, et que la demande de permis de construire porte à la fois sur la démolition et la construction, le permis de construire, qui autorise également la démolition, ne peut intervenir qu'avec l'accord exprès de l'architecte des Bâtiments de France. Lorsque la demande de permis de construire porte à la fois sur la démolition et sur la construction, et que les documents qui y sont joints présentent de manière explicite les deux volets de l'opération, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France doit être regardé comme portant sur l'ensemble de l'opération projetée, sans qu'il soit nécessaire que cet avis mentionne expressément la démolition.

16. Il résulte de ce qui précède, que les avis favorables rendus par l'architecte des Bâtiments de France les 26 janvier et 9 mai 2023 sur le projet litigieux, doivent être regardés comme portant sur l'ensemble de l'opération, y compris la démolition préalable à la construction, dès lors qu'une demande de permis de construire valant également permis de démolir a été sollicitée par la société pétitionnaire. Par suite, ce moyen doit être écarté.

Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article R.*431-8 du code de l'urbanisme :

17. Aux termes de l'article R.*431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

18. En l'espèce, et en premier lieu, la notice architecturale précise que le terrain est plat, que la maison existante est entourée d'une grande prairie parsemée de quelques arbres d'agrément (épicéa, palmier, agrumes) disposés en périphérie de la construction, que les limites du terrain sont complantées d'épaisses haies (cyprès au Nord et lauriers cerise en façade Sud et Ouest), que le terrain est bordé d'un grand mur de soutènement en pierre et qu'à l'angle Nord-Est un massif de bambous camoufle un bassin d'arrosage destiné à la démolition. Par ailleurs, le plan de masse paysager précise les arbres à supprimer, ceux à déplacer et ceux à planter. Dès lors, les services instructeurs ont été en mesure de déterminer ce qui était modifié ou supprimé dans l'aménagement du terrain. En deuxième lieu, la notice architecturale précise que l'exiguïté du terrain et sa forme compacte ont orienté le choix de la société pétitionnaire vers la conception d'un bâtiment en forme de parallélépipède de quatre niveaux avec toiture terrasse végétalisée, terrasses et débords de balcons. Elle précise également que la présence de bâtiments voisins datant des années 1950-1960 ont incité la société pétitionnaire à l'emploi d'éléments modernes de type garde-corps en ferronnerie peints en noir, cages d'escalier en pavés de verre et façade claire rehaussée de touches de couleurs proches de teintes primaires pour valoriser le vocabulaire architectural et les différents plans de façades. Dès lors, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la notice architecturale précise bien les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement s'agissant de l'implantation, l'organisation, la composition et le volume de la construction. En troisième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la notice architecturale jointe au projet précise que la façade sera de couleur claire et rehaussée de touches de couleurs proches de teintes primaires, que les garde-corps seront de couleur noire et les cages d'escalier en pavés de verre. En quatrième lieu, comme il vient d'être dit, le plan de masse paysager précise les arbres à supprimer, ceux à déplacer et ceux à planter, leur emplacement et les essences concernées. Dès lors, l'insuffisance de la notice architecturale sur ce point n'a pas été de nature à induire le service instructeur en erreur s'agissant du traitement des espaces libres, notamment des plantations à conserver ou à créer. Enfin, et en dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, que l'accès à l'aire de stationnement aurait été modifié dans le cadre du permis de construire modificatif. Dès lors, la notice architecturale jointe à cette demande n'avait pas à préciser à nouveau l'organisation et l'aménagement de cet accès, et par suite, le moyen doit être écarté en toutes ses branches.

Sur l'absence alléguée de plan de masse coté dans les trois dimensions :

19. Aux termes de l'article R.*431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. () ".

20. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort des pièces du dossier qu'un plan de masse côté dans les trois dimensions a bien été produit à l'appui de la demande de permis de construire en litige. Il suit de là, que ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.

Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article 2.4 du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 :

21. D'une part, aux termes de l'article 2 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain relatif au mode de lecture du règlement dans sa rédaction applicable au litige : " Le présent règlement s'attache à préciser tout d'abord pour chaque thématique la " règle générale " pour ensuite, suivant les cas, compléter par la " spécificité locale ". / La règle générale est applicable sur toutes les communes de la Métropole Nice Côte d'Azur, à l'exception de celles indiquées par la mention " spécificité locale ". / La spécificité locale correspond aux règles propres aux communes concernées lesquelles peuvent être différentes de la règle générale ou, lorsque cela ressort clairement des dispositions concernées, complémentaires à cette dernière. Lorsqu'une spécificité locale est différente des règles énoncées dans les dispositions générales, elle s'y substitue. / Les dispositions spécifiques à la Trame Verte et Bleue déclinées dans les articles 2.4 du règlement de chacune des sous-zones s'appliquent à la règle générale ainsi qu'aux spécificités locales " et aux termes de l'article 2.4 du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions dans sa rédaction applicable au litige : " () / 45% au moins de la superficie du terrain doit être aménagée en espaces verts de pleine terre. / () / Spécificités locales : / Bonson, Le Broc et Vence : 50% au moins de la superficie du terrain doit être aménagé en espaces verts végétalisés. / () ". D'autre part, le lexique du plan local d'urbanisme métropolitain précise d'une part : " Les espaces libres sont de deux types : / Les espaces verts : il s'agit d'espaces comprenant une végétation basse ainsi que des arbres ou arbustes d'essences variées économes en eau et adaptés au climat local Ils ne doivent pas être surplombés par un bâtiment (à l'exception des saillies de façade et des balcons d'une largeur de plus d'un mètre, situés à plus de 5 m de hauteur). Ils sont soit en pleine terre soit végétalisés. / Les espaces verts sont dits en pleine terre quand aucune construction ne se trouve en dessous, à l'exception des ouvrages publics d'infrastructure et les réseaux souterrains. / Les espaces végétalisés correspondent aux autres espaces verts, sur dalles et aux autres parties artificialisées, végétalisées avec au moins 80 cm de terre. En outre, les toitures végétalisées répondant à la définition du présent règlement, sont incluses dans cette catégorie ". Il précise en outre, qu'une toiture végétalisée est une " toiture terrasse aménagée pour y accueillir uniquement des plantations comprenant une végétation basse ainsi que des arbres ou arbustes. Les toitures végétalisées peuvent être comptabilisées dans les superficies d'espaces végétalisés si elles répondent aux conditions cumulatives suivantes : / - Être accessibles afin d'en permettre l'entretien ; / - L'épaisseur de terre végétale doit être d'au moins 40 cm, comptés à partir de l'étanchéité ; / - 80% au moins de la surface de la toiture doit être végétalisée ".

22. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la parcelle présente une superficie de 718 m² de sorte que les espaces verts végétalisés doivent s'élever à 359 m² au minimum. Il ressort du schéma de calcul du coefficient d'espaces verts que la société pétitionnaire a comptabilisé à ce titre 235,50 m² d'espaces verts en pleine terre et 272,48 m² de toitures végétalisées soit un total de 507,98 m². Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que ces toitures végétalisées présentent une hauteur de terre de 40 centimètres à partir de l'étanchéité, sont accessibles et représentent plus de 80% de la surface totale de la toiture qui s'élève à 339,25 m² de sorte qu'elles pouvaient, en application des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain, être prises en compte au titre des espaces verts végétalisées. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article 2.4 du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3. Par suite, ce moyen doit être écarté.

Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article 2.5 du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 :

23. D'une part, aux termes de l'article L.151-34 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut ne pas imposer la réalisation d'aires de stationnement lors de la construction : / 1° De logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat ; / 1° bis De logements locatifs intermédiaires mentionnés à l'article L.302-16 du code de la construction et de l'habitation ; / () " et aux termes de l'article L.151-35 du même code : " Il ne peut, nonobstant toute disposition du plan local d'urbanisme, être exigé pour les constructions destinées à l'habitation mentionnées aux 1° à 3° de l'article L. 151-34 la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement./ () ". D'autre part, aux termes de l'article 2.5 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 relatif au stationnement dans sa rédaction applicable au litige : " Cf. Dispositions générales. / F(s) locale(s) : / - Pour le stationnement des véhicules légers / Vence : / Logements / 1 place par logement inférieur à 60 m2 de surface de plancher, / 2 places par logement supérieur ou égal à 60 m2 de surface de plancher dans la limite de 2 places par logement. / () ".

24. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice jointe à la demande de permis de construire initial que le projet porte sur la réalisation de deux logements bénéficiant d'un prêt locatif social et de six logements locatifs intermédiaires, de sorte que seules 8 places de stationnement étaient requises au titre de ces logements en vertu des dispositions des articles L.151-34 et L.151-35 du code de l'urbanisme. Toutefois, si le projet a prévu 8 places de stationnement correspondant à une place par logement, il est constant que deux places prévues par le projet ne seront accessibles qu'à partir d'autres places de stationnement. Même si l'article 2.5 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 n'interdit pas explicitement que certaines places de stationnement soient en enfilade de places directement accessibles, il résulte de cette disposition qu'une place directement accessible au moins doit être affectée à chaque logement et les deux places en enfilade ne peuvent donc pas être prises en considération pour apprécier le respect de cette règle. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le nombre de places de stationnement est insuffisant dès lors que huit places étaient nécessaires et que seules six peuvent être effectivement prises en compte.

Sur la limitation de tonnage applicable sur le chemin de Clairefontaine :

25. Si les requérants soutiennent que le respect de la limitation de tonnage applicable sur le chemin de Clairefontaine n'est pas assuré lors de l'exécution des travaux, cette circonstance, à la supposée établie, est sans influence sur la légalité des arrêtés attaquées. Dès lors, ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.

Sur l'implantation de la porte de garage et la largeur de la voie d'accès :

26. Aux termes de l'article 2.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 relatif à l'implantation des constructions dans sa rédaction applicable au litige : " Par rapport aux voies et emprises publiques / Les constructions peuvent s'implanter soit avec le même alignement ou retrait que les bâtiments contigus soit à une distance minimale de 3m de la limite d'emprise publique des voies ".

27. D'une part, si les requérants soutiennent que les pièces jointes au dossier ne permettent pas de s'assurer que la porte de garage serait implantée à une distance minimale de 5 mètres à partir de l'alignement de la voie, ils ne précisent pas quelle serait la disposition règlementaire méconnue par cette configuration. A supposer qu'il ait entendu soulever la méconnaissance des dispositions de l'article 2.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 relatif à l'implantation des constructions, il ressort de la lecture de celles-ci que les constructions doivent s'implanter à une distance minimale de 3 mètres de la limite d'emprise publique des voies et non de 5 mètres. D'autre part, s'ils soutiennent que le projet est entaché d'illégalité dès lors que la largeur de passage libre pour la voie d'accès ne serait que de 4,75 mètres, ils ne précisent pas davantage quelle serait la disposition règlementaire méconnue par cette configuration, à la supposée établie. Par suite, le moyen doit être écartée en toutes ses branches.

Sur la suppression de deux arbres trentenaires :

28. Si les requérants soutiennent que le projet prévoit la suppression de deux arbres trentenaires, ils ne précisent pas quelles seraient les dispositions légales ou règlementaires méconnues par cette circonstance. Dès lors, ce moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit, par suite, être écarté.

Sur la hauteur sous plafond :

29. Si les requérants soutiennent que la hauteur sous plafond de l'appartement en duplex n'est pas conforme, cette circonstance, à la supposée établie, est sans influence sur la légalité des arrêtés attaquées. Dès lors, ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.

Sur la cohésion sociale dans le quartier :

30. Si les requérants soutiennent que le projet va nuire à la cohésion sociale dans le quartier, cette circonstance, à la supposée établie, est sans influence sur la légalité des arrêtés attaquées. Dès lors, ce moyen est également inopérant et doit, par suite, être écarté.

Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article 2.1.2 du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 :

31. Aux termes de l'article L.600-5-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance ". Aux termes de l'article 2.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 relatif à la hauteur des constructions dans sa rédaction applicable à la date de délivrance du permis de construire modificatif : " La hauteur maximale des constructions à l'égout est fixée à 7 m. / F(s) locale(s) / () / La-Tour-sur-Tinée et Vence : la hauteur maximale des constructions à l'égout est fixée à 9m / () / Vence / La hauteur frontale est limitée à 9m. / En outre un niveau supplémentaire en attique ne dépassant pas 2.5m de hauteur peut être accepté avec un retrait de 3m minimum par rapport au nu de la façade / () ". Le lexique joint aux dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain précise : " Égout du toit : / Point de jonction entre la toiture et le nu de la façade hors débords. Dans le cas de toitures terrasses, l'égout du toit est constitué par l'étanchéité ".

32. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, que la société In'Li Paca a obtenu, par un arrêté du 15 mai 2023, un permis de construire modificatif modifiant la hauteur de la construction projetée. Il résulte de ce qui a été dit au point 13, que la régularité de cette modification doit être contrôlée au regard des règles d'urbanisme en vigueur à la date de la délivrance de ce permis dès lors que la société pétitionnaire ne bénéficiait plus de la cristallisation des règles d'urbanisme découlant du certificat d'urbanisme qu'elle avait obtenu le 14 septembre 2021. En outre et d'une part, il ressort des pièces du dossier et notamment des plans de coupe et plans de façade produits par la commune et joints à la demande de permis de construire modificatif, que la hauteur à l'égout et la hauteur frontale du bâtiment sont en tout point inférieures à 9 mètres. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article 2.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 s'agissant de la hauteur à l'égout et de la hauteur frontale. D'autre part, il est constant que le niveau supplémentaire en attique présente une hauteur de 2,5 mètres, conforme aux dispositions de l'article 2.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 dans sa rédaction applicable à la date de délivrance du permis de construire modificatif. Par suite, que le moyen doit être écarté en toutes ses branches.

Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article 2.1.3.1 du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 :

33. Aux termes de l'article 2.1.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques dans sa rédaction applicable à la date de délivrance du certificat d'urbanisme du 14 septembre 2021 : " Les constructions peuvent s'implanter soit avec le même alignement ou retrait que les bâtiments contigus soit à une distance minimale de 3m de la limite d'emprise publique des voies. / () ". Le lexique joint aux dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain précise : " Une construction est un édifice ou un ouvrage fixe et pérenne, comportant ou non des fondations et générant un espace utilisable par l'Homme en sous-sol ou en surface. / Les constructions englobent également tous types de travaux, d'ouvrages ou d'installations (à l'exception des clôtures qui bénéficient d'un régime propre). / La notion de construction recouvre notamment les constructions en surplomb (construction sur pilotis, cabanes dans les arbres), et les constructions non comprises dans la définition du bâtiment, telles que les hangars, abris de stationnement (sauf les abris type carport), piscines, les sous-sols non compris dans un bâtiment. En revanche, les constructions excluent les accès, murs d'une hauteur de moins de 2 m et les murs de soutènement ".

34. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'implantation Ouest de la construction aurait été modifiée dans le cadre du permis de construire modificatif, de sorte que le moyen tiré de ce que les balcons du bâtiment et le local à ordures ménagères s'implanteraient à moins de 5 mètres du chemin de Clairefontaine doit être regardé comme dirigé contre le permis de construire initial. En outre et d'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse coté PC 2a joint à la demande de permis de construire initiale, que les balcons du bâtiment projeté s'implantent à une distance minimale de 3,08 mètres du chemin de Clairefontaine, conformément aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme citées au point 33. D'autre part, il ressort de la lecture de la notice jointe à la demande de permis de construire initial qu'une aire de rassemblement des conteneurs pour la collecte des déchets est prévue le long de la voie, à proximité de l'entrée pour les piétons. La société pétitionnaire fait valoir en défense sans être contredite sur ce point que cette aire sera entourée d'un mur de clôture non couvert. Par suite, cet aménagement n'entre pas dans la définition des constructions rappelée au point 33, de sorte que la circonstance que celui-ci serait implanté à moins de 3 mètres du chemin de Clairefontaine n'est pas de nature à caractériser une méconnaissance des dispositions du règlement citées au même point. Par suite le moyen doit être écarté en toutes ses branches.

Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article 2.1.3.2 du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 :

35. Aux termes de l'article 2.1.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3 relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives dans sa rédaction applicable à la date de délivrance du certificat d'urbanisme du 14 septembre 2021 : " Les constructions doivent s'implanter à une distance minimale de 3 m des limites séparatives. / () ".

36. Il résulte des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain rappelées au point 33, que les accès n'entrent pas dans la définition des constructions. Dès lors, la circonstance que la rampe d'accès serait implantée à moins de trois mètres des limites séparatives n'est pas de nature à caractériser une méconnaissance des dispositions de l'article 2.1.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain applicable en secteur UFb3. En outre, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse coté PC 2c joint à la demande de permis de construire initiale, que la terrasse située au Sud-Est du bâtiment projeté s'implante au-delà du recul de 3 mètres par rapport à la limite séparative Est, conformément aux dispositions de l'article 2.1.3.1. précité du règlement du plan local d'urbanisme. S'agissant de la terrasse située au Sud-Ouest du bâtiment, il ressort de ce même plan qu'il s'agit de la terrasse de l'attique qui s'implante, en tout état de cause, au-delà du recul de 3 mètres par rapport à la limite séparative Sud. Par suite, le moyen doit être écarté en toutes ses branches.

Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :

37. Aux termes de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage urbain au sens de cet article, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité et le caractère du patrimoine bâti et des ensembles de constructions au sein duquel la construction est projetée et, dans un second temps, d'évaluer l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

38. En l'espèce, et d'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet s'inscrit dans un quartier urbain, composé d'un habitat pavillonnaire et d'immeubles résidentiels de plusieurs étages. Ainsi, l'environnement bâti du projet est dépourvu d'intérêt ou de caractère particulier. D'autre part, si le projet consiste en la réalisation d'un immeuble en R+3 surmonté d'une attique, d'une hauteur totale inférieure à 12 mètres, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa définition volumétrique et architecturale romprait avec les immeubles situés à proximité. Dès lors, le projet litigieux, pour lequel l'architecte des Bâtiments de France a émis des avis favorables sans prescriptions les 26 janvier et 9 mai 2023, ne saurait être regardé comme portant atteinte au site urbain dans lequel il s'inscrit. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme et ce moyen doit être écarté.

Sur l'irrégularité de l'affichage du permis de construire :

39. La circonstance que les modalités d'affichage des permis de construire en litige, qui ont pour seul objet de préserver le droit de recours des tiers, seraient irrégulières est sans influence sur la légalité des arrêtés attaqués. Dès lors, ce dernier moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.

40. Il résulte de tout ce qui précède, que M. et Mme A sont fondés à demander l'annulation des arrêtés des 31 janvier et 15 mai 2023, ensemble de la décision implicite rejetant leur recours gracieux, seulement en raison de l'irrégularité citée point 24.

Sur l'application de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme :

41. Aux termes de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L.600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ". Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

42. La régularisation du vice affectant la légalité des permis de construire litigieux relevé au point 24 du présent jugement, n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il peut donc faire l'objet d'une mesure de régularisation en application de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme. Les parties ayant été avisées, par courrier du 6 mars 2023, de la possibilité de mettre en œuvre les dispositions de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme et invitées à présenter leurs observations, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de surseoir à statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre les permis litigieux et d'impartir à la société In'Li Paca un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement pour obtenir un permis de construire modificatif régularisant ce vice.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la légalité des arrêtés des 31 janvier et 15 mai 2023 du maire de Vence jusqu'à l'expiration du délai fixé à l'article 2 pour permettre à la société In'Li Paca de justifier auprès du tribunal de l'obtention d'un permis modificatif régularisant le vice mentionné au point 24 du présent jugement.

Article 2 : Le délai dans lequel la régularisation des permis de construire doit être notifiée au tribunal est fixé à quatre mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Mme D A, à la société anonyme In'Li Paca et à la commune de Vence.

Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Soler, première conseillère,

Mme Sandjo, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2024.

La rapporteure,

signé

N. SOLER

Le président,

signé

G. TAORMINA La greffière,

signé

M-L. DAVERIO

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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