jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2303761 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 juillet 2023 et 27 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me Mosbah, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé de lui renouveler son titre de séjour valable jusqu'au 3 février 2021, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux daté du 27 mars 2023 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de ce jugement et de lui délivrer, dès cette même notification et dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour, le tout sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser, dans un délai de huit jours à compter de la notification de ce jugement, la somme de 600 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-5 du code de justice administrative et de l'ordonnance n°2303688 du 8 août 2023 de la juge des référés du tribunal administratif de Nice, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et dont distraction sera faite au profit de son avocate.
La requérante soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- l'ordonnance n°2303688 du 8 août 2023 de la juge des référés du tribunal administratif de Nice ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 septembre 2024 :
- le rapport de M. Holzer,
- et les observations de Me Mostefaoui, substituant Me Mosbah, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête, Mme B, ressortissante tunisienne née en 1998, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé de lui renouveler son titre de séjour valable jusqu'au 3 février 2021 à la suite de sa demande datée du 8 novembre 2022, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux daté du 27 mars 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ". En l'absence de communication des motifs dans le délai d'un mois, la décision implicite se trouve entachée d'illégalité.
3. En l'espèce, Mme B soutient qu'elle a sollicité, le 8 novembre 2022, le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " dont la validité expirait, non pas comme elle le soutient dans ses écritures le 3 février 2023, mais le 3 février 2021. Si elle ne produit pas le dossier présenté au préfet des Alpes-Maritimes, la date et le fondement de cette demande de renouvellement de titre de séjour ne sont toutefois pas contestés par le préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense dans cette instance alors qu'en outre, il est constant qu'un récépissé de demande de titre de séjour lui a été délivré le 8 novembre 2022 lequel indique bien que Mme B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour qui expirait le 3 février 2021. Le silence gardé par le préfet des Alpes-Maritimes sur cette demande a, dès lors, fait naître, au terme d'un délai de quatre mois, une décision implicite de rejet en application des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier pas même de la lettre et du courriel que la requérante a adressés à la préfecture des Alpes-Maritimes le 31 janvier 2023 qu'elle aurait sollicité auprès du préfet des Alpes-Maritimes la communication des motifs de cette décision implicite. Par suite, l'unique moyen présenté par Mme B à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation tiré du défaut de motivation de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé de faire droit à sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Par suite, les concluions à fin d'annulation présentées en ce sens par la requérante doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions à fin d'injonction, celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 911-5 de ce même code, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de ces dernières conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
Mme Cueilleron, conseillère,
Assistés de Mme Martin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
M. Holzer
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
N°2303761
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