lundi 22 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2401393 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Oloumi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour reçue en préfecture le 11 février 2020 ;
2°) d'enjoindre au préfet de Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de deux mois et de lui remettre un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler, à compter de la décision à intervenir, pendant toute la durée de l'instruction de sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
- soit au profit de Me Oloumi, son conseil, en cas d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, celui-ci déclarant renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, sur le fondement de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- soit à défaut, en cas d'absence ou de refus d'admission à l'aide juridictionnelle, directement à son profit.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4 Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2.Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3.Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
4.Il ressort des pièces du dossier que Mme A B, ressortissante russe, née le 30 août 1959, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour par une demande réceptionnée, selon les termes de sa requête, le 11 février 2020 par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes. Il est constant que l'absence de réponse prise par la préfecture des Alpes-Maritimes sur la demande de l'intéressée a eu pour effet de faire naître, le 11 juin 2020, une décision implicite de rejet. Dès lors, Mme B disposait d'un délai de deux mois à compter du 11 juin 2020 pour déférer au tribunal la décision litigieuse. Or il est constant que la requête de l'intéressée n'a été enregistrée au greffe du tribunal que 14 mars 2024, soit au-delà du délai dont elle disposait pour introduire un tel recours. Par suite, la présente requête, qui est tardive, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE
Article 1er : La demande de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Nice, le 22 avril 2024.
Le président de la 6ème chambre,
signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier.
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