vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2306465 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 décembre 2023, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2023 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile.
Il soutient que :
- il est en situation régulière dès lors qu'il a adressé une demande d'asile à l'Ofpra ;
- il craint pour sa vie et sa liberté en cas de retour dans son pays d'origine ;
- il a fixé le centre de sa vie privée et familiale en France.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Soler, rapporteure,
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant turc né en 1992, demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 14 décembre 2023 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 541-2 de ce code : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". L'article L. 542-2 de ce code dispose que : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / () / 2° Lorsque le demandeur : / () / c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 15 mai 2019 puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 2 octobre 2019. Il ressort également des pièces du dossier que le requérant avait présenté une première demande de réexamen de sa demande d'asile, demande qui été rejetée comme irrecevable par l'OFPRA le 11 septembre 2020 et la CNDA le 29 juin 2022. La nouvelle demande qu'il a présentée au titre de l'asile le 14 décembre 2023, constitue, ainsi que l'a qualifié à bon droit le préfet, une deuxième demande de réexamen. Dès lors, l'intéressé doit être regardée comme entrant dans les prévisions du c) du 2° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Ainsi, le préfet était en droit de lui refuser le 14 décembre 2023 la délivrance d'une attestation de demande d'asile. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il serait en situation régulière et ce moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision contestée, qui, contrairement à ce que soutient le requérant, n'emporte pas obligation de quitter le territoire français, n'a ni pour objet ni pour effet de l'éloigner du territoire français ou de fixer la Turquie comme pays de destination d'une éventuelle mesure d'éloignement. Dès lors, le requérant ne peut utilement soutenir craindre pour sa vie et sa liberté en cas de retour dans son pays d'origine ou avoir fixé le centre de sa vie privée et familiale en France. Il suit de là que ces moyens doivent être écartés comme inopérants.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Soler, première conseillère,
M. Garcia, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SOLER
Le président,
Signé
G. TAORMINA
Le greffier,
Signé
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026