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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2400121

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2400121

vendredi 12 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2400121
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 janvier 2024, Mme B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

- d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision en date du 29 décembre 2023, notifiée le 2 janvier 2024, par laquelle le président du syndicat intercommunal de Valberg a mis fin à sa période d'essai et a prononcé son licenciement, jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité ;

- et de mettre à la charge du syndicat intercommunal de Valberg des dommages-et-intérêts en raison de l'illégalité de la rupture anticipée de son contrat à durée déterminée.

Elle soutient que les vices de procédure (non-respect du délai de prévenance) et d'erreur de droit (rupture illicite de contrat à durée déterminée) sont de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Il résulte du second alinéa de l'article R. 522-1 du code de justice administrative qu'une requête à fin de suspension est atteinte d'une irrecevabilité d'ordre public lorsque le requérant n'a pas introduit une requête à fin d'annulation ou de réformation de la décision dont il demande la suspension. Enfin, l'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement et tenir compte du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette pas d'invoquer utilement -ni sérieusement- la notion d'urgence. Il en est notamment ainsi lorsque la situation d'urgence découle directement de la négligence ou de la carence du requérant, ou de tout autre acte positif qui lui est directement imputable. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la décision à laquelle le juge statue.

3. En l'espèce, Mme B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision en date du 29 décembre 2023, notifiée le 2 janvier 2024, par laquelle le président du syndicat intercommunal de Valberg a mis fin à sa période d'essai et a prononcé son licenciement, jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité. Elle demande également de mettre à la charge du syndicat intercommunal de Valberg des dommages-et-intérêts en raison de l'illégalité alléguée de la rupture anticipée de son contrat à durée déterminée.

4. Premièrement, il est constant qu'à la date de la présente ordonnance, la requérante n'a pas introduit de requête au fond, demandant l'annulation de la décision qu'elle conteste. Par suite, la présente requête est irrecevable, en application des dispositions précitées de l'article R. 522-1 du code de justice administrative. Deuxièmement, la requérante ne justifie pas de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision attaquée, laquelle a été entièrement exécutée. Troisièmement, il n'entre pas dans l'office du juge des référés, saisi en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de statuer sur des conclusions indemnitaires tendant à la réparation de préjudices subis.

5. Par suite, et pour tous les motifs susmentionnés au point précédent, il y a lieu de rejeter la requête, en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée pour information au syndicat intercommunal de Valberg.

Fait à Nice, le 12 janvier 2024

Le juge des référés,

signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

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