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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2401806

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2401806

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2401806
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant par ordonnance, a été saisi par Mme A d’un recours pour excès de pouvoir contre deux décisions du 5 mars 2024 du directeur de la maison départementale de l’autonomie des Alpes-Maritimes, refusant l’attribution d’une prestation de compensation du handicap (PCH) et d’une carte mobilité inclusion (CMI) mention "stationnement". S’agissant du refus de PCH, le juge a constaté que ce litige relève, en application des articles L. 241-6 et L. 241-9 du code de l’action sociale et des familles, de la compétence exclusive de la juridiction judiciaire. En conséquence, il a ordonné la transmission du dossier de cette partie de la requête au pôle social du tribunal judiciaire de Nice. Concernant le refus de la CMI, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable, faute pour Mme A d’avoir produit, dans le délai imparti, la preuve du dépôt du recours administratif préalable obligatoire exigé par l’article R. 241-17-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire rédigée par le biais du formulaire mis à sa disposition en ligne sur l'application " Télérecours citoyens " et enregistrée le 4 avril 2024, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal les décisions distinctes du 5 mars 2024 par lesquelles le directeur de la maison départementale de l'autonomie a, au nom du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, rejeté d'une part sa demande portant sur une prestation de compensation du handicap (PCH) et d'autre part sa demande d'attribution d'une carte de mobilité inclusion (CMI) portant la mention " stationnement ".

Une demande de régularisation a été adressée le 5 avril 224 à Mme A, lui demandant de produire notamment, en application de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles, dans le délai d'un mois, la réponse donnée à son recours administratif préalable obligatoire ou la preuve du dépôt de ce recours.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 relatif au Tribunal des conflits et aux questions préjudicielles ;

- le code de l'organisation judiciaire ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque () elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

Sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision rejetant la demande portant sur une prestation de compensation du handicap :

2.Aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I.- La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : () 3° Apprécier : / a) Si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution, () pour l'adulte, de l'allocation prévue aux articles L. 821-1 et L. 821-2 du code de la sécurité sociale ainsi que de la carte "mobilité inclusion" mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code ; / b) Si les besoins de compensation de l'enfant ou de l'adulte handicapé justifient l'attribution de la prestation de compensation dans les conditions prévues à l'article L 245-1 ; / c) Si la capacité de travail de la personne handicapée justifie l'attribution du complément de ressources mentionné à l'article L. 821-1-1 du code de la sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 241-9 du même code : " Les décisions relevant du 1° du I de l'article L. 241-6 prises à l'égard d'un enfant ou un adolescent handicapé, ainsi que celles relevant des 2°, 3° et 5° du I du même article peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux judiciaires spécialement désignés en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. () ". Enfin, l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire prévoit que : " Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : / 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, à l'exception de ceux mentionnés au 7° du même article L. 142-1 ".

3. Aux termes de l'article 32 du décret n°2015-233 du 27 février 2015 : " Lorsqu'une juridiction de l'ordre judiciaire ou de l'ordre administratif décline la compétence de l'ordre de juridiction auquel elle appartient au motif que le litige ne ressortit pas à cet ordre, elle renvoie les parties à saisir la juridiction compétente de l'autre ordre de juridiction. Toutefois, lorsque la juridiction est saisie d'un contentieux relatif à l'admission à l'aide sociale tel que défini par le code de l'action sociale et des familles ou par le code de la sécurité sociale, elle transmet le dossier de la procédure, sans préjuger de la recevabilité de la demande, à la juridiction de l'autre ordre de juridiction qu'elle estime compétente par une ordonnance qui n'est susceptible d'aucun recours. () ". Enfin, l'article R. 142-10 du code de la sécurité sociale prévoit, en ce qui concerne la procédure applicable aux litiges mentionnés à l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire précité, que : " Le tribunal judiciaire territorialement compétent est celui dans le ressort duquel demeure le demandeur. / () ".

