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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2306229

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2306229

mercredi 15 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2306229
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice a rejeté la requête de M. A, ressortissant guinéen, qui contestait la décision implicite de rejet du préfet des Alpes-Maritimes concernant sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Le tribunal a estimé que le préfet avait procédé à un examen sérieux de la demande et que la décision ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale de l'intéressé au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Il a relevé que M. A, bien que présent en France depuis 2020 et titulaire d'un CDI depuis 2022, ne justifiait pas de liens familiaux suffisamment établis sur le territoire. En conséquence, l'ensemble des conclusions de la requête, y compris celles aux fins d'injonction et d'astreinte, ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Darmon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 décembre 2023 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande sous les mêmes conditions et de lui délivrer dans cette attente un récépissé valant autorisation de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le centre de ses attaches et de ses intérêts se situent en France ; dès lors cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet n'a pas instruit sérieusement sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Le rapport de M. Garcia, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique du 27 novembre 2024, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant guinéen né le 6 septembre 1996, expose avoir déposé auprès des services du préfet des Alpes-Maritimes un dossier d'admission exceptionnelle au séjour, dont il a été accusé réception le 9 août 2023. Le silence gardé par le préfet pendant une durée de quatre mois a fait naître le 10 décembre 2023 une décision implicite de rejet de cette demande. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

2. D'une part, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la demande d'admission exceptionnelle au séjour de M. A. Par suite, nonobstant la circonstance que la décision querellée soit une décision implicite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux ne peut qu'être écarté.

3. D'autre part, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui établit sa présence en France à compter de l'année 2020, a conclu un contrat de travail à durée indéterminée depuis le 7 avril 2022, justifie de bulletins de salaire réguliers depuis cette date, et a conclu le 9 novembre 2023 un bail d'habitation. Toutefois, l'intéressé ne démontre pas entretenir des liens avec son frère établi en France, et ne conteste pas être célibataire, ainsi que cela ressort de son dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour. Eu égard au caractère encore récent de son entrée en France et des liens qu'il est amené à y nouer, la décision de refus de titre de séjour ne porte pas d'atteinte disproportionnée au droit de M. A de vivre une vie privée et familiale normale.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 10 décembre 2023 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Sa requête ne peut donc qu'être rejetée en toutes ses conclusions, ensemble celles aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 27 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Soler, première conseillère,

M. Garcia, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2025.

Le rapporteur,

Signé

A. GARCIA

Le président,

Signé

G. TAORMINALa greffière,

Signé

N. KATARYNEZUK

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation la greffière

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