vendredi 31 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2305348 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. FAY |
| Avocat requérant | ABDOULAYE MOUSSA ABDOUL WAHAB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 octobre 2023, 12 juillet et 20 janvier 2024, Mme B H, représentée par Me Abdoul Abdoulaye Moussa, avocat au Barreau de Nice, demande au tribunal :
* de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
* d'annuler la décision en date du 29 août 2023 par laquelle la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère urgent et prioritaire de sa demande de logement social en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
* enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer sa demande dans un délai de dix jours à compter de la notification de la décision à intervenir et ce sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard passé ce délai ;
* prononcer toutes les mesures nécessaires à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes ;
* de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme H soutient que la décision attaquée est entachée
* de défaut de motivation ;
* d'erreur de fait concernant sa situation de handicap, sur les motifs de refus du logement qui lui a été proposé le 13 avril 2022, sur ses prétendues demandes exorbitantes ainsi que sur sa situation de sans domicile fixe.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2025, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 2 juin 2014 qui fixe, en application des dispositions de l'article L. 441-1-4 du code de la construction et de l'habitation, à 45 mois le délai à partir duquel les personnes qui ont déposé une demande de logement resté sans réponse peuvent saisir la commission de médiation ;
* le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains ;
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le code de justice administrative.
Mme H a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 décembre 2023.
Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Faÿ pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
* le rapport de M. Faÿ, magistrat désigné ;
* les observations de Mme H, Me Abdoul Abdoulaye Moussa ayant présenté au tribunal ses excuses pour son absence, et de Mme C, pour le préfet des Alpes-Maritimes.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire
1. Par une décision en date du 7 décembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice a admis Mme H au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, il n'y a pas lieu de se prononcer sur les conclusions tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision en date du 29 août 2023
Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête
2. Le 12 mai 2022, Mme H a saisi la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes en vue de la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par décision en date du 5 juillet 2022, la commission de médiation a rejeté sa demande. A l'encontre de cette décision de rejet, la requérante a introduit un recours gracieux le 10 août 2022 qui a fait l'objet d'un rejet par décision en date du 27 septembre 2022. Par jugement du 17 juillet 2023, le tribunal de céans a annulé la décision de la commission de médiation en date du 27 septembre 2022 et enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à un nouvel examen du recours amiable de Mme H. Par décision en date du 29 août 2023 dont la requérante demande l'annulation, la commission de médiation a rejeté le recours amiable de cette dernière au motif que le logement de type 1 de 37 mètres carrés proposé à la requérante et refusé par celle-ci se situe dans un immeuble avec ascenseur, à moins de 200 mètres d'un arrêt de bus, avec une fréquence d'un bus toutes les 20 minutes et un temps de trajet pour le centre-ville de moins de 10 minutes, que ce refus s'appuie sur le fait que, non seulement, le logement proposé ne se situait pas précisément dans le secteur géographique demandé, mais surtout, que le dernier bus de la soirée ne lui permettait plus de suivre ses cours de danse et de gymnastique, ce qui jette un doute sérieux sur ses allégations concernant ses difficultés à se déplacer, que jusqu'à présent, toutes les démarches engagées afin de proposer des solutions d'hébergement ou de relogement à l'intéressée ont échoué, étant donné les exigences exorbitantes de cette dernière, que contrairement à ses déclarations concernant le fait qu'elle soit dépourvue de logement, l'intéressée est hébergée chez un tiers, un accord solidaire de mise à disposition ayant été signé, que compte tenu de l'ensemble de ces éléments, il semble que de sérieux doutes peuvent être émis en ce qui concerne la bonne foi de la requérante, qu'étant hébergée chez un tiers, depuis le 30 juillet 2022, l'intéressée ne justifie pas de la surface habitable du logement ni de la composition familiale du foyer de l'hébergeant et, qu'en l'état, les conditions de cohabitation ne peuvent être appréciées et que Mme H a refusé, le 13 avril 2022, une proposition de logement social de type 1 de 37 mètres carrés au motif de sa localisation géographique. Mme H demande l'annulation de la décision en date du 29 août 2023.
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'État à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'État, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1. " et aux termes du premier alinéa du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. Elle peut aussi être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur ou une personne à sa charge est logé dans un logement non adapté à son handicap, au sens du même article L. 114. () " Aux termes des dispositions de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département (). / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / -ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; / -être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; / -être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Le cas échéant, la commission tient compte des droits à hébergement ou à relogement auxquels le demandeur peut prétendre en application des dispositions des articles L. 521-1 et suivants, des articles L. 314-1 et suivants du code de l'urbanisme ou de toute autre disposition ouvrant au demandeur un droit à relogement ; / -avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant l'expulsion du logement ; / -être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, sans préjudice, le cas échéant, des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 ; / - être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. / La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. " En application des dispositions de l'article R. 822-25, le logement doit présenter une surface habitable globale au moins égale à neuf mètres carrés pour une personne seule, seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus.
4. Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles : " Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. "
5. Les recours contre les décisions des commissions de médiation sur les demandes tendant à être déclaré prioritaire et devant être logé d'urgence relèvent du contentieux de l'excès de pouvoir. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi d'un recours formé à l'encontre d'une décision de la commission de médiation refusant à un demandeur de le reconnaître prioritaire pour l'accès à un logement décent et indépendant dans le cadre du droit garanti par l'État selon les dispositions de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation, d'apprécier l'urgence et le caractère prioritaire de la demande de logement à la date de la décision attaquée. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation que l'appartenance à l'une des catégories mentionnées par la loi ne suffit pas à elle seule à rendre éligible la demande de logement. Il faut également que la situation du demandeur présente un caractère d'urgence sur lequel la commission de médiation dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Pour apprécier ce caractère d'urgence, la commission de médiation doit se fonder sur tous les éléments relatifs à la situation du demandeur.
6. Au soutien de ses conclusions aux fins d'annulation, Mme H allègue que la décision litigieuse est entachée d'erreurs de faits qu'il s'agisse de sa situation de handicap, des motifs de refus du logement qui lui a été proposé le 13 avril 2022, de ses prétendues demandes exorbitantes ainsi que sur la circonstance qu'elle serait hébergée.
7. Il ressort des pièces du dossier, en premier lieu, que la requérante est titulaire d'une carte de priorité valable du 26 avril 2022 au 25 avril 2027, qu'elle se déplace avec difficultés en raison d'une coxarthrose droite dysplastique, d'une lésion méniscale en plus d'une gonarthrose ainsi que d'une bascule pelvienne significative à gauche de 14 millimètres, qu'elle s'aide d'une béquille et, qu'en outre, elle est atteinte d'une surdité bilatérale sévère. Par ailleurs, il ressort d'un courrier en date du 30 décembre 2021 adressé au docteur G par le service de chirurgie orthopédique et traumatologique du sport de l'institut universitaire locomoteur du sport du centre hospitalier universitaire de Nice que Mme H pratique régulièrement de la gymnastique attestée par le courrier en date du 25 août 2021 du docteur A F du centre hospitalier La Palmosa et, dans ses écritures, la requérante allègue sans être contestée qu'il s'agit de la pratique d'une gymnastique douce sur prescription médicale. En outre, le préfet des Alpes-Maritimes ne démontre pas que la requérante pratique la danse, la surdité bilatérale sévère dont elle est atteinte rendant, au demeurant, cette pratique hautement improbable. Dès lors, de par ses considérations captieuses, la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes n'est pas fondée à considérer qu'un doute sérieux entoure les allégations de Mme H concernant ses difficultés à se déplacer et à mettre en doute sa bonne foi.
8. En deuxième lieu, la requérante soutient que le logement qui lui a été proposé le 13 avril 2022 n'était pas adapté à sa situation de handicap en raison de sa situation géographique éloignée de tous commerces ainsi que des structures médicales dans lesquelles elle est suivie, notamment le centre hospitalier La Palmosa. La commission de médiation du département des Alpes-Maritimes considère que le logement proposé à Mme H était situé dans un immeuble avec ascenseur, à moins de 200 mètres d'un arrêt de bus, avec une fréquence d'un bus toutes les 20 minutes et un temps de trajet pour le centre-ville de moins de 10 minutes. Cependant, nonobstant la circonstance que la commission de médiation démontre qu'il existe des moyens de transport pour rejoindre le centre-ville, l'accès au logement proposé à la requérante demeure inadapté à son handicap en raison, de son éloignement des structures de soins, notamment du centre hospitalier La Palmosa, ainsi que de la déclivité des voies qui rend son accès difficile pour une personne une personne à mobilité réduite pour être atteinte de coxarthrose et de gonarthrose. Dès lors, la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes n'est pas fondée à considérer que les motifs du refus opposé par Mme H à la proposition de logement qui lui a été faite le 13 avril 2022 n'étaient pas légitimes.
9. En troisième lieu, à la date de la décision litigieuse, Mme H était dépourvue de logement, M. E D qui la logeait depuis le 30 juillet 2022 lui ayant donné congé au 31 mai 2023. Dès lors, la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes n'est pas fondée à considérer que la requérante est hébergée chez un tiers, un accord solidaire de mise à disposition ayant été signé.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la commission de médiation a entaché sa décision d'erreur de fait. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, il y a lieu d'annuler la décision en date du 29 août 2023.
11. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
12. Eu égard au motif d'annulation énoncé précédemment, le présent jugement implique nécessairement que le préfet des Alpes-Maritimes procède à un réexamen du recours amiable de Mme H dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991
13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou à défaut la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " et aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " En toute matière, l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle partielle ou totale peut demander au juge de condamner la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à lui payer une somme au titre des honoraires et frais, non compris dans les dépens, que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. "
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Abdoul Abdoulaye Moussa, avocat de Mme H, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Abdoulaye Moussa de la somme de 1 100 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de se prononcer sur l'admission de Mme H au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision de la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes en date du 29 août 2023 est annulée.
Article 3 : L'État versera à Me Abdoul Abdoulaye Moussa une somme de 1 100 (mil cent) euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme B H, à Me Abdoul Abdoulaye Moussa et au ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
signé
D. FAŸ
La greffière,
signé
C. BERTOLOTTI
La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
2305348
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026