vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2306118 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ROSSLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2023, M. C A et Mme D B, désormais représentés par Me Rossler, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 avril 2023 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. A ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à ce dernier, sans délai, un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision litigieuse est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que M. A est entré régulièrement sur le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête en tant qu'elle est présentée par Mme B qui n'a pas intérêt à agir contre la décision litigieuse pris à l'encontre de son époux.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,
- et les observations de Me Rossler, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 13 juin 1984, a présenté une demande de titre de séjour en qualité d'époux d'une ressortissante française qui a fait l'objet d'une décision de refus de la part du préfet des Alpes-Maritimes en date du 4 avril 2023. Son épouse, Mme B, et lui-même demandent l'annulation de cette décision.
Sur l'irrecevabilité de la requête en tant qu'elle est présentée par Mme B :
2. Mme B n'a pas intérêt à agir contre la décision en litige, qui a été prise à l'encontre de son époux. Par suite, la requête doit être rejetée comme étant irrecevable en tant qu'elle a été présentée par cette dernière.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. A, le préfet des Alpes-Maritimes, qui a visé les dispositions applicables des articles L. 423-1 à L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a considéré que l'intéressé n'était pas entré régulièrement sur le territoire français et qu'il ne justifiait pas d'une communauté de vie effective avec son épouse d'une durée de six mois à la date du dépôt de sa demande. Ainsi, la décision litigieuse, qui énonce les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
5. A supposer même que M. A soit, ainsi qu'il le fait valoir, entré régulièrement en France, il est constant que le préfet des Alpes-Maritimes s'est également fondé, pour refuser de lui délivrer la carte de séjour sollicitée, sur la circonstance qu'il ne justifiait pas d'une communauté de vie effective depuis six mois avec son épouse ressortissante française à la date du dépôt de sa demande. Or M. A, qui ne conteste pas, dans ses écritures, ce second motif, ne produit aucun élément de nature à justifier d'une vie commune et effective avec son épouse au cours des six mois précédant le dépôt de sa demande. Dans ces conditions, et pour ce seul motif, le préfet des Alpes-Maritimes a pu, sans méconnaître les dispositions précitées de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rejeter la demande de M. A.
6. En troisième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
7. M. A, qui fait valoir être arrivé en France septembre 2017 et se prévaut de son mariage avec une ressortissante française le 27 août 2022, soit moins d'un an avant la date de la décision litigieuse, n'établit pas, par les pièces qu'il verse au dossier, l'ancienneté de sa communauté de vie avec cette dernière, ne produisant aucun élément justifiant qu'il aurait vécu en concubinage avec elle préalablement à leur mariage. Par ailleurs, il n'établit pas, par les pièces qu'il verse au dossier, que sa présence en France auprès de l'enfant de son épouse, née en 2014 d'une précédente union, serait indispensable, ni de la réalité et de l'effectivité des liens qu'il entretiendrait avec cette dernière. Au surplus, M. A n'établit travailler en France que depuis le mois de décembre 2022. Dans ces conditions, eu égard notamment au caractère récent, à la date de la décision litigieuse, de son mariage avec son épouse et de leur communauté de vie, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse aurait été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A et Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à C A, Mme D B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Chevalier, première conseillère,
Mme Kolf, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
S. Kolf
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert
La greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026