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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2305477

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2305477

mercredi 8 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2305477
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2023, M. E G et Mme C A épouse G, représentés par Me Nakache, demandent au juge des référés :

1°) de dire et juger que leur fils D doit être admis en collège en troisième Ulis classe SEGPA au collège Louis Nucera à Nice pour l'année scolaire 2023-2024 ;

2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Nice, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de désigner un auxiliaire de vie scolaire pour apporter l'aide humaine qui leur a été attribuée par la maison de l'autonomie des Alpes-Maritimes le 18 avril 2023 en faveur de leur fils D, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- il est porté atteinte à la liberté fondamentale du droit à l'éducation ;

- l'atteinte portée à cette liberté est grave et manifestement illégale ;

- l'urgence est constituée dès lors que l'absence d'aide humaine spécialisée est de nature à aggraver considérablement les difficultés de l'enfant, à hypothéquer sa scolarité et toute la suite de sa vie d'adulte.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la Constitution, notamment son Préambule ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. F pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. En premier lieu, il n'appartient pas au juge des référés d'accueillir des conclusions à fins de déclaration de droits. Par suite, la demande des requérants tendant à dire et juger que leur fils D doit être admis en collège en troisième Ulis classe SEGPA au collège Louis Nucera à Nice pour l'année scolaire 2023-2024 est manifestement irrecevable.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 111-1 du code de l'éducation : " () Le droit à l'éducation est garanti à chacun afin de permettre de développer sa personnalité, d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale, d'exercer sa citoyenneté () ". Aux termes de l'article L. 112-1 de ce code : " Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent en application des articles L. 111-1 et L. 111-2, le service public de l'éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l'Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes en situation de handicap () ". Aux termes de l'article L. 351-3 du même code : " Lorsque la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles constate que la scolarisation d'un enfant dans une classe de l'enseignement public ou d'un établissement mentionné à l'article L. 442-1 du présent code requiert une aide individuelle dont elle détermine la quotité horaire, cette aide peut notamment être apportée par un accompagnant des élèves en situation de handicap recruté conformément aux modalités définies à l'article L. 917-1. () ".

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le fils B et Mme G, âgé de seize ans et atteint d'un trouble autistique sévère sur le plan comportemental et sensoriel, s'est vu reconnaître, par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées des Alpes-Maritimes, une orientation vers une unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS) valable du 18 avril 2023 au 31 juillet 2024, ainsi qu'une aide humaine individuelle pour une durée de douze heures hebdomadaires du 1er août 2023 au 31 juillet 2024. Il ressort des pièces versées aux débats, notamment des copies d'échanges de mails avec l'administration, que les requérants n'ont pas souhaité participer aux discussions concernant l'orientation de D au cours de l'année scolaire 2022-2023. Si M. et Mme G demandent que leur fils poursuive sa scolarité au seul collège Nucera de Nice, l'administration fait valoir que cet établissement voit son effectif dépassé et a proposé d'accueillir D en 3ème ULIS au collège Cocteau de Beaulieu-sur-Mer avec mise en place d'un transport, ou, en cas de refus, une inscription en milieu ordinaire en bénéficiant d'un parcours aménagé de formation initiale. Dans ces conditions, alors que l'enfant des requérants n'est pas privé de tout droit à l'éducation, et environ deux mois après le début de l'année scolaire 2023-2024, les circonstances de l'espèce ne permettent pas de caractériser une urgence particulière rendant nécessaire l'intervention, dans les quarante-huit heures, d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête B et Mme G est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E G, à Mme C A épouse G.

Fait à Nice, le 8 novembre 2023.

Le juge des référés,

signé

T. F

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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