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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2305954

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2305954

jeudi 21 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2305954
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCITEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 novembre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Azur réalisation, la société en nom collectif (SNC) Ar Delille et la société à responsabilité limitée (SARL) Wise Dôme Riviera, représentées par Me Lacrouts, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 7 juin 2023 par lequel le maire de Nice a refusé de délivrer à la société AR Delille un permis de construire modificatif en vue de la création d'un plancher mezzanine en régularisation et modification de l'aspect extérieur de la toiture sur un immeuble sis 33 rue Delille et de la décision résultant du silence gardé par le préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur (PACA) sur son recours reçu le 7 août 2023 dirigé contre l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France (ABF), jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) d'enjoindre au maire de Nice de délivrer le permis sollicité par la société AR Delille, à défaut de procéder à une nouvelle instruction de sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'État et de la commune de Nice une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que du fait de l'agissement de l'administration, la société AR Delille ne peut percevoir la somme de 166 738,80 euros, de même la société Wise Dôme est privée de la rémunération qui lui est due ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées dès lors que :

- le refus de l'ABF va au-delà de ses prérogatives de contrôle ;

- le projet ne porte pas atteinte à un cœur d'ilot et n'a pas aggravé l'existant ;

- l'opposition de l'ABF est entachée d'erreur manifeste d'appréciation qui confine à l'erreur de droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2023, la commune de Nice conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête au fond est irrecevable en tant qu'elle est dirigée contre la décision résultant du silence gardé par le préfet de région sur le recours préalable du 7 août 2023 ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- aucun moyen soulevé n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2023, le préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur, représenté par Me Citeau, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les sociétés Azur Réalisation et Wise Dôme Riviera n'ont pas d'intérêt à agir et n'ont pas satisfait aux exigences de l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- aucun moyen soulevé n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 20 novembre 2023 sous le numéro 2305738 par laquelle la société Azur réalisation et autres demandent l'annulation des décisions attaquées ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Bonhomme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 21 décembre 2023 :

- le rapport de M. Bonhomme, juge des référés,

- les observations de Me Lacrouts, représentant les sociétés requérantes,

- celles de Mme A, représentant la commune de Nice,

- et celles de Me Citeau, représentant le préfet de la région PACA.

à l'issue de laquelle le juge des référés a clos l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 23 janvier 2019, le maire de Nice a délivré un permis de construire à la société Azur Réalisation en vue du changement de destination d'un entrepôt en habitations au 33 rue Delille sur une parcelle cadastrée LD 0174. Par un arrêté du 28 novembre 2019, ce permis a été transféré à la société AR Delille. Par une décision du 18 novembre 2022, le maire de Nice a refusé de délivrer une attestation certifiant la conformité des travaux au motif qu'il résulte du récolement des travaux effectué le 7 novembre 2022 que certains ne sont pas conformes au permis délivré. Le 17 février 2023, la société AR Delille a déposé un permis de construire modificatif en vue de la création d'un plancher mezzanine en régularisation et modification de l'aspect extérieur de la toiture. Par un arrêté du 7 juin 2023, le maire de Nice a refusé de délivrer le permis de construire modificatif sollicité en raison de l'avis défavorable émis le 28 mars 2023 par l'architecte des bâtiments de France sur le projet. Par courrier du 4 août 2023, la société AR Delille a formé un recours préalable auprès du préfet de la région. Par la présente requête, la société Azur réalisation et autres demandent au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du maire de Nice du 7 juin 2023 et de la décision du silence gardé par le préfet de la région PACA sur le recours préalable dirigé contre l'avis défavorable de l'ABF.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Les moyens invoqués par les sociétés requérantes à l'appui de leurs demandes de suspension et visés ci-dessus ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions en litige. Il y a lieu, dans ces conditions, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Nice et par le préfet de la région PACA ni de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter les conclusions tendant à la suspension de leur exécution.

Sur les frais liés au litige :

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat et de la commune de Nice, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Azur Réalisation et autres est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée Azur Réalisation, à la société en nom collectif AR Delille, à la société à responsabilité limitée Wise Dôme Riviera, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, et à la commune de Nice.

Une copie sera adressée au préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur.

Fait à Nice, le 21 décembre 2023.

Le juge des référés,

Signé

T. BONHOMME

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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