4.Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que le contentieux relatif aux décisions de refus d'attribution de l'allocation aux adultes handicapés et aux prestations de compensation du handicap relève de la compétence des juridictions judiciaires. Dès lors, le litige soulevé par les conclusions de la requête de Mme A, qui tendent à contester la décision du 5 mars 2024 par laquelle lui a été refusé le bénéfice de la prestation de compensation du handicap, ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative mais de celle de la juridiction judiciaire. Dans ces conditions, il y a lieu de transmettre le dossier de la requête de Mme A, en tant qu'elle concerne la demande de prestation de compensation du handicap, au pôle social du tribunal judiciaire de Nice, compétent pour en connaître, en application des articles L. 211-16 et D. 211-10-3 du code de l'organisation judiciaire.

Sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision rejetant la demande d'attribution d'une carte mobilité inclusion portant la mention stationnement :

5.Aux termes de l'article R. 412-1 code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".

6.Aux termes de l'article R. 611-8-2 du même code : " Toute juridiction peut adresser, par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R.414-1, à une partie () toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. (). Aux termes de l'article R. 611-8-6 de ce code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. () ".

7.Aux termes de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est formé, par tout moyen lui conférant date certaine, devant le président du conseil départemental. Ce recours préalable comprend une lettre de saisine et une copie de la décision contestée ou, lorsqu'elle est implicite, une copie de l'accusé réception de la demande ayant fait naître cette décision. La lettre de saisine peut exposer les motifs de la contestation et les éléments insuffisamment ou incorrectement pris en compte. Ce recours préalable est examiné selon les mêmes modalités que la demande initiale. Le silence gardé pendant plus de deux mois par l'auteur de la décision, à partir de la date à laquelle le recours préalable obligatoire a été présenté auprès du président du conseil départemental, vaut décision de rejet de la demande ".

8.En vertu des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles, la personne qui entend contester une décision du président du conseil départemental relative à la carte mobilité inclusion mention " stationnement ", doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable devant le président du conseil départemental. La décision prise à la suite du recours préalable est la seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité en ce qu'elle se substitue à la décision initiale. A défaut de respecter ces prescriptions, la contestation portée directement devant le juge administratif est irrecevable.

9.Aux termes des autres conclusions de sa requête, Mme A a demandé au tribunal le réexamen de sa demande concernant l'attribution d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement ". Toutefois, la requérante aurait dû introduire un recours administratif auprès du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes avant de saisir la juridiction administrative. Une demande de régularisation a été adressée, par courrier mis à la disposition de la requérante le 5 avril 2024 à 9 heures 40, dans l'application Télérecours et qui est réputé lui avoir été notifié deux jours plus tard, en application des dispositions précitées de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, lui demandant de produire notamment dans le délai d'un mois, en application de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles, la réponse donnée par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes à son recours administratif préalable obligatoire ou la preuve du dépôt de ce recours. Cependant, il ressort des éléments du dossier que Mme A n'a pas justifié avoir préalablement, formé devant le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, le recours administratif prévu par les dispositions précitées au point 7. Par suite, sa requête est entachée d'une irrecevabilité manifeste et ne peut, dès lors, qu'être rejetée en application des dispositions de l'article R. 222-1 4° du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Les conclusions de la requête relatives à la demande de Mme A portant sur une prestation de compensation de handicap sont rejetées comme portées devant un ordre juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Le dossier de la requête en tant que celle-ci porte seulement sur les conclusions de Mme A relatives à sa demande portant sur une prestation de compensation de handicap, est transmis au tribunal judiciaire de Nice (Pôle social).

Article 3 : Les conclusions de requête relatives à la demande de Mme A d'attribution d'une carte mobilité inclusion mention stationnement sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au tribunal judiciaire de Nice.

Fait à Nice, le 16 octobre 2024.

La présidente de la 1ère chambre,

signé

V. Chevalier-Aubert

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier.

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