vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2402471 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mai 2024, M. A B, représenté par Me Faure-Bonaccorsi, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la délibération du 20 décembre 2023 par laquelle le conseil municipal de Bar sur Loup a constaté la désaffectation du domaine public des terrains cadastrés n°s E1139, E1331 et E1436 et a prononcé leur déclassement du domaine public et leur intégration dans le domaine privé communal.
2°) de mettre à la charge de la commune de Bar sur Loup la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie : la délibération en litige a permis la vente des parcelles à la SAS Villa Verde qui a débuté les travaux ; or, ces parcelles n'ont pas été désaffectées ni déclassées régulièrement ;
- des moyens sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération en litige :
* les conseillers municipaux n'ont pas été suffisamment informés préalablement au vote de la délibération en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales ;
* la délibération en litige est entachée d'un détournement de pouvoir ; la désaffectation des parcelles litigieuses n'est pas réelle et leur déclassement, puis leur vente sont illégales ; aucun motif d'intérêt général ne justifie le déclassement de ces parcelles relevant du domaine public communal ; la vente des parcelles est intervenue avant la désaffectation et le déclassement.
Par un mémoire, enregistré le 4 juin 2024, la commune de Bar sur Loup, prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me Orlandini, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : l'exécution des travaux résulte de la mise en œuvre du permis de construire, devenu définitif, et non de la délibération en litige ; il y a, en revanche, urgence à réaliser une opération à caractère entièrement social ; la délibération attaquée ne produit pas d'autre effet dont l'exécution à venir pourrait encore être suspendue ;
- les conseillers municipaux ont été informés dans les conditions fixées à l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales ;
- les parcelles litigieuses sont désaffectées ; l'association des chasseurs de la commune a implanté deux algécos sur un délaissé urbain qui n'a jamais été affecté à un service public ; les locaux associatifs et un autre bâtiment communal ont été libérés en 2020, le centre communal de secours a été redéployé ;
- le déclassement répond incontestablement à l'intérêt général de créer 24 logements sociaux.
Vu :
- la requête au fond, enregistrée le 21 février 2024 sous le n° 2400967 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pascal, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 6 juin 2024 à 10 h 00, le rapport de M. Pascal, vice-président, assisté de Mme Gialis, greffière :
- les observations de Me Haas pour M. A B, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et précise qu'il y a urgence à suspendre les travaux qui ont commencé en avril 2024 afin de préserver le domaine public communal, sachant que la commune de Bar sur Loup n'étant pas soumise à la loi SRU, elle n'est pas dans une situation d'urgence tenant à la réalisation d'objectifs en matière de logement social ; les conseillers municipaux n'ont pas bénéficié d'une information complète alors que la multiplication des délibérations a rendu incompréhensible la présentation de la délibération et de son objectif et qu'une parcelle contient peut-être de l'amiante ; les parcelles litigieuses sont toujours affectées au domaine public communal et la commune n'apporte aucun élément concret pour justifier le bien-fondé de sa délibération ;
- les observations de Me Orlandini pour la commune de Bar sur Loup, qui reprend ses écritures et fait valoir que la condition n'est pas remplie dès lors que la délibération a épuisé tous ses effets, la vente des parcelles a eu lieu et les travaux ont commencé après que le permis de construire a été définitivement purgé ; les conseillers municipaux ont été informés sur la désaffectation et le déclassement des parcelles qui constituent le seul objet de la délibération attaquée ; la désaffectation est réelle et la commune l'a précisé pour chaque parcelle dans ses écritures ; le motif d'intérêt général au niveau communal et intercommunal est incontestable.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération 20 décembre 2023, le conseil municipal de Bar sur Loup a constaté la désaffectation du domaine public communal des terrains cadastrés n°s E1139, E1331 et E1436 et a décidé de les déclasser du domaine public communal et de les intégrer au domaine privé communal. M. A B, propriétaire des parcelles voisines cadastrées E n°s 1148, 95, 97 et 841, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette délibération.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes des dispositions du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes des dispositions de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public ".
3. Il résulte de l'instruction que par une délibération du 21 janvier 2021, le conseil municipal de Bar sur Loup a autorisé la cession des terrains cadastrés E n°s 1139, 1330 et 1331, d'une superficie de 2137 m², à la société SAS Holding R-Groupe, pour un montant de 550 000 euros. Par un arrêté du 29 septembre 2021, le maire de Bar sur Loup a délivré à la société Villa Verde un permis de construire portant sur la réalisation de trois bâtiments d'habitation collectifs sur les parcelles cadastrées section E n°1139, n°1330 et n°1331, puis le maire a délivré à la même société deux permis modificatifs par deux arrêtés du 9 mars et 23 novembre 2022. Par une délibération du 27 septembre 2023, le conseil municipal de Bar sur Loup a autorisé la cession des terrains cadastrés E n°s 1139, 1331 et 1436, d'une superficie de 2212 m², par vente de gré à gré, au profit de la société Villa Verde-marque Anthélia au prix de 450 000 euros. Par la délibération du 20 décembre 2023 en litige, le conseil municipal a constaté la désaffectation du domaine public de ces mêmes parcelles et les a déclassées pour les intégrer au domaine privé de la commune. Par une délibération du 9 avril 2024, le conseil municipal a retiré la délibération du 27 septembre 2023 précitée au motif notamment que la précédente délibération du 21 janvier 2021 pouvait être exécutée. Il résulte également de l'instruction que par acte de vente du 22 décembre 2023, la commune de Bar sur Loup a vendu les parcelles litigieuses à la SAS Villa Verde pour la somme de 550 000 euros.
4. Pour contester la légalité de la délibération du 20 décembre 2023, M. B soutient que les conseillers municipaux n'ont pas été suffisamment informés avant la délibération, que les parcelles en litige ne sont pas désaffectées et appartennent toujours au domaine public communal et que leur déclassement, visant à régulariser a posteriori leur cession, est entaché d'un détournement de pouvoir à défaut d'être fondé sur un motif d'intérêt général. Toutefois, il résulte de l'instruction que les conseillers municipaux ont bénéficié d'une information complète sur la désaffectation et le déclassement des parcelles litigieuses. Par ailleurs, la commune de Bar sur Loup a également apporté des précisions sur la réalité de la désaffectation de ces parcelles et le requérant ne conteste pas utilement l'intérêt général de leur déclassement en vue de réaliser la construction de logements sociaux. Par suite, aucun des moyens invoqués par M. B, développés dans ses écritures et maintenus à l'audience, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la délibération du 20 décembre 2024 doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence d'une telle mesure est réunie.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bar sur Loup, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Bar sur Loup sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. B la somme de 1 000 euros à verser à cette commune.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Bar sur Loup la somme de 1 000 (mille) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Bar sur Loup.
Fait à Nice, le 7 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Pascal
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026